CES INVENTIONS FRANCAISES DEVENUES « PATRIMOINE MONDIAL »
Publication date: 28 juin 07 19:59:00
Par Gérard CHARPENTIER, Ph.D.
Sociologue et Auteur
Depuis que l’humanité existe, les membres qui la composent, hommes ou femmes, n’ont cessé de chercher à améliorer leurs conditions de vie. Dans la foulée, ils ont mis au point des techniques et ont inventé une multitude d’appareils et équipements qui font que notre monde est ce qu’il est aujourd’hui.
Il est évident que ces inventions viennent de tous les pays, mais comme cette chronique traite du « Fait Français », nous allons vous présenter quelques unes de ces techniques et inventions qui ont vue le jour avec ce peuple.
Honneur aux Gaulois. Avant que la France ne soit la France, la Gaule réunissait non seulement le plus célèbre des Gaulois en la personne d’Obelix, mais aussi un grand nombre d’ingénieux inventeurs qui, dans l’Antiquité, on inventé deux objets que le monde entier a adopté. Il faut tout d’abord parler du tonneau qui servait à garder les boissons comme la bière ou peut-être quelques potions magiques gardées bien secrètes par les druides. L’autre objet tout aussi courant de nos jours que le tonneau est l’invention du pantalon. À l’origine, le mot gaulois pour ce pantalon assez ample et fendu en avant était « braca », il devient avec le temps « braie » et a donné naissance à un autre mot qui est « braguette » pour désigner la fente avant du pantalon.
Hommage à quelques savants français qui ont fait avancer la médecine et la chirurgie
Ambroise Paré
Ambroise Paré (1510-1590) est considéré par les historiens comme le « père » de la chirurgie moderne. Il est le premier à avoir mis au point en 1565 la ligature des artères et vaisseaux sanguins et il est de plus l’inventeur de nombreux instruments. À l’origine, comme la majorité des « chirurgiens » de l’époque, il reçoit, tout comme son père, une formation de « barbier » ce qui lui donne une grande maitrise dans la manipulation des rasoirs et autres outils très coupants. Il devient « maître barbier-chirurgien » en 1536 après avoir perfectionné son art médical directement sur le terrain des champs de bataille, ayant choisi à la fin de ses études de s’attacher au service du Duc René de Montjean, alors colonel général d’infanterie et qui passe son temps à guerroyer. Pour terminer, notons que ses dons d’observation et d’analyse lui permettent en 1557, lors du siège de Saint Quentin en Picardie, de mettre en évidence et d’utiliser le fait que les asticots de certaines mouches aident à la cicatrisation des plaies chez les blessés.
De nos jours « l’asticothérapie » est de nouveau utilisée pour lutter entre autre contre les souches nosocomiales de bactéries. Tout au long de sa longue carrière, il sera le chirurgien de la noblesse d’épée, de la famille royale et du Roi de France Charles IX.
Jean Baptiste Denis
Jean Baptiste Denis (1643-1704), médecin du Roi de France Louis XIV, sera le premier à tenter une transfusion sanguine en 1667 d’un agneau à un être humain.
Jean-Louis-Marie Poiseuille (1797-1869), médecin spécialisé dans les études du cœur et de la circulation sanguine, est le premier à mettre en évidence vers 1819 les différences de pression lors la mesure de la tension artérielle.
René-Théophile-Hyacinthe Laënnec (1781-1826 ) bien que fils et petit fils d’avocat, verra son éducation orientée vers la médecine quand, à la mort de sa mère, alors qu’il n’a que cinq ans, il va être élevé dans la famille de son oncle qui est médecin. Il s’intéresse aux maladies pulmonaires peut-être influencé par le fait que sa mère est morte de la tuberculose. Pour établir ses diagnostics, il utilise la technique de percussion du thorax élaborée par le Docteur Corvisart un autre médecin français. Très vite, il élabore de nouvelles méthodes pour mieux capter les sons qui sont renvoyés à la suite de la percussion. C’est tout d’abord un simple tube composé par un rouleau de papier ficelé, instrument qu’il appelle le « pectoriloque » puis progressivement cela devient dans les années 1810 le stéthoscope que nous connaissons de nos jours. En 1820, il publie son « Traité d’auscultation médiat » où il classe les bruits émis dans le thorax faisant de lui le « père » de l’auscultation moderne.
Armand Seguin 1767-1835, chimiste, homme d’affaire et banquier des Bonaparte, réussit en 1806 à isoler de l’opium un alcaloïde aux propriétés soporifiques et calmantes. Emprisonné pour malversations, il ne publia les résultats de sa découverte qu’en 1814. Entre-temps, un pharmacien allemand du nom de Friedrich Wilhelm Adam Sertürner, qui avait suivi les travaux d’Armand Seguin, donne le nom de « Morphium » à cet alcaloïde en s’inspirant du nom de Morphée, dieu du sommeil. Depuis la découverte de la morphine par Armand Seguin, son utilisation médicale n’a cessé d’augmenter et les instances gouvernementales de nombreux pays n’hésitent pas à élargir les règlementations en cours pour permettre son usage afin de soulager les souffrances extrêmes que les malades rencontrent dans les cas de cancer, de sida ou autres maladies.
Louis Pasteur (1822-1895) est à lui seul un géant et un pionnier dans le domaine des sciences et de la microbiologie. On ne peut terminer cet hommage sommaire à quelques savants français qui ont fait avancer la médecine et la chirurgie sans parler de ses découvertes et de ses inventions. C’est un homme socialement engagé et en dehors des nombreux vaccins qu’il a mis au point il est surtout connu pour le vaccin contre la rage et ses travaux sur la « pasteurisation ». C’est en 1885 qu’il réalise une première expérience sur un humain » qui est un jeune berger de 9 ans Joseph Meister mordu par un chien enragé. C’est un succès et la vaccination ne tardera pas à devenir une procédure normale. C’est en 1888 que l’Institut Pasteur verra le jour. Louis Pasteur y sera inhumé en 1895 alors que le désir populaire aurait voulu le voir enterré au Panthéon de Paris. Aujourd’hui, le rayonnement de l’Institut Pasteur est mondial et les travaux qui y sont effectués sont reconnus de premier intérêt.
Hommage à quelques inventeurs français oubliés ou méconnus des temps modernes
Il est fréquent de constater que les inventeurs sont souvent dépassés par le succès commercial de leur invention et les copies souvent illégales qui en sont faites. D’autre part, dans un monde moderne dominé par une industrialisation et une mise en marché dictée par les anglo-saxons, il n’est pas rare que les origines scientifiques du produit disparaissent au profit de celui qui le produit et le commercialise. Faisant que « l’origine française » du produit ne soit plus connue.
Nicolas Appert
1810, Nicolas Appert (1749-1841) réalise les premières « conserves
alimentaires ». Il est le neuvième fils d’un aubergiste et 60 ans et, avant les procédés élaborés par Louis Pasteur, il met au point une méthode de conservation des aliments en les stérilisant par la chaleur dans des contenants hermétiques. Il va tout d’abord utiliser des bouteilles en verre puis par la suite des boîtes métalliques en fer-blanc. Son procédé est appelé « l’appertisation ». En 1802, il ouvre dans la région de Paris la première usine de conserves au monde. À partir de 1810, son procédé tombe dans le domaine public et il est immédiatement copié sans compensation par les Britanniques. Nicolas Appert mourra ruiné et, à sa mort, son corps sera jeté dans la fausse commune du cimetière où il sera enterré.
1831, Charles Sauria (1812-1895) invente les « allumettes phosphoriques à friction ». Ce futur médecin de famille qui n’avait pas de fortune personnelle au moment de l’invention, il était alors étudiant en chimie, n’a pas eu la possibilité de breveter son invention et c’est l’allemand J.F. Kammerer qui en profita pour le faire et qui fut le premier à les fabriquer industriellement dès l’année suivante.
1849, Joseph Monier (1823-1906), invente le « béton armé ». Jardinier de métier, cet homme considéré comme l’inventeur du béton armé ne s’est jamais véritablement considéré comme un « inventeur ». Il a cependant déposé plusieurs brevets comme par exemple en 1867 celui relatif à des caisses en ciment armé de fer pour l’horticulture. On ne peut pas dire que cet homme, dont le procédé est maintenant utilisé dans le monde entier, ait fait fortune grâce à son invention même si son nom est immortalisé dans l’appellation « moniereisen » (fer de Monier, en allemand) que l’on donne aux structures métalliques du béton armé.
Georges Claude
1911, Georges Claude (1870-1960), met au point le « tube néon ». Physicien et chimiste de formation, il est reconnu mondialement pour l’étendue et la diversité de ses travaux. En 1902, il met au point un procédé de liquéfaction de l’air qui est toujours utilisé de nos jours. Dès 1910, il préconise l’utilisation de l’oxygène liquide en sidérurgie et en 1911, il a l’idée d’utiliser un tube rempli de néon comme source lumineuse fluorescente. Ce procédé s’est développé et permet entre autre d’éclairer nos bureaux et les enseignes commerciales de nos villes.
1974, Roland Moreno invente la « carte à puce ». Cet inventeur français né au Caire en 1945 est certainement un des exemples les plus actuels de ces inventeurs qui sont dépassés par le succès commercial de leurs inventions. Après avoir breveté son procédé Roland Moreno passe aux applications qui sont sans limites. Carte téléphonique, carte de crédit, carte de santé personnalisée, carte pour les téléphones cellulaires, carte de monnaie électronique, etc. En 1995 les « brevets historiques » de la carte à mémoire tombent dans le domaine public et la société Innovation de Moreno perd le contrôle des opérations et ce sont d’autres sociétés qui vont en profiter. La plus importante d’entre-elles emploie actuellement plus de 15 000 personnes !
| SOURCES : Vous pouvez également consulter ces sites sur internet. Ils ont permis de documenter cet article : www.wikipedia.org - http://psydoc-fr - http://fr.structurae.de |