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HOLLYWOOD LA « QUÉBÉCOISE »

Publication date: 30 août 07 09:00:00

Septembre 1983, John Harmond, plus connu sous son nom de plume Jean Laurac et sa compagne Denyse Chartrand lancent sur le marché le premier numéro du « Soleil de la Floride ». Depuis un quart de siècle, contre vents et marées, le journal est resté au service des Québécois en vacances dans le Sud Est de la Floride, ainsi que de tous ceux et celles qui ont choisi de demeurer en Floride pour y travailler et offrir les meilleurs services à leurs compatriotes en vacances.

Par Gérard Charpentier, Ph.D. - Sociologue et auteur

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De Sunny Isles à Hollywood

En dehors des tentatives de colonisation française, à l’époque de la Nouvelle France et de la présence passagère de Louisianais parlant français ou de Canadiens français venu pour travailler en Floride, il faut attendre les années 1950 pour noter l’existence d’une petite communauté francophone dans le Sud Est de cet état. On peut dire qu’à l’époque de la « Révolution  Tranquille » au Québec et du « New-Deal » aux États-Unis, le développement de l’industrie touristique et la multiplication des centres balnéaires dans cette région provoquent l’installation d’environ 65 000 à 67 000 familles d’origine canadienne française et franco américaine. En 1946, on peut répertorier environ 20 000 francophones, principalement dans les villes de North Miami Beach, Sunny Isles et Surfside. Toutes ces familles qui demeurent généralement toute l’année en Floride, sont là pour offrir des services aux touristes qui viennent de plus en plus nombreux du Canada et tout particulièrement du Québec. 

Cependant à partir des années 1960 jusqu’en 1980, les touristes venant du Québec jettent leur dévolu principalement sur la ville d’Hollywood, qui possède une des plus belles plages de la Floride, ainsi que sur la ville toute proche de Hallandale. En effet, l’implantation des Québécois va progressivement se déplacer du sud vers le nord, car l’hyperurbanisation du Sud de la Floride et de la grande région de Miami, dont fait partie Sunny Isles, rend la vie trop chère, et nombreux sont les Québécois ayant choisi dans les années 50 ce secteur pour y passer leurs vacances qui doivent faire un nouveau choix financier.

Le nord du comté de Dade où se trouvent North Miami Beach, Sunny Isles et Surfside sont donc délaissés au profit du comté de Broward et des villes un peu plus au nord d’Hollywood, c’est-à-dire Fort Lauderdale et Pompano Beach. Aujourd’hui, en 2007, on estime à environ 150 000 le nombre de Québécois et Canadiens français qui résident à l’année longue dans le sud est de la Floride et leurs sources de revenus proviennent essentiellement du tourisme et des services fournis aux Canadiens en vacance en Floride. Le « Florida Visitor Bureau » estime qu’en moyenne bon an mal an, 2 millions de visiteurs canadiens viennent annuellement en Floride dont plus d’un demi million provenant du Québec et que plus d’un million de ces Canadiens séjournent dans les comtés de Dade et de Broward.

Il faut souligner ici que ce flux touristique est indirectement soutenu par des échanges commerciaux entre la Floride et le Québec plus importants que ceux existant avec des pays comme la France, l’Espagne ou l’Italie. Ces échanges commerciaux sont d’environ de 2 milliards de dollars par an, sans compter les dépenses des touristes québécois estimées en Floride à plus d’un demi-milliard de dollars chaque année. On peut donc dire que même si les vacanciers se sont déplacés de Sunny Isles vers Hollywood, ils restent très présents.
Dans les faits, on estime que les Canadiens, principalement Québécois, sont propriétaires d’environ 500 000 domiciles en Floride et que la majorité d’entre eux se retrouvent dans le nord de la grande région de Miami. 

Les franco floridiens du 21e siècle

Le fait que depuis environ un quart de siècle, une communauté francophone se soit développée et maintenue en Floride, cela a suscité de la curiosité chez certains étudiants et professeurs d’université du Québec et même d’Ottawa. Cependant, sans contester la valeur de ces recherches, de ces exposés, de ces mémoires et même de ces thèses, on ne peut nier que leurs contenus sont essentiellement théoriques, souvent loin de la réalité et très rapidement obsolètes, car cette communauté est en quelque sorte le reflet de l’économie qui comme ont le sait fluctue très rapidement et parfois de façon imprévisible.

Quand on parle des franco floridiens suivant une expression moderne, il faut se replacer dans le concept des 50 états de l’union américaine. En effet, il faut savoir que la Floride fait partie des tous premiers états de cette union de par sa population d’environ 17 millions d’habitants, mais aussi de par son dynamisme économique. Miami et sa grande région du sud est de la Floride est au cœur des Amériques et de la Caraïbe qui représentent un marché potentiel de 800 millions d’habitants. Marché qui cherche à s’organiser en une zone de libre-échange et Miami en est un des principaux centres. Parallèlement à ce dynamisme économique, le sud est de la Floride présente la particularité d’être très multiculturelle. Ainsi, plus de 50% de sa population est d’origine his¬panique, mais elle accueille également environ 250 000 brésiliens et une com¬munauté francophone d’environ 450 000 personnes qui peut attein¬dre en haute saison touristique un mill¬ion de personnes, provenant de plusieurs groupes socio culturels et ethniques forts différents, mais complémentaires.

La communauté du Québec-Canada en Floride

Il est possible de dire que la Floride reçoit grosso-modo 2 millions de Canadiens par an et que c’est le plus important groupe de visiteurs étrangers. Ils vont naturellement se répartir dans deux espaces géographiques de la Floride. Les francophones de l’Est (principalement ceux du Québec) vont spontanément sur la côte est de la Floride (Hollywood, Pompano Beach, Fort Lauderdale) alors que les anglophones de l’Ouest vont plutôt du côté ouest (Saint Petersburg) ou encore en Californie ou à Hawaï. En ce qui concerne l’idée de « définir » la communauté canadi¬enne, on peut dire que cela est encore plus complexe. Certes, il y a les fameux « snowbirds » qui viennent pour trois à six mois, mais il y a aussi un grand nombre de Canadiens venant aux États-Unis pour une courte durée et il est quasiment im¬possible d’avoir une idée précise de ce groupe de visiteurs.

Ce qu’il faut as¬surément noter, c’est que l’on assiste à une relève de la garde des fameux « snowbirds ». Ces re¬traités qui venaient pour 6 mois sont de plus en plus rares. Le temps de présence s’est raccourci à 2 ou 3 mois dans la période de Noël, car les Québécois sont devenus plus mobiles et les jeunes retraités ont tendance à demeurer partiellement actifs et préfèrent venir plusieurs fois dans l’année, souvent deux à cinq fois pour ceux qui ont un logement. Ce que nous pouvons également dire, c’est qu’ils se regroupent de moins en moins suivant un principe culturel comme autrefois avec les « snowbirds » canadiens d’expression francophone. Quant aux canadiens qui vivent ici à l’année et dans de nombreuses familles (nous sommes rendus à la troisième génération), on constate qu’il y a une très grande assimilation surtout s’ils sont anglophones.

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La communauté de France-Europe et francophone internationale en Floride

Dans l’espace francophone mondi¬al, la France a de par son histoire une place unique, celle où est née cette langue et cette culture française. Une culture et une langue qui rayonnent depuis des siècles sur tous les continents. D’une façon générale, la commu¬nauté française aux États-Unis n’est pas très nombreuse, c’est-à-dire 200 000 à 250 000 personnes. La Floride re¬groupe quant à elle environ 10% de cette commu¬nauté, soit environ 25 000 personnes. Elles sont principalement dans la ré¬gion de Miami pour les trois-quarts, le reste se partageant entre Orlando et Tampa. En ce qui concerne les touristes français en Floride, il est très difficile de donner un chiffre précis, car il n’y a aucun contrôle possible. Disons plusieurs dizaines de milliers par an. Ces dernières années, la Floride est devenue une destination privilégiée pour les Français. Air France à elle seule assure un à deux vols par jour. Il faut cependant dire que même si cette communauté est restreinte, elle joue un rôle de premier ordre dans la dynamique économique de la Floride grâce à l’importance des échanges com¬merciaux entre les deux pays.

À cette communauté française, il ne faut pas oublier d’ajouter celles venant principalement de Belgique, de Suisse et des pays francophones d’Afrique et d’Asie.

La communauté d’Haïti-Caraïbe en Floride

Dans le concept francophone du sud est de la Floride, la communauté haïtienne joue un rôle important au même titre que la communauté fran¬co-européenne et franco-canadienne. De façon générale, on compte environ 700 000 à 800 000 Haï¬tiens vivant en Floride. Ils se retrou¬vent dans le nord, le centre et princi¬palement dans le sud avec 300 000 pour le comté de Dade et 200 000 pour le comté de Broward auquel on peut ajouter les résidents du comté de Palm Beach. Cela fait une grosse com¬munauté. En ce qui concerne les visi¬teurs, on reste surpris quand on sait que tous les ans plus de 500 000 d’entre eux viennent rencontrer leur famille ou tout simplement visiter la région de la Floride. Les rapports établis par les lignes aériennes nous disent qu’environ 3 000 Haïtiens voyagent tous les jours entre la Floride et Haïti et ce, grâce aux 10 vols quotidiens qui relient ces deux pays. Il faut cependant souligner que seulement 15 à 20% des Haïtiens parlent couramment le français autant que le créole et qu’ils aspirent à ce que leurs enfants en fassent autant. Le reste subit une assimilation quasi-totale dès la seconde génération.

Pour conclure, on peut avancer que le fait français en Floride est vivant et qu’il ne faut pas le limiter à un groupe plus qu’à un autre même si son centre se trouve à Hollywood,  haut-lieu de la Floride québécoise et que ses représentants les plus dynamiques sont Québécois. Il reste que cette communauté est une communauté de services et que son avenir dépend essentiellement du tourisme entre le Québec et la Floride. Compte tenu de cela, il est conseillé à nos lecteurs de se procurer un exemplaire gratuit d’«Accès Floride», un guide touristique publié tous les ans par le Soleil de la Floride dont le siège social est en plein cœur de la ville d’Hollywood.

SOURCES: Vous pouvez également consulter ces sites sur internet. Ils ont  permis de documenter cet article : http://query.nytimes.com - www.sptimes.com - www.cefan.ulaval.ca.

BOITE

Robert Charlebois  Interprète « Cartier »

Paroles de Daniel Thibon

REFRAIN

Cartier, Cartier
O Jacques Cartier
Si t’avais navigué
À l’envers de l’hiver
Cartier, Cartier
Si t’avais navigué
Du côté de l’été
Aujourd’hui on aurait
Toute la rue Sherbrooke bordée de cocotiers
Avec perchés dessus des tas de perroquets
Et tout le Mont Royal couvert de bananiers
Avec des petits singes qui se balanceraient
Au bord du Saint-Laurent on pourrait se baigner
Tout nu en plein hiver et puis se faire bronzer 

REFRAIN

Le pont Victoria tout de lianes tressées
On le traverserait en portant des paquets
Sur la tête en riant et sans chaussures aux pieds
On jouerait du tam-tam et du oukulélé
Et toute la rue Peel sentirait l’oranger
La menthe le jasmin le lotus l’orchidée 

REFRAIN

Sur l’avenue des pins des girafes étonnées
De voir des écureuils leur passer sous le nez
De gros éléphants blancs dans la rue Delorimier
Et la Place Ville Marie en forme de minaret
Des tempêtes de sable tout chaud et tout doré
Sur lequel en janvier il ferait bon rêver 

REFRAIN

Montréal à Dakar Konakri ou Tanger
Montréal à Tokyo, Kyoto ou Kobé
Montréal à Aden Freemantle ou Bombay
Montréal à Java Borneo Papeete
Montréal à Phnom Penh à Bangkok à Hué
Montréal à Hong-Kong, Canberra ou Sydney



BOITE

HOLLYWOOD est considérée comme la « Best Broadwalk Beach »

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Elle a la renommée d’avoir un « front de mer » en bordure de la plage réservée aux piétons et aux vacanciers qui peuvent y flâner à n’importe quelle heure du jour comme de la nuit. C’est pour ainsi dire unique en Floride, car généralement ce sont les voitures qui en profitent comme c’est le cas à Fort Lauderdale un peu plus au Nord qui a certainement un des plus agréables « front de mer routier » de la région.

MIAMI célèbre dans le monde enfler grâce à sa plage de South Beach est considérée comme la « Best Beach to See and Be Seen ». 

En effet en dehors de la plage elle-même où il fait bon se bronzer et se baigner, si vous aimez vous promener dans des endroits animés où le « Jet Set International » se rend facilement, il ne faut pas manquer de venir à South Beach là où le fameux couturier Versache avait sa maison et devant laquelle il a été assassiné par un de ses amis de cœur évincés qui se trouvait alors complètement sous le coup de la drogue. 

PALM BEACH est quant à elle considérée comme la « Best Beach to See a Millionnaire ». 

C’est, parait-il, le seul endroit au monde où il serait possible de venir se bronzer sur une plage tout en côtoyant des hommes et des femmes riches et célèbres. À vérifier !