Marcy Grossman, consul générale du Canada à Miami
Publication date: 30 août 07 09:00:00
LE SUCCÈS DES RELATIONS ENTRE LES DEUX PAYS : SA PRINCIPALE MOTIVATION
* Née à Laval, elle et sa famille retournent tous les étés au Québec
Devant un superbe coucher de soleil au Mont-Tremblant l’été dernier, Marcy Grossman, son mari Michael Kofsky et leurs enfants Matthew et Max.
Le moins que l’on puisse dire c’est que rien ne prédestinait Marcy Grossman à devenir le consul général du Canada à Miami, elle qui a fait ses classes dans le milieu correctionnel.
Par Robert Leblond
Née à Laval, elle a grandi à Dollard-des-Ormeaux dans l’ouest de Montréal avant de se retrouver à l’université d’Ottawa à l’âge de 20 ans pour y décrocher une maîtrise et un baccalauréat en psychologie avec une spécialité en criminologie.
« J’étais alors loin de m’imaginer que je serais un jour consul général du Canada », nous lance-t-elle en riant. En effet, en 1990, elle lance sa carrière en travaillant dans le système de la justice pénale où elle occupe divers postes.
Fonctionnaire depuis 17 ans au sein du gouvernement canadien, Marcy Grossman a toujours eu la bougeotte dans le corps. Elle a gravi les échelons, occupant différents rôles notamment au Conseil du trésor. « Et je savais que je voulais faire quelque chose au niveau international, surtout après que j’ai eu à aller travailler à Dallas ». Elle fut consul (investissements) au Consulat canadien de l’endroit où elle a notamment établi des liens commerciaux avec Dell Computers, plusieurs millions de dollars d’investissements entre le Canada et les États-Unis. Elle a ouvert la voie au consulat canadien de Houston ainsi que de celui de Louisiane. Elle fut une force motrice dans la mise en œuvre d’une plus vaste stratégie de croissance aux États-Unis qui a servi d’exemples pour toutes les missions entre les deux pays.
« J’ai alors fait application pour le poste à Miami, car c’est ainsi que ça fonctionne, et j’ai été choisie parmi plusieurs candidats. Ma nomination a été approuvé par le Premier ministre et c’est là ma seule implication politique », dit-elle.
Le rôle d’un consul général est de favoriser et développer des échanges commerciaux, économiques et touristiques, entre autres, avec les autres pays. Dans le monde, le consulat canadien est présent dans 140 pays. « Nous avons de plus 28 bureaux de consulat aux États-Unis qui est notre principal partenaire », précise-t-elle.
Quand elle a soumis sa candidature pour ce poste, Marcy ne savait pas qu’elle aboutirait en Floride. « J’ai été chanceuse car ma famille devait aussi me suivre. Mon mari et nos deux enfants de 12 et 9 ans étaient très importants pour moi », souligne le consul, qui, après deux ans à ce poste, en est rendue à mi-chemin du mandat que le gouvernement canadien lui a confié. Après, elle aimerait bien que le prolongement de sa carrière l’amène en Amérique Latine où, selon elle, il y a beaucoup de possibilités quant à du développement économique dans ces pays qui favorisent de plus un bel échange avec le Canada.
« Miami est en quelque sorte une plaque tournante de l’économie du Canada vers les États-Unis et ensuite vers les pays d’Amérique latine ».
Quand elle a su qu’elle avait été choisie pour occuper un siège au consulat floridien, Marcy s’est dite à la fois surprise et chanceuse car les candidats étaient nombreux.
« Je dois dire que je connaissais bien la Floride car mon père a eu un condo à Aventura durant de nombreuses années. J’ai passé mon adolescence dans le sud de la Floride, principalement à Hollywood. Mais quand j’y suis revenue comme consul, j’ai découvert une nouvelle dimension plus multiculturelle », souligne Marcy, qui, dans le cadre de son travail, prononce souvent des conférences. Elle a récemment ébloui les membres du club Rotary avec ses propos intitulés « L’orignal et l’alligator » où elle parle du succès des échanges entre les deux pays. « En fait, je suis la porte-parole du Canada », assure-t-elle.
Elle a de plus reçu le Prix d’excellence pour ses contributions exceptionnelles au nom du service aux citoyens et ses initiatives novatrices.
Elle revient tous les étés au Québec
Ayant été élevée au Québec, il est tout à fait normal que madame le consul général revienne à ses vrais amours, son cher Québec où sa maman réside au Mont-Tremblant alors que son père est résident de Montréal. « Nous avons toujours très hâte de revenir au Canada voir les amis et la parenté tous les étés. On a mangé de la poutine, du « smoke meat ». Il est très important, surtout pour mes enfants, qu’ils puissent continuer cette qualité de vie. Ce fut aussi un choc d’avoir déménagé en Floride. Mes deux fils reçoivent d’ailleurs une éducation bilingue, même trilingue puisqu’ils apprennent également l’espagnol. La culture de la langue québécoise est très importante pour nous tous », dit-elle.
L’été dernier, pendant que Marcy et son mari Michael Kofsky s’adonnaient à des loisirs dans les Laurentides, leur fils participait à un camp estival de hockey.
« Il mange de hockey. Il fait partie de l’équipe peewee à Pembroke Pines et c’est son père qui en est l’instructeur. D’ailleurs, nous allons souvent voir les Panthers ».
Le conjoint de Marcy (ils se sont rencontrés à Ottawa) est entrepreneur au sein d’une compagnie de ressources humaines. Il agit en tant que recruteur et se spécialise auprès des entreprises qui veulent notamment s’implanter aux États-Unis. Le couple célèbrera d’ailleurs son 15e anniversaire de mariage l’an prochain. « Justement, j’ai bien averti Mike qu’il ferait mieux de commencer à économiser car je veux avoir un beau cadeau à cette occasion », s’amuse à dire Marcy.
Femme très occupée, entièrement dédiée à la cause canado-américaine, le Canada ne pouvait pas avoir de meilleure « porte-parole » que Marcy Grossman comme consul général à Miami.
Du milieu correctionnel au consulat, quel virement !