LE SPM MYTHE OU RÉALITÉ
Publication date: 22 nov. 07 09:00:00
Il n’y a pas si longtemps, il n’était pas rare de dire d’une femme qu’elle avait des sautes d’humeur, quelle avait un caractère soupe au lait, qu’elle n’était pas à toucher avec des pincettes ou encore que ce n’était pas le temps de lui parler, etc.
Par Gérard CHARPENTIER Ph. D.
Psychanalyste et auteur
Or, des chercheurs ont constaté, sans cependant en définir les véritables fondements, que toutes les femmes traversaient quelques jours avant leurs règles une période d’inconfort marquée par une multitude de signes tels qu’une tension mammaire, des douleurs abdominales, de la mélancolie, de la tristesse, des œdèmes, des troubles de la circulation, des maux de tête, des troubles digestifs, etc. provoquant des réactions plus ou moins importantes au niveau du comportement.
C’est ce que l’on appelle le syndrome prémenstruel (SPM). Sa fréquence est très élevée et les spécialistes estiment que 75 à 95% des femmes seraient concernées, et qu’environ une femme sur dix vivrait des troubles sévères. Pour les spécialistes, le syndrome prémenstruel aurait une origine multifactorielle intégrant non seulement des facteurs hormonaux, mais aussi des facteurs psychologiques et sociologiques. En effet, on rencontre généralement une accentuation de ce syndrome chez les femmes qui ont un comportement difficile à contrôler et qui sont plutôt agressives.
En outre, on a noté que ces manifestations étaient encore plus importantes chez les femmes supportant mal et rejetant leur condition féminine tant sur le plan organique que sur le plan social. Il y aurait à ce moment-là un sentiment de frustration et une réaction de colère qui pourrait parfois aller jusqu’à la violence.
De plus, on a constaté que les évènements extérieurs et d’ordre social pouvaient avoir une influence sur les femmes au moment du SPM. Pour terminer, précisons qu’une consommation importante de sucre dans cette période est en général un facteur aggravant.
Face à cette situation inconfortable pour la femme et son entourage immédiat, plusieurs recommandations peuvent être faites pour diminuer l’importance de ce syndrome et diminuer les troubles qui peuvent débuter 10 à 12 jours avant les règles et se poursuivre jusqu’à la fin du cycle. Rappelons que toutes les femmes peuvent être concernées, avec un pourcentage un peu plus élevé parmi les 15-30 ans. Il est donc conseillé d’éviter si possible les situations stressantes, les efforts inutiles et de prendre le temps de se relaxer ou encore de prendre un bain chaud. Du côté de l’alimentation, il faut supprimer les excitants tels que café, tabac, alcool et éviter les aliments très sucrés ou trop salés ou encore les aliments riches en calcium (produits laitiers). Si cela n’est pas suffisant, des hormones telles qu’œstrogène et/ou progestérone, de l’huile d’onagre et/ou de la vitamine B6 (qui favorisent respectivement la synthèse de prostaglandine et de la sérotonine) peuvent faire l’objet d’une prescription médicale.
Sur ce que vous soyez ici en Floride ou au Québec, je vous dis à la semaine prochaine en vous espérant heureux et en santé.