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« JUREZ-VOUS DE DIRE LA VÉRITÉ, RIEN QUE LA VÉRITÉ ?»

Publication date: 10 janv. 08 09:00:00

Voilà une petite phrase qui sonne bien dans un tribunal, mais qu’en est-il véritablement dans la vie de tous les jours et au quotidien.

Par Gérard CHARPENTIER Ph. D.
Psychanalyste et auteur

L’engagement de dire la vérité est sans aucun doute moins solennel et l’on peut penser qu’il va directement être relié à l’élasticité de la morale personnelle du sujet. Le principe de l’honnêteté est donc lancé et le problème est de savoir où finit la vérité et où commence le mensonge, notion qui peut varier d’une personne à une autre.

On peut avancer que dans la relation d’échange vécue avec les autres ou dans le couple, la femme ou l’homme vont forcément concevoir à leur façon quelles sont, d’une part, les limites de la vérité et s’il faut, d’autre part, toujours tout dire. Une consultation récente auprès d’une cinquantaine de professionnels « psy » tendait à démontrer une profonde différence dans ce domaine entre la femme et l’homme. En effet, près de trois femmes sur quatre souhaiteraient établir une communication où tout serait dit alors que pour les hommes, c’est moins d’un sur quatre qui partagerait ce souhait. Cela voudrait-il dire que les hommes seraient moins « honnêtes » dans leurs échanges que les femmes? Qu’ils auraient une tendance à « cacher » les choses ? Rassurez-vous, Messieurs, cela n’est pas le cas.

Cette tendance, proviendrait tout simplement du fait que les hommes seraient moins portés que les femmes sur les échanges verbaux et qu’ils préféreraient les actes plus que les paroles. Malgré cette différence, ce qu’il y a de certain, c’est que le fait de ne pas dire la vérité se définit par rapport à la notion du mensonge.

Le mensonge a pour but de tromper l’autre et il s’explique toujours comme une incapacité à assumer une situation donnée dans laquelle le sujet se trouve en difficulté. Il peut prendre des formes multiples et correspondre à des motivations bien différentes selon les cas. Il est bien évident qu’un « petit » mensonge n’a pas le même impact qu’un « gros » mensonge. Les petits mensonges font souvent partie du quotidien; ils permettent à beaucoup d’éviter et même de fuir des discussions, des disputes qui épuisent et ne règlent rien. Les gros mensonges, on s’en doute, sont bien plus dévastateurs, surtout dans une relation de couple. Certains d’entre vous ont peut-être déjà vécu le cycle infernal dans lequel un homme ou une femme s’enfonce quand il ou elle commence à mentir, en espérant ne pas briser son couple, surtout dans les cas d’infidélité.

Que le mensonge soit petit ou gros, vivre dans le mensonge ne peut, en aucun cas, apporter la paix intérieure. Cela ne peut générer que des sentiments de culpabilité et de rejet de soi, car pour parodier la célèbre phrase « Qui vole un œuf, vole un bœuf » nous dirons « Qui dit un petit mensonge est capable d’en dire un gros ».

Sur ce, que vous soyez ici en Floride ou au Québec je vous dis à la semaine prochaine en vous espérant heureux et en santé.