Fermeture de parcs de maisons mobiles : CERTAINS SE RETROUVENT DANS LA RUE
Publication date: 7 févr. 08 09:00:00
Partout dans le comté de Broward, on a assisté à la fermeture de parcs de maisons mobiles pour faire place à de nouveaux développements.
Janet Riley, une avocate d’aide juridique et présidente de la coalition pour mettre fin à la montée des sans abri, poursuit le promoteur qui a évincé les résidents du parc de maisons mobiles Rancho Margate en 2006.
Elle estime que le promoteur n’a pas laissé suffisamment de temps à la ville pour que celle-ci puisse reloger les résidents évacués, dont plusieurs se sont retrouvés sans endroit où aller habiter.
Mais la cour d’appel a statué que la poursuite intentée par l’avocate ne tenait pas.
Le promoteur entend construire 412 maisons de ville sur le site de l’ancien parc Rancho Margate.
Ce qui relance le débat à savoir où peuvent se reloger rapidement les gens forcés de quitter leurs parcs de maisons mobiles car, en même temps qu’ils doivent partir, les municipalités n’ont pas encore statué sur un changement de zonage. C’est donc l’impasse.
La cour stipule qu’aucune aide supplémentaire ne peut être accordée parce que les gens évacués ont reçu une aide financière du gouvernement justement dans le but de se relocaliser. À Rancho Margate, les résidents ont reçu jusqu’à 5 000 $, dépendamment de la grandeur de leur maison et la rapidité à laquelle ils ont quitté le parc. La seule obligation du parc, selon la cour, a été d’aviser les résidents de cette situation.
Il ne reste donc plus qu’un seul parc de maisons mobiles dans Margate, le Coral Cay, anciennement les Colonies de Margate.
Aztec Estates, un parc de 102 maisons mobiles, a fermé ses portes pour laisser place à un développement de 707 unités, maisons de villes et condominiums. Les résidents du Village Park Mobile Home Estates ont dû aussi quitter leurs maisons pour faire place à un nouveau développement.
À Plantation, en novembre dernier, soit plus d’un an après que les résidents aient été évincés du parc Sunshine City, le promoteur a reçu l’approbation de la ville pour construire 481 maisons de villes et appartements, un projet de 100 millions $ appelé Alexan Plantation.
D’autres parcs de maisons mobiles ont aussi fermé leurs portes à Davie et Hollywood.
Toutefois, une irréductible résidente du parc Rancho de Margate refuse de libérer les lieux. À 61 ans, elle soutient qu’elle n’a pas d’argent et qu’elle vit de l’aide sociale, elle dont le loyer mensuel est de 472 $. Elle a acheté sa maison mobile en 2001.
Vieille de 1974, la maison ne peut pas être déplacée. Elle avoue qu’après avoir payé sa nourriture, son assurance auto, l’eau, l’essence, le téléphone et son cellulaire, en plus de ses cartes de crédit, il ne lui reste plus rien. Et elle ne peut pas encore recevoir sa pension qu’elle obtiendra à 65 ans. Si on la force à quitter sa maison, elle croit qu’elle se retrouvera dans la rue.
Selon l’avocate Riley, de telles situations que vivent certains résidents sont intolérables. « Ils se retrouvent dans une situation où ils n’ont aucun endroit où aller à cause de leurs faibles revenus et ne peuvent tout simplement pas défrayer les coûts du marché régulier de l’hébergement. Ils ne peuvent pas déplacer leur maison et ne peuvent se permettre de louer un appartement ».