COMBATTRE LA DÉPENDANCE AFFECTIVE
Publication date: 31 janv. 08 09:00:00
Pour être capable de combattre et de vaincre la dépendance affective, il faut en comprendre les mécanismes qui sont en fait très simples et qu’on a malheureusement tendance à compliquer. La dépendance affective n’est pas à proprement parler une maladie, c’est tout simplement un état à la fois physique et mental qui affecte plus ou moins le comportement de la personne.
Par Gérard CHARPENTIER Ph. D.
Psychanalyste et auteur
Voici la définition que l’on peut en donner: On dit d’une personne qu’elle est dépendante affective quand elle a peur de dire à l’autre, le parent, le conjoint ou l’ami, que ce qu’elle vit avec lui ne lui convient pas. Elle a peur de le dire, car elle a peur de perdre l’amour ou l’amitié de cette personne.
Les mécanismes de la dépendance affective commencent à prendre forme dès le plus jeune âge. Très tôt, le bébé prend conscience que l’objet de son désir et de son amour, c’est à dire la mère, ainsi que le père peuvent aussi bien et de façon alternative, satisfaire ses désirs ou les lui refuser. Situation qui va comme on peut l’imaginer lui poser un problème qu’il va devoir résoudre.
À cet âge, la dépendance affective à la mère est importante et cela est normal, car les besoins affectifs sont très grands, mais ils ne peuvent pas tous être satisfaits. L’enfant a donc un manque. En réaction, il devient agressif, mais en même temps il se retient par peur des représailles que sa mère pourrait lui imposer. C’est la résolution positive ou la non résolution de ces deux mécanismes « gratification/frustration » et « agressivité/ peur des représailles » qui permet au futur adulte que deviendra cet enfant d’être, à des degrés différents, autonome ou dépendant sur le plan affectif.
Chez l’adulte, la dépendance affective se caractérise par cinq principaux troubles de la personnalité et du comportement qui peuvent se résumer ainsi :
- il est fréquent de constater que ces personnes ont tendance à toujours être d’accord avec les autres : conjoints, parents, collègues, amis et ce même si elles les croient dans l’erreur. Elles ont du mal à exprimer leur point de vue de peur de déplaire. Elles ont bien souvent de la difficulté à concevoir leur propre projet de vie, car elles manquent de confiance en elles.
- elles se proposent presque toujours pour faire les tâches ingrates, même si cela leur déplait.
- elles sont très facilement blessées par la critique et la désapprobation.
- elles ont toujours peur d’être abandonnées.
Si l’on comprend bien les mécanismes de la dépendance affective, il sera relativement possible de la gérer. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il sera possible de l’éliminer, car elle prend ses racines au plus profond de chaque être.
Sur ce, que vous soyez ici en Floride ou au Québec, je vous souhaite une bonne réflexion et vous dis à la semaine prochaine en vous espérant heureux et en santé.