Le pardon
Publication date: 6 mars 08 09:00:00
Pourquoi est-ce si difficile de pardonner lorsque quelqu'un nous blesse ou nous trahit? La négligence, les sévices corporels, les viols, le harcèlement font de ces victimes des êtres qui vivent souvent avec le désespoir et la haine non seulement envers ceux qui les ont fait souffrir, mais avec les personnes qui les aiment. On ne doit pas juger les personnes meurtries, mais doit-on pour autant permettre au cercle vicieux de la vengeance de faire d'autres victimes? Doit-on se faire justice soi-même? Et quelle est la vraie valeur de cette justice? Pour répondre à ces questions, il faut probablement avoir vécu le traumatisme de la suppression. À défaut, il faut se faire empathique à l'idée que de telles abominations peuvent nous arriver. Imaginez donc le pire. Un enfant, et pas n'importe lequel. Le vôtre, agressé sexuellement ou mort dans un accident de voiture impliquant un fêtard.
Par Isidore Dugas
Si l'on parle ici d'auto-justice, c'est que l'on doit aussi s'empêcher de juger autrui dans ses choix de méthode de guérison. Pour plusieurs victimes, les émotions sont à ce point si vives et si épuisantes qu'une aide professionnelle devient indispensable. Il est souvent impensable et impossible de surmonter sa peine et son désarroi sans soutien moral pour canaliser ses impulsions et sans direction pour aller chercher au fond de soi les ressources qui nous ont été déniées.
Parallèlement, il existe une autre forme de guérison qui redonne la vie et le pouvoir d'agir positivement. C'est le pardon. Pardonner et laisser le passé là où il se trouve. Il y a une différence entre reconnaître l'horreur d'un passé enfoui en lui faisant courageusement face d'une part, et l'arracher de son contexte pour l'imposer à son entourage d'autre part. Il y a une différence entre faire éclater la vérité pour responsabiliser les auteurs d'injustices d'une part, et se servir du passé à des fins purement destructrices d'autre part.
Le pardon rétablit l'équilibre. Puisque le passé ne peut pas être démantelé et refaçonné, il doit servir à la guérison, non pas à la continuité du mal, de la colère et de la rancune. Il ne doit pas être enfoui, oublié, ignoré. Ce qu'on oublie, ce qu'on renie finit toujours par remonter à la surface. Le passé sert d'ancrage au présent. Autant faut-il chercher à le comprendre, autant faut-il reconnaître dans le présent et le futur de meilleures circonstances pour grandir et s'épanouir.
Passez une bonne journée, gardez le sourire!
Ne laissez personne gâcher votre vie et votre confiance!
(Cette petite capsule provient du site www.acadie.net)