ÉROTISME ET PORNOGRAPHIE
Publication date: 13 mars 08 09:00:00
II faut bien se le dire, pour beau-coup, la vie intime n'appartient pas à tout le monde et rares sont les personnes qui débattent librement de ce qui a trait au sexe. Il y a toujours un interdit, une certaine forme de pudeur, des complexes ou de la culpabilité, etc., qui font qu'il est difficile d'en parler et de partager avec un autre ce genre de vécu.
Par Gérard CHARPENTIER Ph. D.
Psychanalyste et auteur
À l'opposé de cet espace privé, il y a le monde public où la pornographie, notamment le cinéma porno, fait rage. Face à ce phénomène, beaucoup de femmes ne comprennent pas que leur conjoint puisse s'intéresser à ce genre de choses. Pour ces femmes, cela ressemble à une obsession qui appartient davantage aux hommes et qui ne les concerne que de très loin. Elles n'acceptent pas que leur partenaire se laisse aller à une telle débauche.
Pour d'autres femmes, tout à l'opposé des précédentes, regarder et avoir envie de regarder ce genre de film fait partie de la vie et elles y trouvent autant de plaisir que leur partenaire masculin.
Entre ces deux extrêmes, toutes les nuances et toutes les formes de tolérance sont possibles. Il y a cependant quelque chose d'important qu'il ne faut pas oublier : même si notre société devient de plus en plus permissive, quant aux diverses formes de comportement sexuel et à la recherche de la satisfaction, il n'en reste pas moins qu'il est indispensable de respecter l'équilibre naturel de la sexualité. Il est normal de vivre un désir érotique et sensuel d'ordre organique qui vient se mêler spontanément aux sentiments et aux émotions qui, eux, sont d'ordre subjectif. Cela n'a rien à voir avec une certaine forme d'excitation qui est provoquée, par exemple, par des films pornographiques.
À ce sujet, disons que les films pornographiques sont basés sur un principe simple qui va chercher chez la personne qui les regarde, son besoin de voir. Jusque là, il n'y a rien d'anormal, mais cela le devient à partir du moment où cette personne ne peut plus s'en passer. Cela devient alors du voyeurisme qui peut être le résultat d'un déséquilibre psy-choaffectif plus ou moins prononcé. Il faut donc y remédier et le recours à un spécialiste s'avère parfois indispensable.
Sur ce, que vous soyez en Floride ou au Québec, je vous dis à la semaine prochaine, en vous espérant heureux et en santé.