LA FLORIDE ET SA « A1A »
Publication date: 28 févr. 08 09:00:00
Les débuts de la colonisation de la Floride se sont réalisés à partir du littoral de la côte est ainsi que du golfe du Mexique. En effet, les premiers colons européens, arrivant par bateau, ont commencé à découvrir et à explorer le continent Nord-Américain à partir des côtes sur lesquelles ils accostaient tout naturellement. À partir du début du 16e siècle, on y voit apparaître des ports, des fortifications et progressivement des villages et des villes. Tous ces lieux étant reliés entre eux par des chemins puis par des routes de plus en plus élaborées qui donneront naissance au réseau routier que nous connaissons de nos jours. Beaucoup de ces voies terrestres, ouvertes par les premiers colons, sont toujours empruntées au 21e siècle. Elles font partie de l’histoire de ce pays et ceux qui y passent, peuvent y trouver certains vestiges, mémoire vivante d'un passé encore présent.
Par Gérard CHARPENTIER Ph. D.
Sociologue et auteur
Il y a 62 ans naissait la «A1A »
Comme
on peut s’en douter, cette route à laquelle on donne aujourd’hui
l’appellation de « A1A » n’a pas toujours porté ce nom. Au début, c’est
une succession de tronçons de routes longeant le bord de l’océan
Atlantique en allant du nord vers le sud. C’est seulement en 1945 que
le rassemblement de tous ces morceaux a été fait et qu’on lui a donné
le nom initial de SR1 (State Road 1), car elle est considérée à juste
titre comme la voie terrestre la plus à l’est des États-Unis. La SR1
deviendra définitivement SR AlA le 25 novembre 1946, il y a donc 62
ans!
La AlA classée “Scenic and Historic Coastal Highway”
Aux États-Unis, comme dans tous les pays industrialisés, les routes sont classées suivant des catégories différentes et en fonction de critères bien définis, comme par exemple la dimension historique qu’elles représentent ou encore le panorama géographique et naturel qu’elles permettent de découvrir. En Floride, la A1A présente bien souvent un de ces critères, parfois même les deux. Le voyageur qui prend le temps de longer la A1A depuis son point de départ dans le nord de la Floride aura la possibilité de découvrir des lieux (riches en témoignages historiques), mais aussi la merveilleuse nature de type subtropical qu’elle traverse et de contempler l’océan à partir de points de vues uniques dans tous les États-Unis. Il faut dire que la A1A a depuis toujours été associée à la vie de la côte Atlantique pour le pire comme pour le meilleur, le pire étant relié aux ouragans et tempêtes tropicales qui ravagent parfois la région alors que le meilleur nous vient des magnifiques plages de sable blanc et des stations balnéaires qui s’y sont développées au cours des décennies passées. C’est pour cette raison que dans beaucoup d’endroits, la A1A est sur le front de mer, car elle est directement construite sur les îles côtières qui forment le littoral de la Floride (East Coast Barrier Islands), alors que dans les villes, elle en est souvent séparée par les constructions résidentielles qui ont été construites sur le bord des plages pour le plus grand bonheur des touristes et des résidents locaux.
La A1A dans la région historique de Saint Augustine
Quand
on emprunte la A1A dans la région de Saint-Augustine, on circule sans
aucun doute sur une de ses parties les plus historiques. En effet,
c’est dans cette région que les premiers colons espagnols et français
ont commencé la colonisation de la Floride et l’on peut visiter, près
de Jacksonville, le site de la Plantation Kingsley et le Rollins Bird
and Plant Sanctuary qui rappellent ces débuts héroïques. C’est aussi et
surtout, dans cette région qu’ont eu lieu les affrontements militaires
parfois sanglants entre Espagnols, Français et Anglais au moment de la
colonisation et plus récemment entre États-Uniens lors de la guerre
civile. Fernandina Beach, Amélia Island, le Fort La Caroline, qui
relate la tentative de colonisation française en Floride, le Castillo
de San Marcos à Saint-Augustine et le Fort Matanza un peu plus au sud,
sont tous des lieux historiques où la nation américaine s’est forgée et
ils offrent aux visiteurs passionnés d’histoire des musées et des
centres d’interprétation très bien conçus. Les plus connus de ces lieux
historiques sont sans aucun doute Saint-Augustine à environ une heure
au Sud de Jacksonville, car la fortification en pierres qui s’y trouve
est considérée comme la plus ancienne des États-Unis (1665). En effet,
le Castillo San Marcos, qui y a été construit peu de temps après le
fort français de La Caroline (1562-64), tout comme le fort Matanzas
construit plus tardivement, sont des lieux historiques où il est
possible de découvrir la période coloniale espagnole.
Il faut prendre le temps d’assister dans ces citadelles à la reconstitution de scènes historiques avec des personnages en costumes d’époque, car ce sont des spectacles à ne pas manquer. De plus, la visite des musées comme le « Potters Wax Muséum » et le « Lightner Muséum » ne feront que compléter la découverte de cette période historique des États-Unis.
La A1A dans la région de Daytona Beach
En partant de Saint-Augustine en allant vers le sud et avant d’arriver à Daytona, le voyageur pourra visiter le « Marineland Océan » dans la petite ville du même nom puis par la suite, dans la région de Flager Beach, là où la A1A longe littéralement le littoral et l’océan, il pourra découvrir les ruines de la plantation Bulow et visiter le «Addison Blockhouse Historic Sate Parc ». En arrivant à Daytona Beach, les passionnés de Nascar pourront se souvenir qu’environ 3 Km de la A1A ont fait partie des premiers circuits de ces fameuses courses automobiles connues sous le nom de «Daytona Beach Road Course ». Parler de Daytona Beach sans faire mention que c’est une des destinations privilégiées depuis les années 1980 jusqu’à aujourd’hui, pour les étudiants américains lors du fameux « Spring Break » annuel, serait oublier un événement qui fait désormais partie des traditions de la ville, ce qui ne fait pas toujours l’affaire des autorités locales qui doivent faire preuve d’autorité pour éviter les débordements.
En continuant vers le sud, notre voyageur va passer un peu à l’ouest des installations de Cap Canaveral et du Kennedy Space Center. On ne peut que conseiller aux voyageurs de prendre le prendre le temps de s’y arrêter car c’est certainement le lieu idéal et unique au monde pour découvrir l’aérospatiale et la technologie moderne avec tous ses défis, grâce aux visites guidées qui sont offertes au public. Par la suite, avant d’arriver dans la grande région de Miami, la A1A va traverser une des zones les plus sauvages de la côte est quand elle arrive au niveau du « Sébastian Inlet ».
Pendant des dizaines de kilomètres, la route sera bordée des deux côtés par les eaux de l'océan et du Sébastian Inlet. On peut y visiter plusieurs refuges naturels et y découvrir toutes les espèces végétales et animales qui y vivent. Avant de quitter cette région, qui a gardé son côté sauvage, et tomber dans celle qui est certainement la plus urbanisée de la A1A, il faut parler de Vero Beach qui est considérée, par les spécialistes de ce sport, comme la « Capitale du Surf » sur la côte est.
La A1A dans la grande région de Miami
Après
une promenade en pleine nature sauvage, le voyageur qui suit toujours
la A1A, du nord vers le sud, va arriver dans la zone la plus citadine
de son parcours. En effet, la A1A va traverser trois comtés. Tout
d’abord, celui de Palm Beach où la A1A est en fait la route qui suit le
front de mer. Elle commence au niveau du PGA Boulevard (Blue Héron) et
Océan Drive pour se terminer dans la US1, ou Dixie Highway faisant
découvrir au passage une partie de cette fabuleuse ville qu’est Palm
Beach. Le comté de Broward, qui vient ensuite, est dominé par deux
villes principales Fort Lauderdale, qui dans les années 1960-70 et 80,
fut le lieu de rendez-vous privilégié des étudiants lors du « Spring
Break » tout comme Daytona aujourd’hui. À cet endroit, pour le plus
grand plaisir les touristes, la A1A va longer le front le mer qui a été
aménagé dans un style très méditerranéen et donnant un accès facile aux
très belles pages de la ville pour se terminer au niveau de la 18e
Avenue. En arrivant au niveau de la ville de Hollywood, seconde ville
du comté, la A1A s'éloigne de la côte pour laisser la place au fameux
Broadwalk si apprécié les vacanciers. Le troisième comté, celui de
Miami-Dade, est dominé par la ville le Miami, ville cosmopolite très «
branchée » et accueillant tous les ans des millions de visiteurs.
La A1A est alors le principal axe de circulation routière et longe les îles côtières traversant Miami et Miami Beach. Elle prend alors des noms différents, dont le plus célèbre est la Collins Avenue et va avec Océan Drive constituer le quartier le plus animé de la ville de Miami qu’est le fameux South Beach, rendez-vous mondialement connu de la colonie artistique et où l'on peut découvrir la vie nocturne de cette ville extraordinaire qu’est Miami.
La A1A à Key West et dans l’extrême Sud de la Floride
II est coutumier de dire que la A1A se termine ou commence à Miami au niveau du Macarthur Causeway, mais il en n’est rien si l’on se fie aux services officiels de la voirie. En effet, dans la région de Key West, la route locale à la suite du Roosevelt Boulevard prend le nom de A1A à l’intersection avec Bertha Street !
SOURCES : Vous
pouvez aussi consulter sur internet les sites suivants qui ont permis
de documenter le sujet traité dans cet article : www.daytona.com - www.
wikipedia.com - www. scenica1a.org - http:// wikipedia.org
À l’origine de la A1A, une succession de morceaux |
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C’est seulement en 1945 que le rassemblement d’une succession de morceaux a été fait et qu’on lui a donné le nom initial de SRI (State Road 1), car elle est considérée à juste titre comme la voie terrestre la plus à l’Est des États Unis et comme elle va du Nord vers le Sud, elle doit donc avoir une numérotation impaire alors que les voies allant de l’Est vers l'Ouest ont, quant à elles, une numérotation paire. La SRI deviendra définitivement SR AlA le 25 novembre 1946. ![]() On
se demande souvent pourquoi on a donné à cette route un nom avec un
double A, mais il n’y a aucune explication officielle connue, certains
ont avancé que cela pouvait être relié aux mots Atlantique et
Alternate, mais cette explication est peu probable quand on considère
les anciennes SR A19A et G1A, deux routes ainsi nommées à la même
époque et qui n’étaient pas en relation avec l’océan Atlantique, car
situées sur la côte Ouest de la Floride en bordure du Golf du Mexique. |
