Mieux comprendre l’Alzheimer
Publication date: 10 avr. 08 09:00:00
La maladie d'Alzheimer, on le sait, est un trouble neurodégénératif qui entraîne petit à petit la perte des fonctions mentales. Si sa cause exacte est inconnue, il est établi que des facteurs extérieurs et même génétiques y contribuent. Mais des études sur des souris démontrent aussi que le cerveau a tout intérêt à être stimulé pour prévenir la maladie.
Si les premiers symptômes de la maladie apparaissent dans la mémoire à court terme, elle se manifeste aussi par des distractions sans gravité, mais qui s'accentuent graduellement. Ces désordres progressant, d’autres facultés sont touchées et l'affaiblissement cognitif se généralise, tant dans les fonctions exécutives que dans l’adresse des mouvements, ou encore la reconnaissance des hommes et des objets.
C’est dire si ces changements influent sur la vie quotidienne. Progressivement, les qualités humaines essentielles se trouvent entamées.
Longtemps les spécialistes, médecins, psychologues, chercheurs, ont laissé l’homme de la rue songeur. Car personne n’était d’accord, ni sur les origines de la maladie, ni a fortiori sur son traitement. Le site français Esculape a eu la bonne idée de confronter les professionnels du milieu avec de simples observateurs.
Parmi ces derniers, Jean-Jacques Schwer. Son père ayant été touché par la maladie, il a rendu compte de son expérience. Sa conclusion: « A quoi bon faire en sorte de former les médecins à l'approche psychologique de la maladie, à quoi bon former les aidants ou les soignants ? Il est tellement plus simple de former à faire prendre des médicaments dont on ne sait pas quel est réellement l'effet sur la maladie. (…) Je me dis qu'il y a encore bien trop de personnes âgées que l'on va entraîner vers la démence, alors qu'ils n'ont que des troubles cognitivo-mnésiques. Sans parler du fait qu'il est prétendu que ces personnes atteintes sont agressives et qu’il arrive un moment où il vaut mieux les "neuroleptiser" plutôt que de comprendre d'où vient le problème et ainsi les aider à rester des personnes adorables qui au contraire de ce qui est dit sont prêtes à donner des quantités d'amour. »
C’est beau et c’est fort, mais cela pose question. D’abord par rapport aux traitements, même si ces derniers sont efficaces aux tout débuts de la maladie, ensuite par rapport à l’approche des malades. Il ne faut pas oublier non plus que la recherche progresse à grands pas.
Aux États-Unis, à l’université de Jefferson, un lien a été établi entre l’effort d’apprentissage mental et la prévention de la maladie. Un environnement stimulant au début de la vie peut probablement aider à prévenir des maladies neurodégénératives. De cette manière, le cerveau serait en quelque sorte prémunit contre les agressions. Comment en est-on arrivé là ? Grâce à des expériences sur des souris.
Celles qui étaient élevées dans un environnement stimulant constitué de roues tournantes, de tunnels, de balles, etc. avaient 45% de moins de mortalité des cellules du cerveau que des souris vivants dans un environnement limité.
Plus: les souris stimulées exposées à des neurotoxines étaient mieux armées contre la perte des cellules du cerveau que les souris vivant dans un environnement normal.
Conclusion à Jefferson : « Un environnement plus stimulant déclenche des gènes dans le cerveau et nous pensons que par ce mécanisme, le cerveau devient super résistant à la sénescence et aux maladies telles que la maladie d'Alzheimer, la maladie de Parkinson et les traumas du cerveau. »