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Vers un rétablissement

Publication date: 24 avr. 08 09:00:00

Retournons en arrière de 10 ans. C’était en 1998 quand nous étions tous plus jeunes et plus énergiques. Vous n'aviez jamais imaginé qu'aujourd'hui en 2008, vos prédictions quant à votre propre futur, que vous croyiez justes à ce moment-là, seraient si différentes de la réalité d’aujourd`hui. Les plans du futur de 1998 ont varié, des événements heureux comme malheureux vous ont surpris, des changements imprévisibles ainsi que les décisions difficiles que vous avez eu à prendre ont chambardé vos rêves et votre avenir. C'est le voyage imprévisible de la vie.

Par Yves Beauchamp

Qu’y a-t-il de différent aujourd'hui ?

Il y a 25 millions de personnes supplémentaires habitant aux États-Unis aujourd'hui qu'en 1998. Le nombre d’emplois a augmenté de 11 millions. Le revenu typique par famille est passé de 47 000 $ à presque  60 000 $ en 10 ans. Le tour de montagne russe que le  marché boursier a subi peut être tout à fait effrayant, mais l'index du Dow Jones s'est relevé de 9.000 (un plafond absolu à ce moment-là) à 12.500 environ aujourd'hui. Les taux d'intérêt sont aujourd'hui beaucoup plus bas qu'en 1998. Oui, le prix des maisons est plus élevé, mais l'index d'accessibilité de logement qui tient compte de la capacité des personnes à acheter une maison de milieu de gamme et de la capacité d’y obtenir un financement  à un taux d’intérêt dans la moyenne  est tout à fait comparable entre les 2 périodes. L'index était de 137 en février 1998 comparé à 135 en février 2008.

Les ventes de maisons sont à leur plus bas niveau des dix dernières années. Cette inactivité du marché immobilier est attribuable en partie au resserrement des qualifications que les banques exigent des emprunteurs pour leur accorder une hypothèque, éliminant du coup tous les emprunteurs à risques par la non-existence virtuelle des prêts dit subprime ; ces dernières années, ces prêts comptaient pour 20 pour cent des hypothèques accordées par les prêteurs. Mais il y a 10 ans, ces prêts subprime étaient essentiellement inexistants. La faible demande de logement est psychologique. C'est une crise de confiance.

Soutenir la confiance des acheteurs.

La confiance des acheteurs peut être facile à manipuler avec une incitation financière : un crédit d'impôts pour les acheteurs de maison. Les acheteurs de maisons du district de Columbia en apprécient déjà les effets. Pourquoi ne pas l'appliquer pour tout le pays ? Étant donné que la crise du logement pousse l'économie au bord de la récession, pourquoi ne pas ressusciter ce secteur qui est ralenti par des mesures incitatives. Même si l’ère des déclins profonds successifs de ventes semble être terminée,  la plus basse activité de vente depuis dix ans est injustifiable.

Fannie Mae et Freddie Mac, des organismes commandités par le gouvernement,  peuvent maintenant aider. Le montant maximum des prêts qui peuvent être assurés par ces organismes est passé à 417 000 $ en Floride pour une maison unifamiliale, ce qui permettra l’achat en gros des hypothèques détenues par les banques, libérant ainsi de nouveaux capitaux pour les prêteurs leur permettant  d’attribuer plus de prêts à un taux d'intérêt favorable. Cette mesure, qui doit débuter incessamment, aura pour effet d’accroître le nombre de ventes ainsi que le prix médian des maisons vendues, l’inactivité actuelle des ventes des propriétés semi luxueuses est artificiellement réduite par le manque de capitaux disponibles pour les prêts de cette envergure (JumboLoan).

Avec une reprise prévue dans les ventes de maisons (ou une reprise garantie dans les ventes de maisons avec un crédit d'impôts pour l’acheteur) dans le deuxième semestre, l'économie recommencera également à se développer. La combinaison de la baisse de taxes récemment décrétée et les décisions de politique monétaire sur les taux d’intérêt aideront  la relance économique dans le deuxième semestre de 2008. Cela devrait aider à diminuer la possibilité d’une  récession plus sérieuse.

Avec la baisse du dollar américain sur le marché mondial, les exportations ont augmenté de 16,6% depuis un an, ce qui a aidé à empêcher  l'économie de  glisser dans une récession dans le premier semestre, en dépit du secteur mou du logement. Les exportations de janvier ont monté à 148 milliards $, doublant presque le niveau des exportations de la fin du siècle.

Un autre facteur qui aidera à éviter la récession économique est le bas inventaire des produits. Les inventaires de logements invendus sont hauts, mais les inventaires des produits sont bas. Le rapport d'inventaire de produits à vendre chez les grossistes est à son niveau le plus bas soit  1,09 tandis que le rapport d'inventaire au détail  est seulement à 1,48 soit juste au-dessus de son minimum historique.

Les économistes prévoient une croissance économique nulle pour le premier semestre, mais une croissance économique de  2 pour cent pour la deuxième moitié de 2008. Le taux de chômage atteindra 5,7 pour cent en novembre pour les élections en raison de l’absence de croissance économique de la première moitié de l’année.  Le chômage en hausse atténue les pressions inflationnistes et l'index du prix à la consommation ralentira de manière significative vers la fin d'année.

En fin 2008, les ventes de maisons vont augmenter ainsi que  les prix, marquant ainsi un rétablissement du marché après un déclin sans précédent. Les faillites commenceront à diminuer d'ici là.

Donc si on en croit  les économistes américains, ce serait le temps d’acheter une propriété aux États-Unis.