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L’AUTOMOBILE ET LE FAIT FRANÇAIS ICI ET AILLEURS

Publication date: 24 avr. 08 09:00:00

L’automobile est certainement une des inventions technologiques les plus remarquables du siècle dernier et même de notre époque. Elle est le résultat des travaux et des recherches réalisées par des chercheurs du monde entier. Il nous faudrait plusieurs livres pour relater cette fabuleuse histoire. En voici cependant quelques moments importants.

Par Gérard CHARPENTIER Ph.D.
Sociologue et auteur

LES INVENTIONS FRANÇAISES

Joseph-Etienne Lenoir  invente le premier moteur à explosion

C’est en 1860 que cet inventeur français a imaginé et conçu le premier moteur à deux temps qui, par la suite, a donné naissance au moteur à quatre temps grâce à d’autres chercheurs allemands, anglais et français. Ce type de moteur à deux temps est demeuré et reste encore le moteur des cyclomoteurs et des motos et de nombreux autres outils motorisés. Depuis 1990, les constructeurs s’intéressent de plus en plus aux moteurs à deux temps pour l’automobile, mais en injection directe pneumatique Orbital, qui est  une solution déjà fréquemment utilisée pour les deux roues de petite cylindrée.

Louis Renault et la boîte de vitesse en prise directe

C’est en 1899, que le célèbre constructeur automobile Louis Renault équipe sa première voiture, réalisée en 1898 avec une boîte de vitesse à prise directe et changement de vitesses par baladeur. Celle-ci possédait trois vitesses plus une marche arrière. C’est la troisième vitesse, la plus rapide qui s’obtenait en prise directe. C’est alors une petite révolution dans le monde automobile.

Edouard et André Michelin inventent le premier pneumatique démontable

On dit généralement que John Boyd Dunlop, vétérinaire d’origine écossaise, mais pratiquant en Irlande, est l’inventeur en 1888 du pneumatique, mais les historiens restent plus prudents. En effet, un ingénieur bien connu à son époque, un dénommé Charles Dietz, d’origine allemande, mais installé à Paris et ayant travaillé également en Belgique et en Angleterre a effectué des études dans ce sens et exploité certaines de ces inventions dès 1836 et que des brevets auraient été déposés en 1846 par un certain W. Thomson. Alors pour les historiens l’affaire est complexe, mais pour la petite histoire, on raconte que Dunlop eut l’idée de mettre un tube de caoutchouc gonflé d’air sur les roues du tricycle de son fils. Ce tube étant maintenu par une toile cloutée à même la roue qui à l’époque était constituée par un grand disque de bois. Cette invention dite de « bandage » qui va remplacer les « pneus pleins » va tout d’abord s’appliquer aux vélos et par la suite aux automobiles et aux avions.  Les frères Michelin vont être des pionniers dans ce domaine. Ils sont tous les deux diplômés d’une des plus prestigieuses écoles d’ingénieurs de France.

Non seulement ils sont, suivant l’expression, « Centraliens »,  mais ils sont également  licenciés en droit et sont passionnés par les nouvelles technologies et les innovations qu’elles permettent de réaliser.

  • En 1891 ils inventent le pneumatique démontable, dans lequel la chambre à air est indépendante du pneumatique proprement dit.
  • En 1891, le coureur cycliste Charles Terron remporte la course Paris-Brest-Paris,  longue de 1200 km avec un vélo équipé de ces nouveaux pneus Michelin.
  • En 1895, ils construisent leur propre voiture pour participer au Paris-Bordeaux-Paris et parcourent les 2200 km en moins de 100 heures. C’est une grande victoire, car cela démontre la viabilité du produit.
  • En 1896 une « Léon Bollée » est la première voiture au monde équipée des pneumatiques démontables Michelin. Notons au passage que ces premiers pneumatiques sont blancs, car c’est la couleur naturelle du caoutchouc, ce n’est que plus tard que la surface de roulement deviendra noir quand on va y ajouter du charbon pour la rendre plus résistante, donnant naissance à des pneus au « flanc blanc » si célèbres à une époque.

Suivant l’expression, l’histoire est en route. Ces premiers pneumatiques dits « à talons », car vissés sur la jante sont rapidement remplacés par des pneus « avec structures » avec des tringles métalliques fondues dans la circonférence du pneu, ce qui permet de ne plus le visser sur la jante.

Tout au long des années qui suivent, les inventions continuent et Michelin  invente la « carcasse radiale » qui a pour but de dissocier le travail de la bande de roulement de celui des flancs. Puis c’est la « carcasse en acier » et le « pneu increvable » sans parler de toutes ces petites inventions techniques moins spectaculaires qui contribuent à la renommée des pneus Michelin dans le monde entier.

EN AMÉRIQUE DU NORD

Antoine de Lamothe, Sieur de Cadillac et la naissance de Détroit

Qui aurait pu prédire qu’en 1701, il y a plus de trois siècles, ce pionnier français, Antoine de Lamothe, Sieur de Cadillac, mi-gentilhomme mi-aventurier, venait jeter les bases d’une ville qui allait devenir l’une des plus importantes des États-Unis, de par sa population, mais aussi et surtout la première ville de l’automobile au monde.  C’est dans les années 1698-1699 que par ordre royal, il a le devoir de développer la colonie dans la région des Grands Lacs et d’y installer un fort. Cadillac quitte Montréal le 5 juin 1701 avec une centaine de personnes, des colons, des soldats et deux missionnaires. Le 24, le groupe s’arrête à l’emplacement où sera construit le fort Pontchartrain dans la région « Les Étroits » ce qui deviendra « Détroit » en 1760. Cadillac quittera définitivement, avec toute sa famille, après bien des péripéties, son « Domaine de Détroit » en 1710. Il le vendra en 1722 à un colon de la Nouvelle-France, Jacques Baudry de Lamarche.

Louis Chevrolet un franco-suisse bien américain

Louis Chevrolet est né le 25 décembre 1878 à La Chaux-de-Fonds dans le Jura suisse. En 1887, les conditions économiques dans la région n’étant pas très favorables, toute la famille émigre en France dans la ville de Beaune, près de Dijon. Louis y restera jusqu'en 1898, date à laquelle il part pour Paris où il continue de développer ses connaissances en mécanique tout en travaillant dans le domaine de l’automobile et de la réparation des vélos, ce qu’il avait appris à Beaune où il avait participait avec beaucoup de succès, à de nombreuses courses cyclistes.

En 1900, c’est le grand départ pour le « Vieux Continent ». Il arrive à Montréal par bateau. Grâce à ses connaissances en mécanique, il y travaille d’abord comme chauffeur. Dès 1901, on le retrouve aux États-Unis, à New York, où il travaille dans l’atelier du Suisse William Walter et par la suite chez De Dion-Bouton et Fiat.

Parallèlement à son travail, Louis a une passion, la course et il devient rapidement célèbre. En 1905, il remporte dans l’état de New-York sa première compétition automobile, les « Trois Miles ». Il bat alors le record mondial du mille en 52,8 secondes, soit une moyenne de 109,7 km/h. Record qu’il bat en 1906 avec la vitesse de 191,5 km/h. La carrière de coureur automobile de Louis dure jusqu’en 1920, date à laquelle il se retire après la mort de son frère lors d’une course en Californie. Il tente alors sa chance dans les courses de bateaux, en particulier à Miami, où il remporte une épreuve. Mais son domaine de prédilection est avant tout celui de la course automobile.

En 1911, il fonde à Détroit la «Chevrolet Motor Car Company » avec William Durant. Il en est le président et il lance la première Chevrolet, la « Classic six ».

Malheureusement, trois ans plus tard, c’est la rupture entre les deux hommes.

William garde l’entreprise « Chevrolet » et Louis fonde un an plus tard, la « Frontenac Motor Corporation » (en 1922, 1500 ouvriers y travailleront).

De 1926 à 1932, Louis consacre son génie mécanique à l’élaboration de moteurs d’avion pour lesquels il obtient certains brevets, mais pour Louis, les temps sont durs et sa santé décline. Il retourne à Détroit (1933) et travaille alors comme simple employé à la General Motors Company, fondée par William Durant, dont les ancêtres sont rattachés à la maison de Normandie et dont le successeur sera Pierre Dupond de Nemours, un Français.

À cette date, plus de 8 millions de Chevrolet ont été construites. Un an plus tard, en 1934, Louis est victime d’une attaque cérébrale et cesse tout travail. Il passe alors la majeure partie de son temps dans son appartement de Miami qu’il quitte en 1941 pour finir ses jours à Détroit, le 6 juin de la même année. Il est enterré aux côtés de son frère Gaston et de son fils Charles.

Cadillac, une marque américaine de voiture de luxe

C’est à  la même époque et par la même équipe de pionniers de l’automobile, qu’est créée la «Cadillac Motor Car Corporation of Détroit», du nom du fondateur de Détroit. Ainsi, non seulement le nom de Cadillac a été donné à une automobile de prestige, mais la compagnie manufacturière a également pris comme symbole le blason qu’Antoine de Lamothe, Sieur de Cadillac, avait conçu personnellement, au milieu du 17e siècle, en s’inspirant, sans réserve, des armes du Baron Sylvestre d’Esparbes de Lussan, Sieur de Lamothe Bardigues, une petite ville près de Toulouse, en France.

POUR LA PETITE HISTOIRE

Mademoiselle Davy de Cussé invente le rétroviseur des automobiles

En 1897, mademoiselle Davy de Cussé une passionnée de voiture et de courses automobiles, fixe un petit miroir en avant de sa voiture « pour voir ce qui se passe derrière » suivant son expression. Elle dépose en France un brevet pour ce premier rétroviseur. À l’époque, bien des gens se sont ouvertement moqués d’elle, on pouvait par exemple lire dans la chronique d’un journal : « C’est un instrument baroque et sans suite ». Il apparaît aux États-Unis, à l’occasion du Grand Prix d’Indianapolis de 1911, sur une voiture de Mormon Wasp pilotée par un certain Ray Harroun, qui gagnera l’épreuve. Un siècle plus tard, la majorité des pays l’ont rendu obligatoire et en 2007 les voitures fabriquées en Amérique du Nord et en Europe en ont même trois : deux à l’extérieur et un à l’intérieur.

La Duchesse d’Uzès, est la première femme au monde à avoir bénéficié d’un permis de conduire automobile

La France est un des premiers pays au monde à avoir réglementé la conduite des véhicules automobiles. En 1889, c’est  le premier examen de conduite automobile sur tricycle à vapeur et en 1893 on instaure un certificat de capacité pour la conduite des véhicules. En 1899, ce certificat de capacité spéciale permet de conduire sur une route à 30 km/h et en ville à 20 km/h. Ces premières réglementations donneront par la suite le permis de conduire que nous connaissons maintenant.

Marie Adrienne Anne Clémentine de Rochechouart de Mortemart devenue Duchesse d’Uzès par son mariage est, en 1897, la première femme au monde à être titulaire du permis de conduire, mais c’est aussi la première femme à recevoir l’année suivante une contravention pour excès de vitesse : 15 km/h au lieu des 12 km/h maximum autorisés en zone urbaine.

La première plaque automobile est émise par la ville de Montréal en 1904

C’est un dénommé Henri U. Dandurand, prospère homme d’affaires de Montréal qui en est l’heureux bénéficiaire pour sa De Dion-Bouton, une prestigieuse automobile produite en France de 1899 à 1902. Il a donc le numéro Q-1 peint en gris sur sa voiture rouge. De nos jours, on peut voir cette automobile au château Ramesay de Montréal.  

SOURCE : Vous pouvez aussi consulter sur inter-net, les sites suivants qui ont documenté le sujet traité dans cet article : www.wikipedia.orgwww.renault.com - www.chez.com/giorgiomat/personnages/SagadUzes_fichiers/DuchesUzes.htm