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Louis de Buade, Comte de Frontenac et de Palluau

Publication date: 29 mai 08 09:00:00

En Nouvelle France de 1672 à 1682 et de 1689 à 1698

Frontenac, de son vrai nom Louis de Buade, Comte de Frontenac et de Palluau, est considéré par les historiens comme une des figures les plus marquantes de l’histoire du Canada et comme un des principaux architectes de l’expansion de la France en Amérique du Nord, mais aussi comme  le défenseur de la Nouvelle-France contre les attaques des Iroquois et des colons anglais.

Par Gérard CHARPENTIER Ph. D
Sociologue et auteur

Issue de la haute noblesse française

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Né le 22 mai 1622 à Saint Germain en Laye (près de Paris) d’une famille de la noblesse d’épée, originaire du Périgord, très proche du roi Louis XII qui fut son parrain, le jeune Louis est destiné à recevoir une belle éducation et prétendre à une vie sans égal.

En 1635, à l’âge de 13 ans, il entre dans l’armée et participe à de nombreuses campagnes militaires, aux Pays-Bas, en Italie et en Allemagne. En 1646, à 24 ans, il est blessé au bras droit lors d'une bataille; ce qui le laissera infirme pour la vie. La même année, il est promu au rang de Général.

 En dehors des campagnes militaires, Frontenac vit à la cour du roi où comme beaucoup de jeunes nobles, il mène un train de vie souvent rocambolesque et bien au-dessus de ses moyens. En 1648, il épouse secrètement Anne de La Grange et ce, contre la volonté du père de la jeune fille qui la déshérite lorsqu’il apprend la nouvelle. Frontenac fut donc rapidement connu pour son caractère impétueux, pour ses frasques, sa prodigalité, mais également pour ses dettes.

Première nomination comme Gouverneur de la Nouvelle-France

1672-1682 : Expansion de la Nouvelle France

Sa nomination comme Gouverneur de la Nouvelle-France vient donc au bon moment pour l’aider à résoudre ses problèmes financiers. Il part de La Rochelle pour Québec le 28 juin 1672. Sa femme reste cependant en France et recevra son salaire qui lui sera directement versé. Comme Gouverneur, il a les pleins pouvoirs et il va jouer un rôle important dans l’organisation et l’administration de la colonie déjà en place.

Cependant, Frontenac est avant tout un chef militaire et son caractère fougueux et aventurier lui font préférer des actions de conquête et d’exploration vers l’ouest et le sud afin de développer le commerce de la fourrure qui est une des principales sources de revenus pour la colonie.

Dans le cadre de cette expansion territoriale, il parraine les expéditions menées par des hommes comme René-Robert Cavelier, Sieur de la Salle, Louis Jolliet et le père Marquette, mais aussi Antoine Lamothe, Sieur de Cadillac et Pierre Lemoyne, Sieur d’Iberville qui parcourent le continent nord-américain et tracent les limites de la Nouvelle-France. Ainsi, René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle, fonde Fort Frontenac en 1673 sur les bords du lac Ontario; un poste de traite qui jouera tout au long des années à venir un rôle important dans la dynamique économique et militaire de la région et où s'élève maintenant la Ville de Kingston (Ontario).

Si Frontenac réussit son ouverture vers l’ouest et le sud et parvient à établir des relations stables et pacifiques avec les indiens et développer ainsi efficacement le commerce de la fourrure avec eux et rendre la colonie prospère, il ne réussit pas pour autant à faire l’unanimité parmi les membres influents de la colonie. Son caractère fier, souvent hautain et querelleur, lui vaut d’entrer en conflit, d’une part avec Monseigneur Laval et les Jésuites qui lui reprochent de distribuer de l’alcool aux indiens et d’autre part avec le Gouverneur de Montréal et les administrateurs locaux comme Jacques Duchesneau de la Doussinière et Ambault. Face à une telle situation, le roi Louis XIV décide en 1682 de le rappeler en France.

Seconde nomination comme Gouverneur de la Nouvelle-France

1689-1698: Défense de la Nouvelle-France

Les sept années qui suivent le départ de Frontenac sont marquées par les attaques incessantes des Iroquois et des colons anglais.

Ses successeurs, Joseph de La Barre et le marquis de Denonville, étant incapables d’y répondre efficacement, Louis XIV se voit donc en quelques sortes obligé de renvoyer Frontenac sur le continent américain d’autant plus que les hostilités avec l’Angleterre ont repris en Europe.

Cette fois-ci, son mandat de Gouverneur est bien précis, son rôle principal est de restaurer la paix et d’assurer la sécurité des colons français en Nouvelle-France.
En 1690, il repousse l’attaque de Québec entreprise par la flotte anglaise commandée par l’Amiral William Phipps. Événement devenu célèbre par la répartie que fit Frontenac à l’émissaire de Phipps qui lui demandait de se rendre: « Allez dire à votre maître que je lui répondrai par la bouche de mes canons ».

Puis en 1696, il entreprend une campagne militaire contre les Iroquois et les populeuses colonies anglaises du sud. Le New Jersey et Boston sont même attaqués par les soldats français alliés aux Algonquins qui, avec beaucoup de respect, avaient surnommé Frontenac «Big Onontio» (Grand chef). En fait, à cette époque, Frontenac n’a pas d’égal comme chef militaire et avant que ne soit signé en Europe le traité de Ryswick mettant fin aux hostilités entre la France et l’Angleterre, il avait su mettre en place dans la région, par des jeux d’alliances, une paix relative qui allait durer plus de 50 ans après sa mort qui eût lieu le 28 novembre 1698 à Québec à l’âge de 76 ans.

En 2008, Frontenac est toujours honoré au Québec et au Canada

Au Québec, c’est la ville de Québec qui remporte la palme avec son fameux château Frontenac qui domine la ville. On doit la réalisation de cet ouvrage à William Van Horne, directeur général du chemin de fer Canadian Pacific (CP). C’est en 1899 qu’il commande la construction d’un hôtel de luxe destiné à sa clientèle de marque et dédié à la mémoire de celui qui avait marqué de façon irréversible la Nouvelle-France, le Comte Frontenac. Van Horne retint alors les services de l’architecte New Yorkais Bruce Price qui avait déjà réalisé la gare Windsor à Montréal. Par la suite, des travaux d’agrandissement et d’embellissement seront entrepris en 1908, 1920, 1924, 1993 pour aboutir à ce que nous connaissons aujourd’hui. Les hôtes de marques qui séjournèrent au Château Frontenac sont multiples et pour ne citer que certaines personnalités politiques, nous nommerons : le Roi George VI et la Reine Elizabeth, la Princesse Grâce de Monaco, Tchang-Kai-Chek, Charles de Gaulle, Ronald Reagan, François Mitterrand et bien d’autres encore.

En Ontario, ce sont les vestiges du fort Frontenac (qui s’est d’abord appelé Fort Cataraqui) érigé en 1673 par René-Robert Cavelier, Sieur de La Salle qui retiennent l’attention des autorités. Situé à l’embouchure de la rivière Cataraqui, à l’emplacement actuel de la ville de Kingston, le fort Frontenac est donc un poste avancé qui doit assurer la protection de Ville-Marie (Montréal), mais aussi permettre le développement de la traite des fourrures dans la région des Grands Lacs et de la vallée de l’Ohio. En 1688, un groupe de guerriers iroquois assiège le fort et quatre-vingt-treize soldats français meurent du scorbut. En 1689, Denonville ordonne l’abandon du fort après le raid de Lachine perpétré également par les Iroquois. En 1695, Frontenac reprend possession du site et reconstruit le fort qui prend alors le nom de Fort Frontenac. En 1758, le fort tombe aux mains des Anglais et sera laissé à l’abandon jusqu'en 1783, année où il redevient une base navale et militaire d’importance pour la ville de Kingston.

Deux siècles plus tard, tout précisément depuis 1982, des recherches archéologiques basées sur des archives sont menées par la Cataraqui Archeological Research Fondation. Il a été prouvé qu’à l’origine, le fort Frontenac se situait au confluent de la rivière Cataraqui et du lac Ontario; ce qui correspond maintenant au centre-ville de Kingston. Les fortifications nord-ouest reposent à l’intersection des rues Ontario et Place d’armes. La ville a comme projet d’aller plus loin dans cette recherche et mettre à jour ces fortifications ainsi que de reconstruire cette partie du fort Frontenac.

Louis de Buade, comte de Frontenac et de Palluau n’avait certainement pas prévu que plus de trois siècles après sa mort, son nom serait associé à un hôtel de luxe dans la ville de Québec et que la ville de Kingston en Ontario attirerait les touristes grâce aux vestiges d’un petit fort portant son nom.

SOURCE : Vous pouvez aussi consulter sur inter-net, les sites suivants qui ont documenté le sujet traité dans cet article : www.wikipedia.orgwww.thecanadianencyclopedia.com - www.carf.info/kingstonpast/fortfrontenac.php