ÇA PREND DU GRAND TALENT
Publication date: 29 mai 08 09:00:00
Si le hockey est chose du passé en Floride depuis plusieurs semaines, au Québec la folie s’est momentanément emparée des inconditionnels du Canadien. Pour une courte durée heureusement.
Une analyse de Michel Lemieux
Les faux espoirs, qui ont dégénéré en démence lorsque le Canadien a éliminé les Bruins dans un septième match, ( plutôt qu’en quatre comme le prédisaient les experts), créaient bien des inquiétudes dans la métropole. Au point que les autorités souhaitaient l’essoufflement de la troupe de Carbonneau plus rapidement qu’autrement.
Et justement, l’effondrement est venu plus tôt que prévu. Les Flyers ont fait ravaler toutes les prédictions des connaisseurs et analystes qui ont tous trop le nez collé sur la vitrine.
Martin Biron et sa gang ont balayé le Canadien en cinq parties et ce, sans les services de leur meilleur marqueur Simon Gagné, dont l’absence semblait constamment échapper aux commentateurs et journalistes. On estimait surtout que le Tricolore n’avait pas la chance de son bord. Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre.
Les vraies équipes
C’est dans l’autre étape que l’on a pu réaliser toute la différence qu’il peut y avoir entre les équipes ordinaires et les puissances de la ligue. À quel point surtout les surdoués peuvent créer l’écart lorsque c’est important.
Les Red Wings de Détroit et les Penguins de Pittsburgh font bien mal paraître tous leurs adversaires et laissent loin derrière eux toutes les équipes qui avaient obtenu un laisser-passer dans les séries éliminatoires. Les Crosby, Malkin, Hossa, à Pittsburgh puis les Datsyuk, Zetterberg, Lindstrom à Détroit font comprendre que pour atteindre la finale de la Coupe Stanley vous avez besoin de grands talents. C’est indéniable.
Toutes ces équipes qui croyaient avoir des chances doivent réaliser qu’elles sont loin de la coupe aux lèvres. Et ceux qui osaient prédire que le Canadien ferait du chemin dans les séries doivent réaliser qu’ils prenaient vraiment leurs rêves pour des réalités. D’autant que leur jeune gardien Carey Price n’avait pas encore la maturité nécessaire.
Lorsque Bob Gainey avait laissé partir Cristobal Huet, nous avions qualifié ce geste de grossière erreur. La preuve est faite.
L’avenir
Gainey devra vraiment trouver le moyen de dénicher un joueur surdoué sur le marché des agents libres au cours de l’été. Le Canadien est la seule équipe qui, au cours de la dernière saison, a été totalement épargnée par les blessures chez ses meilleurs joueurs. C’est ce qui lui a valu le premier rang.
Boston a perdu les services de Alain Bergeron pour la saison, Philadelphie a été privée de Simon Gagné et Sidney Crosby a raté plus de 20 matches, tous des leaders dans leur formation.
À Montréal c’est reparti, on se remet à parler de Marian Hossa, l’un des meilleurs dans les séries.
Faudra voir ce q u’il préférera : jouer avec Sidney Crosby et Evgeni Malkin ou avec Saku Koivu et Alex Kovalev.
Il optera probablement pour l’équipe la plus apte à gagner la Coupe Stanley.
On connaît la réponse.