QUAND ET COMMENT SE FAIRE PLAISIR ?
Publication date: 23 oct. 08 09:00:00
On peut affirmer sans craindre de se tromper que la recherche du plaisir est un des motifs qui détermine chacun de nos gestes, chacune de nos actions, chacune de nos attitudes et pourquoi pas chacune de nos pensées.
Par le Dr Gérard CHARPENTIER Ph. D.
Psychanalyste et auteur
En acceptant cette vision des choses, on découvrira cependant très rapidement que tous les plaisirs ne sont pas identiques et les spécialistes vous diront qu’ils sont de deux types : le plaisir immédiat et le plaisir différé.
Le plaisir immédiat a lieu « ici et maintenant » il est comme son nom l’indique, immédiat et direct.
C’est un sentiment éprouvé sur le champ à la suite d’une stimulation, d’une action quelconque ou d’une pensée qui procure une satisfaction instantanée. C’est par exemple; le plaisir sexuel, le plaisir d’un bon repas, d’un moment passé à contempler une œuvre d’art, à écouter de la musique. Cela peut aussi être tous ces moments de complicité que l’on partage avec un être cher ou encore lors de retrouvailles. Nous pourrions également dire que la seule chose qui va motiver la recherche de ce plaisir immédiat, c’est de l’obtenir tout de suite et à son maximum.
Le plaisir différé, comme son nom peut l’indiquer n’est pas immédiat et se manifeste dans le temps et il est en quelques sortes indirect. Souvent, il vient compenser une frustration ou permet de fuir une situation désagréable. Dans tous les cas, il arrive généralement après un effort, parfois même des sacrifices.
Contrairement au plaisir immédiat, ce type de plaisir peut être vécu de différentes façons. La plus fréquente étant le plaisir différé qui nait d’un besoin de compensation. Il va se vivre au travers d’actes et de gestes satisfaisants ou agréables posés par une personne pour compenser un désagrément, une frustration ou un échec. Cela vient donc pour ainsi dire neutraliser la sensation désagréable qui a été vécue ultérieurement par cette même personne. Nous pourrions citer un grand nombre d’exemples, mais les deux plus fréquents sont les régressions orales ainsi que les dépendances à l’alcool ou aux drogues.
Les régressions orales se caractérisent généralement par de la boulimie. Le sujet mange de façon excessive pour compenser un état de frustration, d’ennui, de stress ou de peine d’amour. Il y a donc recherche d’un plaisir de compensation et c’est la nourriture qui le procure. Dans le cas de l’alcoolisme et de la toxicomanie, l’alcoolique ou le drogué va compenser son déplaisir par un plaisir artificiel, mais quasi immédiat que lui procure l’alcool ou la drogue.
Sur ce, que vous soyez ici en Floride ou au Québec, je vous dis à la prochaine en vous espérant heureux et en santé.