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« CAPE CANAVERAL » ET SA GRANDE RÉGION. UNE EXCURSION À NE PAS MANQUER

Publication date: 1 mars 09 09:00:00

Bien avant que Christoforo Colombo, explorateur et navigateur Génois, au service de la reine d'Espagne, ne « découvre » en 1496 le continent américain, celui-ci était déjà habité depuis des millénaires par des peuples plus ou moins sédentaires.

Par Gérard Charpentier Ph. D.

Sociologue et auteur

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Les chercheurs pensent qu’ils sont arrivés sur ces terres il y a plus de 10 000 ans, provenant en majeures parties d’Asie, mais aussi d’Europe (de récentes analyses effectuées sur des ossements humains trouvés ici et là le prouvent). À cette époque, le détroit de Béring était glacé (comme l’est encore le Pôle Nord) et permettait de passer de la Sibérie en Asie à l’Alaska, sur la côte nord-ouest de l’Amérique. On ne peut pas dire que ces peuples, que l’on désigne maintenant sous le nom d’amérindiens, d’Inuits, ou encore d’autochtones, ont eu conscience qu’ils passaient d’un continent à un autre.

On peut aussi avancer qu’il en fut de même sur la côte nord-est de l’Amérique avec les Vikings (peuples du Nord Ouest de l’Europe) qui, vers l’an 1000 de notre ère, venaient déjà pêcher, en longeant les côtes du Groenland, dans les eaux très poissonneuses de Terre Neuve.

Il faudra attendre plusieurs siècles pour que cette exploration devienne officielle. On parle souvent de Giovanni Cabote, explorateur et navigateur Napolitain (péninsule italienne) au service du roi d’Angleterre (d’où la traduction du nom en John Cabot) et l’on dit de lui qu’il serait venu dans ces eaux vers 1498. Cependant, aucune trace écrite n’ayant été trouvée à propos de ce voyage (alors que nous en avons pour les autres explorateurs), les historiens restent prudents quant à l’authenticité de ce ou de ces voyages qu’il aurait effectués dans cette région.

À l’inverse du continent Nord Américain, dont la véritable exploration se fait au 17e siècle avec les Français, le continent Sud Américain est quant à lui rapidement exploré par les Espagnols et les Portugais et ce, dès le 16e siècle.

Il faut cependant noter qu’en ce qui concerne la Floride, qui est sur le continent Nord Américain, plusieurs tentatives de colonisation par les Espagnols, mais aussi par les Français sont à signaler durant cette même période.

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LE CAP CANAVERAL, LIEU D’ÉVÈNEMENTS HISTORIQUES

De récentes découvertes prouvent que la Floride est habitée depuis des milliers d’années. En effet, dans le milieu des années 1980 lors des travaux de l’autoroute I 95, des restes d’ossements humains on été mis à jour dans la région de Titusville, près du Cap Canaveral et l’on estime qu’ils pourraient être antérieurs à 7 000 ans. Historiquement parlant, on ne trouve des documents écrits relativement à la géographie et à la présence humaine dans cette région du monde qu’à partir de 1513 avec la première exploration réalisée par l’espagnol Ponce de Léon. Région à laquelle il donne le nom de Florida en l’honneur de la fête des fleurs espagnole de Pâques (Pascua florida) qui a lieu au moment de cette exploration. Par la suite, plusieurs tentatives espagnoles de colonisation vont échouer, mais on pense que c’est lors de ces tentatives que le nom de « Cape Canaveral » est donné à cette bande de terre sablonneuse qui s’avance dans l’océan (Cape ou Cap en français) et qui est recouverte de roseaux (Canaveral signifiant roseau en espagnol).

Il faut cependant noter que les premières inscriptions de ce type n’apparaissent sur les cartes qu’en 1564.

Malgré toutes les difficultés que connaissent les Espagnols, la Floride est également convoitée par bien d’autres puissances européennes de l’époque et tout particulièrement la France et l’Angleterre. Déjà en 1524, François 1er, Roi de France, avait confié au navigateur et aventurier Giovanni da Verrazano, Florentin d’origine (péninsule italienne), d’explorer les côtes du continent Nord Américain et de la mer des Caraïbes. On dit même que Jacques Cartier était du voyage, mais aucun document écrit ne pouvant le confirmer, il faut rester prudent. C’est en 1562-65 que la plus importante tentative de colonisation française est menée. Jean Ribaud officier de marine, protestant Huguenot français, explore une partie de la Caroline et de la Floride avec son ami René Goulaine de Laudonnière en vue d’y installer une colonie.

En 1564, le fort « La Caroline » est érigé à l’entrée de la « rivière de mai » maintenant Saint Johns près de l’actuelle Jacksonville.

En fait, ce fut, historiquement parlant, la première fortification construite (avant Saint-Augustine) dans le territoire des États-Unis. Malheureusement en 1565, la presque totalité de la colonie (environ 600 colons et soldats) fut massacrée par les très catholiques Espagnols (environ 2600 soldats) qui ne pouvaient accepter ces hérétiques protestants et qui voyaient par leur présence une menace à leur souveraineté dans le Nouveau Monde.

En effet, lors de la bataille du fort « La Caroline », les navires de la flottille française, qui devaient défendre le fort, sont pris dans une tempête tropicale et drossés sur la côte où les Espagnols les attendent. C’est là que le massacre eut lieu, mais un des navires de la flottille française, le « Trinité », réussit à prendre le large et finit par s’échouer au cap Canaveral. Les marins y construisent à la hâte un petit fort (que les Anglais nommeront plus tard le « French Fort »), mais rapidement les Espagnols les retrouvent et les font prisonniers. Une vingtaine d’entre eux arrivent cependant à s’échapper et trouvent refuge parmi les membres de la tribu indienne Ais avec qui les Français avaient noué des relations amicales, ce qui n’était pas le cas pour les Espagnols.

En 1763 lors du traité de Paris, la Floride passe sous contrôle anglais, mais au moment de la guerre d’indépendance des États-Unis en 1783, c’est au large du Cap Canaveral que va avoir lieu la dernière bataille maritime de cette guerre. Le 10 mars de cette année, le vaisseau anglais HMS Sybil est mis hors de combat et trois autres chassés des lieux, lors d’un engagement avec les vaisseaux « Duc de Lausun » et « l’Alliance » de la flotte française commandée par le Comte de Grasse, allié du Général Washington et des insurgés qu’il commande.

CAP CANAVERAL OU CAP KENNEDY

Quand on parle de ce lieu mythique, la confusion peut régner quant à l’appellation qu’il faut retenir ou utiliser et il faut bien le dire, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver.

En fait de 1963 à 1973, le « Cape Canaveral » ainsi que l’ensemble des installations aérospatiales et lieux portant ce nom se sont officiellement appelés « Cape Kennedy ». En effet, après l’assassinat du président J.F. Kennedy, son successeur le Président Lyndon Johnson, sur une suggestion de la veuve du président, décide par décret de ce changement de nom pour honorer la mémoire de J.F. Kennedy.

Bien que l’idée soit reconnue comme généreuse par les Floridiens et officiellement adoptée par les institutions du pays, ces derniers ont tout fait pour garder un nom vieux de plus de 4 siècles. Finalement, ils eurent gain de cause et seul le centre aérospatial porte maintenant le nom de J.F. Kennedy.

LE CENTRE AÉROSPATIAL JOHN F. KENNEDY

Ce centre se situe pour ainsi à mi chemin entre Miami et Jacksonville, sur le bord de la côte Atlantique de l’état de la Floride et à 75 km à l’est de la ville d’Orlando. Le site de lancement proprement dit est sur le Cap Canaveral, constitué par une sorte de vaste péninsule de terre sablonneuse dont l’accès est totalement défendu au public.

Notons qu’en plus des installations du centre et du site de lancement, on retrouve sur le Cap Canaveral une base d’aviation militaire, un phare côtier du 19e siècle et la ville de Cape Canaveral.

Il faut préciser ici que le choix du Cap Canaveral comme site de lancement des fusées depuis les États-Unis est un choix scientifique. En effet, lors du lancement d’une fusée dans l’espace, il faut tirer partie de la rotation de la terre et de la force centrifuge qu’elle dégage, la plus forte que l’on puisse capter se trouvant au niveau de l’équateur. La Floride dans les États-Unis est l’état le plus proche de l’équateur. D’autres paramètres doivent également être considérés comme la nécessité de faire le lancement en direction de l’Est et si possible dans une zone peu habitée (en cas d’accident) et de préférence près d’un océan. D’où le choix de Cap Canaveral, région peu habitée et en bordure d’un océan s’étendant à l’est des côtes.

Pour la petite histoire, rappelons que le premier lancement de fusée depuis le Cap Canaveral s’est effectué le 24 juillet 1950. Le « Bumper 8 » était une fusée qui s’inspirait alors des V2 construits par les Allemands lors de la deuxième guerre mondiale. Puis le 6 février 1959, le premier tir de missile Titan, engin intercontinental spécifiquement américain, est mené avec succès.

Par la suite, tous les vols habités vers l’espace on été lancés à partir de Cap Canaveral.

sources : Vous pouvez aussi consulter sur internet les sites suivants qui ont permis de documenter le sujet traité dans cet article : www.spaceline.org - www.usatourist.com - www.huguenotsocietyofamerica.org,

Le visionnaire Jules Vernes

On peut dire que Jules Vernes, le célèbre auteur français est connu pour ses nombreux romans de science-fiction. Dans celui « De la terre à la lune », il nous explique au chapitre XI de son livre écrit en 1865, pourquoi la Floride est choisie comme site de lancement pour sa fusée.

«...Le tir devait être dirigé perpendiculairement au plan de l’horizon, c’est-à-dire vers le zénith, or, la Lune ne monte au zénith que dans les lieux situés entre 0° et 28° de latitude »… « Le vingt-huitième parallèle, à sa rencontre avec la côte américaine, traverse la péninsule de la Floride et la divise en deux parties à peu près égales. Puis, se jetant dans le golfe du Mexique, il sous-tend l’arc formé par les côtes de l’Alabama, du Mississippi et de la Louisiane. Alors, abordant le Texas, dont il coupe un angle, il se prolonge à travers le Mexique, franchit la Sonora, enjambe la vieille Californie et va se perdre dans les mers du Pacifique. Il n’y avait donc que les portions du Texas et de la Floride, situées au-dessous de ce parallèle, qui étaient dans les conditions de latitude recommandées par l’Observatoire de Cambridge »…« Finalement, après bien des discussions, la Floride est retenue et comme elle n’a qu'une seule ville d’importance, Tampa Town, c’est de cet endroit que la fusée devra partir…Les Texans, devant cet échec, prédisent à la Floride les plus grands malheurs « Faisant allusion au peu de largeur de la Floride, simple presqu’île resserrée entre deux mers, ils prétendirent qu’elle ne résisterait pas à la secousse du tir et qu’elle sauterait au premier coup de canons »… «Eh bien! Qu’elle saute!» répondirent les Floridiens avec un laconisme digne des temps antiques.

Heureusement, rien de tout cela n’est arrivé et les temps modernes ont montré que la Floride est capable de résister à bien plus qu’un coup de canon destiné à envoyer une fusée sur la lune

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Si vous voulez découvrir le « Kennedy Space Center »

On ne peut qu’encourager les touristes à faire le détour pour visiter le centre aérospatial Kennedy qui est à environ une heure trente de route de la ville d’Orlando et du Disney World et encore moins si vous êtes sur la I 95

Le centre pour les visiteurs se trouve juste à l’entrée du Cap Canaveral. On peut y visionner des films et y voir des expositions ainsi que des maquettes. Il est ouvert au public tous les jours de 9 heures jusqu’à 17 heures.

Pendant la visite guidée de la base de lancement, vous verrez les immenses ateliers où se fait l’assemblage des pièces mécaniques constituant les vaisseaux spatiaux ainsi que les plates-formes où les fusées et navettes spatiales sont installées pour la finition avant le lancement. À noter que vous pouvez également faire une visite guidée encore plus poussée des installations de la NASA quand aucun lancement n’est programmé.

Pour assister à l’un de ces lancements depuis le site officiel, vous pouvez toujours essayer d’obtenir une des rares autorisations qui sont données en nombre très limité. Ou alors faites comme des milliers de spectateurs, installez-vous sur les bords de l’autoroute à quelques kilomètres du cap.

Il faut cependant savoir que depuis le 11 septembre 2001, les mesures de sécurité on été renforcées et il n’est plus possible d’acheter un permis pour pouvoir se stationner de façon plus rapprochée.

Pour visiter le centre, il en coûte environ 30 $ pour les adultes et 20 $ pour les enfants (des augmentations sont cependant toujours du domaine du possible!). Il vous en coûtera 20 $ de plus si vous voulez faire une visite plus rapprochée du site de la NASA (NASA up close) avec un guide expert.

Si vous voulez planifier votre visite, vous pouvez consulter le site du centre, mais croyez-moi, il est, recommandé d’arriver le plus tôt possible si vous ne voulez pas être pris dans la foule. À noter que le dernier tour en bus part à 14 h 15. Ceci dit, bonne visite.