Norman Knight n’est plus!
Publication date: 25 juin 09 09:00:00
Pendant des décennies, il a charmé le Québec de sa voix forte et juste. Toujours le romantique, Norman Knight, excellait dans la ballade mais son sourire cachait un côté rocker au cœur tendre. C’est ce cœur d’ailleurs qui lui aura fait défaut le vendredi 12 juin dernier. Épuisé d’avoir trop aimé ou d’avoir trop vécu, il a flanché et abandonné sa course, entouré de sa famille.
Par Richard Huet
Âgé de 72 ans, Norman allait bientôt fêter ses 50 ans de mariage à Madeleine Daoust qu’il adorait. Outre son épouse, il laisse dans le deuil ses enfants : Johanne, Linda et Robert Mullins (véritable nom de famille de Norman) ainsi que deux petits-enfants, Michael et Nadya.
Né à Montréal, le 24 avril 1937, il fit des débuts remarqués à l’émission radiophonique du pianiste Billy Monroe sur les ondes de CKVL. Il n’avait que 13 ans. La véritable carrière professionnelle prit son envol en décembre 1955 au Café Provincial. S’en suivit la ronde des grands cabarets de l’époque. Son tout premier disque connut un succès phénoménal. En effet, « Un peu d’amour » que l’on fredonne encore aujourd’hui concrétisa sa popularité dès 1957. Parmi les 120 chansons enregistrées en français et la vingtaine en anglais, on retiendra : « Amour frivole », « Si tu reviens », « Ne raccroche pas », « Bacio d’amor », « Garden Of Eden », « Tu es numéro un au hit parade de mon cœur », « Les grilles de ma maison », « Claudette », « Memphis Tennessee » et « Maybeline », entre autres.
Norman Knight (Mullins) et Madeleine
Daoust, allaient célébrer leur 50ième anniversaire de mariage. Un couple comme
il ne s'en trouve pas beaucoup. Il est mort dans ses bras à l'Hôpital
Anna-Laberge de Châtauguay.
Crooner indémodable, il remplissait la scène de son charisme. Nous avons travaillé ensemble au Patriote de Ste-Agathe durant deux saisons, au Casino de Montréal durant 3 mois et à plusieurs autres endroits chics à travers la province. Il adorait venir chanter au CanadaFest, l’ambiance et la plage lui redonnaient un air de jeunesse. Il était adoré par le public et par tous ceux qui avaient la chance de le côtoyer ou de performer avec lui. Pourtant, il était profondément blessé d’avoir été mis au rancart par cette industrie qu’est devenu le showbusiness québécois. Il en souffrait terriblement. Son histoire est celle de beaucoup d’autres artistes de son époque mais elle n’en demeure pas moins cruelle. Je le considérais comme une idole, un ami et un grand frère. Chanteur, gérant d’artistes, animateur (radio et télévision), vendeur d’automobiles, époux, père, frère et ami, il aura excellé dans tous ses emplois. Un homme de cœur et un gentleman.
Ses funérailles organisées par son grand ami Roger Sylvain ont été célébrées le 20 juin. Entouré d’amour, d’admiration et de chansons, il a reçu ces derniers témoignages d’affection dans la sérénité de la magnifique église de St-Constant. Pour tous ceux qui l’on connu, son souvenir demeurera impérissable et précieux.
La gloire est fragile et passagère mais l’Amour est éternel!
Encore une fois, c'est Roger Sylvain qui a organisé les funérailles. On le voit ici avec André Pelletier, animateur à Radio-Boomer ainsi que André Lejeune.
Guy Harvey (des ex-Gendarmes) et Pierre Senécal ont chanté pour leur ami et confrère.
Crooners et admirateurs, Yoland Sirard et Luc Piché ont offert leurs voix exceptionnelles en cadeau à Norman.
Norman Knight entouré de Roger Sylvain, Michel Stax et moi-même lors d'une série de spectacles au Casino de Montréal.
Au Patriote de Ste-Agathe avec: moi, Pierret Beauchamp, Jenny Rock, Sylvie Jasmin, le regrette Pierre Labelle, Michel Stax, Patricia Pétrie et de Roger Sylvain.
Norman Knight aura touché le coeur de plusieurs générations. Pour lui, tout était une question d'amour, d'amitié et de respect.