Météo:

Louangé à Montréal : MARTIN VIVEMENT CRITIQUÉ EN FLORIDE

Publication date: 25 juin 09 09:00:00

Jacques Martin a été pendu haut et court sur la place publique dès qu’il a abandonné les Panthers de la Floride pour se joindre au Canadien de Montréal.

Par  Michel Lemieux

Si la presse montréalaise l’a accueilli à bras ouverts, le contraire aurait été surprenant, les chroniqueurs américains lui font un procès douloureux.

Ils sont légion à le tenir responsable des déboires de l’équipe, et surtout du peu de progrès des Panthers durant son séjour de quatre ans à Sunrise.

Kevin Allen du USA Today va même jusqu’à prétendre que le Canadien n’a pas embauché le bon gars pour redresser l’équipe.

« Frère Jacques n’est pas le bon gars pour des amateurs qui aiment de l’action, qui adorent les personnalités avec du panache et qui favorisent l’offensive, la marque de commerce du Tricolore depuis le début des temps », écrit Allen.

« Jacques n’est rien de cela. Il est le symbole de la

trappe. Avec lui comme entraineur le Canadien va perdre son identité », soutient le chroniqueur du USA Today.

Burnside sceptique

Scott Burnside, de ESPN, a été le premier à vilipender le directeur gérant sortant des Panthers. Lui également jure que Bob Gainey a raté son coup s’il croit que Jacques Martin va mettre de l’ordre dans le bordel du Centre Bell.

Burnside reproche à Martin de n’avoir rien apporté à son équipe en quatre ans. Le jugement est lapidaire et déforme un peu, pas mal la réalité.

Rappelons, comme nous l’avons fait dans un autre texte, que l’acquisition de Tomas Vokum a épargné l’équipe de misères encore plus douloureuses. Que l’échange de Jokinen pour Ballard et Boynton et l’acquisition de Brian McCabe et Cory Stillman ne sont pas rien.

Reste que durant le temps qu’il était derrière le banc, Jacques semblait incapable d’abandonner ses tendances et ses préférences pour le jeu défensif à outrance. Les moments époustouflants! Il fallait les attendre de l’équipe adverse.

Sans pitié

Wes Goldstein, de CBSSPORT, est sans pitié et accuse Jacques Martin d’avoir mené cette équipe au bord du désastre.

Il commence par dire que Jacques n’est pas responsable du fait que Mike Keenan lui a laissé une équipe délabrée, composée d’une bande de jeunes pas encore prêts pour la ligue Nationale et d’un groupe de vétérans dépassés et plus capables de suivre le rythme.

« Il est un maitre pour enseigner le jeu défensif. Demeurant religieusement un adepte de cette méthode il a rendu cette équipe tellement terne que la direction donnait les billets à la tonne pour que les gradins ne soient pas totalement dégarnis. »

Malgré cela, on peut dire que l’amphithéâtre restait constamment à moitié plein ou à moitié vide.

Le problème chez une équipe de hockey c’est que la moitié des joueurs ne peuvent pratiquer un jeu basé strictement sur la défensive et l’autre moitié sur l’attaque et l’échec avant soutenu.

Il est évident que le Canadien n’a pas suffisamment de solides marqueurs pour que Martin préconise surtout l’offensive. Il faut s’attendre à ce qu’il implante à sa nouvelle équipe ce qu’il connait le mieux : le jeu défensif.

Les journalistes attitrés à la couverture des Panthers avaient une excellente relation avec Jacques Martin mais la majorité regrettait le style éteignoir de cette équipe.

Deboer-Martin

Peter Deboer a totalement modifié les choses. Les Panthers ont offert un bien meilleur spectacle la saison dernière. L’échec avant constant et une offensive un peu plus explosive, appuyée sans relâche par des défenseurs doués pour la possession de la rondelle, apportaient davantage d’excitation.

Pour sa part Deboer appréciait vraiment la présence de Martin dans son environnement.

« Nous étions en constante communication. Jacques me secondait totalement. Nous discutions sur tout ce qui touchait l’équipe. Il me donnait son point de vue mais il me laissait toujours le pouvoir de décider ce que je croyais être le mieux. »

« J’ai appris beaucoup de choses avec lui, à ma première saison chez les professionnels. Dans mon esprit Jacques est un excellent homme de hockey», insiste l’entraineur des Panthers.

Les propos de la presse floridienne ne vont sûrement pas empêcher Jacques Martin de dormir. Il en a vu d’autres.

Si ces écrits portent à penser que le Canadien ne sera pas en meilleures mains la saison prochaine, on peut sûrement se demander si l’avenir des Panthers deviendra plus rose parce que Jacques Martin a choisi d’aller ailleurs.

Si j’étais agent, probablement que je n’enverrais aucun de mes clients à Montréal ou à Sunrise.

Il y a 30 autres équipes. À part les Red Wings de Detroit, les 29 autres cherchent toutes à s’améliorer après tout.