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LA FLORIDE ET SES COURSES DE LÉVRIERS

Publication date: 24 sept. 09 09:00:00

Chaque pays, chaque région a ses traditions et surtout ses manifestations sportives ouvertes au grand public. Ce peut être les matchs de hockey, de soccer, de tennis, de basket, ou encore les courses de voitures, de chevaux, de chiens, etc. et la Floride a tout ce qu'il faut pour satisfaire ses touristes.

ALLER AUX CHIENS « GO TO THE DOGS »

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Le lévrier, un animal fait pour la course

Les courses de chiens toutes races confondues, sont connues depuis l'Antiquité. En ce qui concerne les lévriers, ils ont d'abord été élevés pour chasser le gibier en collaboration avec les autres chiens de la meute, leur grande rapidité leur permettant de poursuivre et de rattraper n'importe quel animal. En effet, les lévriers peuvent atteindre des vitesses de plus de 60 km/h et maintenir une vitesse de plus de 45 km/h sur une distance de plus d'un kilomètre et demi, ce qui est unique pour un chien. Les hommes étant ce qu'ils sont, il ne fallut pas longtemps pour que les propriétaires de lévriers se lancent des défis afin de déterminer lequel était le plus rapide. Les courses de lévriers venaient de prendre naissance et les affaires étant ce que sont les affaires, il ne fallut pas longtemps pour que des promoteurs organisent tout cela comme un spectacle ouvert au public.

Une course typiquement floridienne

Même si le concept de la course n'a pas été une invention floridienne, la Floride en tant que telle a depuis toujours été un meneur dans le domaine des courses de lévriers. Il faut savoir qu'à l'origine dans les années 1900, les lévriers ont été introduits massivement en Amérique du Nord et tout particulièrement aux États-Unis pour chasser le lapin sauvage et mettre un frein à son développement incontrôlé dans les prairies.

Les premières courses étaient rudimentaires et ne concernaient que deux lévriers à la fois qui courraient tout simplement après un véritable lapin vivant. Il revient à un dénommé Owen Patrick Smith du Dakota du Sud d'avoir conçu les courses telles que nous les connaissons aujourd'hui. Tout d'abord sur une piste ovale, mais surtout avec l'utilisation d'un leurre représentant un lapin monté sur roues et tiré mécaniquement en avant des lévriers. Dans les débuts, le lapin était tiré par une moto. C'est dans les années 1910 que Georges Sawyer, un éleveur de lévriers, apporte les finances pour construire une piste de course, mais l'entreprise ne connait pas le succès espéré et doit déclarer faillite.

Malgré cet échec, Smith persévère dans son idée de développer ce type de courses et c'est finalement en Floride qu'il va trouver le soutient financier pour l'implanter et en faire un succès non seulement dans cet état, mais aussi dans plusieurs autres. La première piste est construite en Floride en 1922 à Humbuggus qui deviendra plus tard Hialeah, mais qui est également connue sous l'appellation de Thoroughbred racing. La clé du succès fut d'organiser à partir de 1925 les courses en soirée permettant ainsi aux parieurs de venir se détendre et de jouer après leur journée de travail. Même si Hialeah allait fermer en 1926, d'autres pistes de courses allaient voir le jour à Saint Petersburg en 1925, Miami en 1926, Sanford-Orlando et Miami Beach en 1927.

Puis en 1930, le West Flagler Kennel Club devient la Miami's second track et en 1932, Tampa ouvre également sa piste.

Toutes ces courses où les paris font rage attirent cependant bien des représentants de la pègre et du crime organisé. Rapidement, ils prennent un certain « contrôle » sur l'ensemble de l'industrie rendant le milieu non recommandable pour les honnêtes gens et il faudra plus d'un demi-siècle pour que les courses de lévriers redeviennent un lieu fréquentable en famille.

UNE INDUSTRIE REMISE EN QUESTION

Des méthodes d'élevage et de sélection très contestées

On retrouve des élevages de lévriers un peu partout aux États-Unis et les lois pour leur protection varient considérablement d'un état à l'autre. Les associations de protection des animaux mènent depuis des années une campagne pour sensibiliser le public sur l'incroyable trafic dont les lévriers sont les victimes. Les chiffres sont là pour en témoigner. Entre 1989 et 2009, c'est à dire en 20 ans, la « National Greyhound Association » a estimé que plus de 500 000 lévriers avaient vu le jour aux États-Unis, ce qui est considérable, mais que très peu sont arrivés sur les pistes de courses.

Il faut savoir que dès la naissance, une première sélection est effectuée par les éleveurs qui sont capables de déceler très rapidement les futurs champions pouvant rapporter de l'argent lors des paris. Tous les autres chiots, dont le nombre varie de 6 à 8 par portée, sont tués. Les survivants commencent un entraînement dès l'âge de six mois dans des chenils spécialisés où les éleveurs vendent leurs petits chiots. Une deuxième sélection est alors faite par les entraineurs et les jeunes lévriers les plus lents lors des courses sont tués avant que leur enregistrement obligatoire, à 18 mois, ne soit à faire.

Les lévriers ainsi sélectionnés sont alors gardés dans des petites cages très étroites où ils ne peuvent que s'allonger ou rester debout. Ils n'en sortent que 3 à 4 heures par jours pour l'entrainement. Ces chenils où s'entassent des dizaines et des dizaines de chiens sont aussi des milieux où les maladies se transmettent facilement et comme peu de soins sont donnés, car trop onéreux cela se solde généralement par la mort de l'animal. Dans ces conditions, on comprend que ces chenils ne soient pas ouverts au public.

Des animaux souvent maltraités

Ces mêmes associations de protection des animaux dénoncent également les dangers qui menacent les lévriers lors des courses. Les plus fréquents étant les coups de chaleur et les arrêts cardiaques qui tuent l'animal sur la piste. De plus, de nombreux accidents provoquent souvent des fractures ou des blessures aux pattes et comme l'idée de donner des soins appropriés est repoussée, car trop couteux, l'animal est généralement tué ou vendu au prix moyen de 500 $ à des universités ou des laboratoires pharmaceutiques pour leur permettre d'effectuer leurs expériences. La « Colorado State University School of Veterinary Medicine » est souvent citée en exemple, car à elle seule en trois ans elle a tué pas moins de 2600 lévriers lors d'expériences chirurgicales.

Des courses qui n'attirent plus des foules

Les courses de chiens, et les paris qui s'y rapportent vont atteindre leur maximum dans les années 1992, mais depuis cette date, l'industrie connaît un déclin certain qui ne cesse de s'accentuer pour ne représenter en 2009 que 0.7% des paris qui sont fait aux États-Unis. Deux facteurs sont certainement à la source de ce déclin, le premier étant la multiplication des types de loteries et de jeux où les paris sont légaux, le second étant la campagne d'information et de sensibilisation que mènent les associations de protection des animaux et qui montrent combien les lévriers sont maltraités pour donner ce genre de spectacle.

Aujourd'hui, 16 pistes de course ont cessé leurs activités et les 46 autres qui restent au travers le pays ont dû s'adapter aux nouvelles tendances du marché du jeu et compléter les courses avec de nouvelles attractions et des jeux attirant une clientèle plus jeune.

LES LÉVRIERS, COMPAGNONS DES HOMMES DEPUIS DES MILLÉNAIRES

Grace aux indices retrouvés lors des fouilles réalisées par les anthropologues du monde entier, il semblerait que certains animaux comme les chiens et les chats ont depuis toujours cohabités pacifiquement avec les hommes. En effet, sur les sites les plus anciens où l'on retrouve des restes d'ossements humains, il est fréquent de trouver également des ossements appartenant à des animaux domestiques comme les chiens et les chats.

Les lévriers compagnons des hommes

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En ce qui concerne la présence des lévriers auprès des hommes, on peut remonter à plus de 4000 ans. À l'origine des temps, le lévrier est un chien de chasse. Toutes les races actuelles que l'on retrouve un peu partout sur tous les continents sont les descendants de ce chien ayant des qualités exceptionnelles pour la course. Il s'apparente en quelque sorte au guépard qui est une espèce féline sauvage reconnue pour des qualités identiques. Les organismes internationaux s'entendent pour dire qu'il existe actuellement dans le monde dix-huit races de lévriers (levrette pour les femelles). L'appellation « Greyhound » utilisée en anglais pour parler des lévriers en général est en fait inexacte, car elle ne concerne qu'une seule de ces dix-huit races que nous vous présentons dans le petit tableau ci-joint.

Les traces les plus anciennes et les mieux conservées représentant des lévriers d'apparence physique à ceux que nous connaissons aujourd'hui se retrouvent en Perse, dans la Rome et la Grèce Antique, mais surtout au Moyen Orient et principalement dans l'Égypte ancienne à l'époque des Pharaons qui, il y a plusieurs millénaires, n'hésitaient pas à orner les murs de leur tombe de représentations de cet animal vécu comme un ami. Le lévrier était alors considéré comme l'animal de compagnie par excellence et un chien de première qualité pour la chasse.

Quand la religion musulmane devint la religion du Moyen Orient, le lévrier connu sous le nom de « Sloughy » ne fut pas considéré comme un chien qui dans cette religion est considéré comme un animal impur, mais comme un « être » qui en importance venait tout de suite après la naissance d'un fils. De nos jours encore, il garde un rang à part et il est certainement le seul animal qui, chez les Arabes, partage autant d'intimité avec son maître comme par exemple dormir avec lui, partager son espace de vie, etc.

Un animal de compagnie demandant beaucoup d'attention

En Europe, on note sa présence dès le début du 11e siècle, il est le chien que l'on retrouve le plus dans les cours de Russie, de France, d'Angleterre, d'Autriche, d'Espagne, du Portugal et dans les familles nobles du continent. Dans certains pays, seuls les nobles avaient le droit d'en posséder. En fait, s'il est reconnu comme étant un excellent chien de compagnie et qu'il est très attaché à son maître au point d'être, suivant une expression qui lui est consacrée, « distant » envers les étrangers, c'est un animal qui demande beaucoup d'attention. Selon l'association « Lévriers en détresse », les lévriers supportent mal de rester seuls et les longues absences ne doivent pas dépasser plus de six heures.

Pour garder une bonne santé, ils doivent courir au moins 45 minutes par jour et, une fois par semaine, faire des exercices de courses ressemblant à des poursuites de chasse, car il ne faut pas oublier que cet animal est avant tout un chasseur et il doit dépenser son énergie. D'autre part, n'ayant pas de graisse sous le poil, les lévriers sont très sensibles aux variations de température, aussi bien au chaud qu'au froid et les lévriers au poil ras sont très sensibles aux maladies respiratoires.

Sources : Vous pouvez également consulter ces sites sur internet. Ils ont permis de documenter cet article : www.gra-america.org/ - www.ladoption.com - http://goflorida.about.com - www.grey2kusaedu.org

LES RACES DE LÉVRIERS DANS LE MONDE EN 2009;

De nos jours, les lévriers se répartissent dans 18 races différentes originaires de pays différents et subdivisées dans les groupes 10 et 5 définis par la « Société centrale canine ». Par pays et par groupe nous avons :

Afrique et Asie

· Le lévrier afghan, originaire d'Afghanistan, il est considéré comme le plus excentrique des lévriers, certainement à cause de ses longs poils (Groupe 10)

· Le Saluki, (ou Salouki), ou lévrier persan, originaire du Moyen-Orient (Groupe 10)

· Le Sloughi, lévrier arabe, ou encore lévrier du désert dont on retrouve des traces depuis l'Égypte des Pharaons (Groupe 10)

· Le petit lévrier italien ou levrette d'Italie, originaire à la fois d'Égypte et d'Italie (Groupe 10)

· L'Azawakh, originaire du Mali (Groupe 10)

Europe / Amérique

· Le Barzoï, originaire de Russie est considéré par les amateurs comme étant le plus racé des lévriers (Groupe 10)

· Le Chart polski ou lévrier polonais, originaire de Pologne (Groupe 10)

· Le Magyar agar, lévrier hongrois, originaire de Hongrie (Groupe 10)

· Le Galgo, originaire d'Espagne (Groupe 10)

· Le Podenco ibicenco, originaire de l'ile d'Ibiza, Espagne (Groupe 5)

· Le Podenco canario, originaire des iles Canaries, Espagne (Groupe 5)

· Le Podengo portugues, ou lévrier portugais, originaire du Portugal (Groupe 5)

· Le petit lévrier italien ou levrette d'Italie, originaire à la fois d'Italie et d'Égypte (Groupe 10)

· Le Cirneco de l'Etna, originaire de Sicile, Italie (Groupe 5)

· Le lévrier de Pharaon, originaire de l'ile de Malte (Groupe 5)

· Le Greyhound, ou lévrier anglais, originaire d'Angleterre, Grande Bretagne est généralement utilisé dans les courses de chiens, car il est le plus rapide des lévriers (Groupe 10)

· Le Wippet, originaire d'Angleterre, Grande Bretagne (Groupe 10)

· Le Scottish Deerhound ou lévrier d'Écosse, originaire d'Écosse, Grande Bretagne (Groupe 10)

· Le Irish wolfhound, ou lévrier d'Irlande, originaire d'Irlande, reconnu comme étant le plus grand en taille (Groupe 10)

Cas particulier de la France

Jusqu'à la fin du XXe siècle, on trouvait en Provence une race de lévrier, le « Charnigue ». Sa disparition est certainement reliée à deux éléments ; le premier étant la loi de 1844 qui a interdit son usage pour la chasse et secondairement par le fait que les français sont relativement peu attirés par les courses de chiens courant après un leurre et que depuis très longtemps la Société Protectrice des Animaux a su informer le public des maltraitances possibles qui menacent les lévriers élevés pour les courses.

PRINCIPAUX CHAMPS DE COURSE DE CHIENS EN FLORIDE

Côte Est (région de Miami)

Flagler Greyhound Track, Miami

Hollywood Greyhound Track, Hollywood

Palm Beach Kennel Club, West Palm Beach

Côte Est (autres villes)

Jacksonville Kennel Club, Jacksonville

The Best Bet at Saint Johns Greyhound Park, Jacksonville

Daytona Beach Kennel Club, Daytona Beach

Cote Ouest et Centre

Tampa Greyhound Track, Tampa

Derby Lane, Saint Petersburg

Naples/ Fort Myers Greyhound Track, Bonita Springs

Ebro Greyhound Park, Ebro (Florida Panhandle)

Jefferson County Kennel Club, Monticello

Melbourne Greyhound Park, Melbourne

Orange Park Kennel Club, Orange Park

Sanford-Orlando Kennel Club, Casselberry