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LES ENFANTS DES FAMILLES MONOPARENTALES

Publication date: 21 janv. 10 09:00:00

Il est fréquent en 2010 de rencontrer des familles que l'on qualifie de monoparentales, exprimant ainsi le fait qu'il n'y a qu'un parent pour s'occuper quotidiennement d'un ou de plusieurs enfants.

Gérard CHARPENTIER Ph. D.

Psychanalyste et auteur

www.gerardcharpentie.com

À part le faible pourcentage où un des deux parents n'existe pas physiquement, comme par exemple dans le cas des femmes célibataires qui envisagent une grossesse avec une élimination volontaire du géniteur ou lors d'une insémination artificielle, on peut dire que ces familles monoparentales sont généralement le résultat de l'éclatement du couple. Les enfants sont alors confiés à l'un des parents mais les responsabilités sociales incombent toujours aux deux. La question dans ces quelques lignes est de savoir si cette situation monoparentale va avoir des conséquences sur le développement de l'enfant. Notons ici que la mort d'un des deux parents pose une autre problématique.

En règle générale dans les sociétés dites occidentales, l'éducation des enfants est basée sur un système relationnel père-mère-enfant. Le fait d'une éducation monoparentale avec l'absence du père ou de la mère suivant le cas (ce qui est moins fréquent), va dans la majorité des cas poser un problème dans la petite enfance au moment de la résolution du complexe d'Oedipe et lors de la phase d'identification à l'adulte au moment de l'adolescence.

Le parent unique ne peut pas jouer les deux rôles, aussi doué soit-il. Il lui faudrait trouver un complément parental de sexe opposé ce qui risque de poser des difficultés d'acceptation de la part de l'enfant. Dans le cas d'une mère qui a éliminé le père dès le début et qui élève son enfant seule, il est fort probable que l'enfant percevra très vite le fait que la mère a rejeté « l'autre » parent, ce qui risque de se traduire à l'âge adulte par des difficultés majeures dans la vie de couple et de famille.

Notons également que les études actuelles sur la vie du fœtus, qui ne sont pas encore très avancées, nous permettent de penser que le fœtus perçoit très certainement cette absence et l'enregistre, ce qui pourrait le prédisposer à un déséquilibre psychoaffectif dès le moment de la naissance ou très rapidement après celle-ci.

Avoir des enfants est une des plus belles choses que la vie permet de vivre, mais il bien certain qu'il ne faut pas oublier que cela engage les parents, car l'enfant qui vient au monde est dépendant de ceux-ci principalement dans les premières années de son existence. Pour qu'il ait un bon développement, il faut respecter certaines conditions qui dans le cas d'une famille monoparentale peuvent difficilement être respectées.

Sur ce, que vous soyez ici en Floride ou au Québec, je vous dis à la semaine prochaine en vous espérant heureux et en santé!