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Ex-vedette du Canadien, il a retrouvé sa compagne après 60 ans de séparation

Publication date: 4 févr. 10 09:00:00

LA VIE EST BELLE EN FLORIDE POUR GERRY PLAMONDON

Quatre-vingt-cinq ans bien sonnés. Planté comme un véritable chêne. Des mains de fermier. Solide comme le roc. Vraiment impressionnant. Et malgré son âge il aime mesurer sa force avec quelques petites mises en échec parce que là-dedans il s’y connaît.

Par Michel Lemieux

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Cet homme plein de vie et encore en possession de tous ses moyens est l’ancien joueur du Canadien de Montréal, Gerry Plamondon, qui a connu les grands exploits des glorieux en compagnie des Maurice Richard, Butch Bouchard, Elmer Lach, Toe Blake.

Gerry Plamondon vit en ce moment l’un de ses plus beaux moments de sa vie.

Qui n’a pas une merveilleuse histoire à raconter sur son passé. Tristement les gens s’attardent trop souvent sur leurs petits malheurs. Ce n’est pas le cas de Gerry Plamondon, 85 ans et de sa compagne Marthe Lafontaine, 84, ans, qui se sont retrouvés après 60 ans de séparation.

Tous deux, dans leurs rires perpétuels, répètent que la vie est belle. Et à les voir se tenir par la main, on ne peut les contrarier.

Un vrai roman

Il faudrait bien commencer par le commencement pour que vous saisissiez la beauté de cette retrouvaille. Tout cela a commencé lorsque Gerry a 18, alors qu’il portait les couleurs du Canadien Junior de Montréal, et qu’il rencontre une belle jeune fille de 16 ans. Leur cœur battait mutuellement. Ils étaient heureux dans leur innocence. L’amour des adolescents, celui que l’on n’oublie peut-être jamais finalement. Ou que l’on veut se souvenir toute une vie.

Puis carrière oblige. Gerry a été promu à Cincinnati pour poursuivre sa carrière. La liaison à distance respirait la fidélité. Jusqu’au jour où Marthe logea un appel à son beau Gerry. Quelle ne fut pas sa tristesse en entendant une voix féminine décrocher l’appareil. C’en était trop. Sans la moindre explication, elle fit savoir à son amoureux qu’elle ne pouvait accepter un tel affront.

« Je lui ai donné son quatre pour cent sans hésitation », lance Marthe aujourd’hui dans un grand éclat de rire.

Gerry riposte sans attendre : «Ce qu’elle ne savait pas c’est que le propriétaire de l’équipe était également le propriétaire des Ices Capades. Lorsqu’elle a téléphoné à l’aréna, c’est l’une de ses jeunes patineuses qui a décroché l’appareil ».

Les années ont passé sans que jamais Marthe et Gerry ne se revoient. Tous les deux se sont mariés. Gerry a joué six ans avec le Canadien, Marthe a fait sa vie avec un employé de Bell Canada, ce qui l’a amené cinq ans en Arabie Saoudite où comme artiste peintre, elle a vendu plein de ses œuvres.

Gerry, lui, participait en 1949 à la conquête de la coupe Stanley. Dans un match de demi-finale contre les Wings de Détroit, il marquait trois buts et obtenait une passe. Comme cela est arrivé un jour au Rocket Richard, il a reçu les trois étoiles du match. « Ce soir-là on m’a remis une cuillère gravée. Puis lorsque nous avons remporté la coupe Stanley, il n’y avait pas de bague. On nous a remis un cendrier. Pourtant la plupart des joueurs ne fumaient pas », dit-il en riant.

«Heureusement, il y a quelques années, la direction de l’équipe a remis une bague de la coupe Stanley aux joueurs encore vivants qui avaient participé à ce triomphe», dit-il.

Gerry Plamondon blague en comparant les époques.

Il rappelle que dans son temps les joueurs gagnaient 100 dollars par match. « Aujourd’hui Kovalev récolte plus de 60 000 dollars par partie et d’autres joueurs empochent 100 000 par soirée. Mais dans notre temps un billet coûtait 2,50 $ », dit il amusé.

Après sa carrière de joueur, il devait devenir entraîneur du Canadien. Toe Blake lui a été préféré en raison de son expérience derrière le banc de l’équipe de Valleyfield.

Gerry a plutôt dirigé dans le hockey professionnel et senior dont les Saguenéens de Chicoutimi, pour ensuite devenir antiquaire et collectionneur d’armes à Sherbrooke.

Son bonheur

Mais revenons à nos amoureux, à leurs retrouvailles surtout, une histoire romantique.

Parce que ses plus beaux moments Gerry les vit depuis trois ans.

En 2005, Marthe se retrouve au restaurant l’Etoile à Magog. En jasant avec la serveuse, elle lui confie avoir été, il y a bien des années, la petite amie d’un joueur du Canadien vivant maintenant à Sherbrooke. Curieuse, la jeune fille lui demande le nom de cet homme. « Gerry Plamondon » rétorque Marthe.

« Il est le grand ami de mon père je vais vous donner son numéro de téléphone », insiste la jeune fille.

Marthe ose. Elle appelle son copain, de qui elle n’a plus eu la moindre nouvelle depuis presque 60 ans. « Mon épouse est très malade Marthe, je suis heureux de recevoir de tes nouvelles mais pour le moment je n’y peux rien », lui répond Gerry.

Autre interruption. Cette fois ce sera moins long. Un peu plus tard, après le décès de son épouse, Gerry se rend à Way’s Mills un petit hameau, calme et retiré, pas très loin de Coaticook. Il vient rendre visite à son cousin à la suite d’un violent incendie, qui a détruit la principale usine de l’endroit, la Cabico.

Gerry sait que Marthe habite l’endroit et cette fois c’est lui qui va cogner à sa porte. Depuis ils ne se sont plus quittés. Depuis ils se tiennent par la main. Depuis ils voyagent ensemble. Depuis cinq ans ils se fréquentent. « Nous sommes en Floride et nous venons de faire notre cinquième croisière en deux ans. Et nous nous proposons bien d’en refaire d’autres. »

« La vie est tellement belle. Il faut seulement savoir l’apprécier », lance Marthe dans un grand éclat de rire, devant Gerry plein d’admiration pour sa compagne.

À les voir, on réalise que la vie peut effectivement être magnifique encore à 83 et 85 ans. Gerry bricole toujours. Marthe montre fièrement les travaux dans la cuisine de son condo. Puis Gerry insiste sur la beauté des peintures réalisées par sa compagne. « La bonne humeur et le rire : voilà nos sources de jeunesse » insiste Marthe.

Tous deux respirent le plaisir et la joie.

Marthe et Gerry quelle belle retrouvaille, quelle belle histoire et surtout quel beau couple, tous deux en possession de leurs moyens, plein de vigueur et de joie de vivre.

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Gerry et Marthe : la vie est tellement belle en Floride.