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Vers un dollar canadien au pair avec le dollar américain ?: LES QUÉBÉCOIS FONT VIVRE LES COMMERÇANTS

Publication date: 4 févr. 10 09:00:00

L’économie écorche toujours les Américains et il est évident que le retour à la sérénité financière sera long et douloureux.

Par  Michel Lemieux

Le taux de chômage reste en haut de 10 pour cent. Les astres ne s’alignent malheureusement pas pour donner l’espoir d’un redressement à court terme. Les derniers signes peuvent même créer une certaine angoisse. Les économistes sont particulièrement timides quand vient le temps de prophétiser des jours meilleurs à court terme. Tous invitent à la prudence.

Pépins en plus

Comme si tout ce carnage dans les milieux financiers n’avait pas été suffisamment dévastateur, voilà que la météo s’est mise de la partie. Les froids inhabituels ont provoqué une très forte demande de pétrole pendant que le dollar américain était tiré vers les bas. Comme les pays producteurs sont payés en dollars US, dont la valeur diminue sur les marchés mondiaux, les magnats de l’or noir haussent le prix pour compenser cette dévaluation. En même temps, les consommateurs de la planète entière écopent et voient les prix à la pompe grimper sans scrupules.

La chute du dollar américain n’a pas beaucoup de conséquences sur le pouvoir d’achat quotidien de monsieur et madame tout-le-monde ici. La baisse sur le marché mondial ne vient pas affecter la consommation interne. C’est sur le marché international que se réflète toutefois les désavantages pour les États-Unis d’une devise qui cède du terrain aux monnaies internationales.

Comme il y a toujours deux revers à la médaille, les gains des monnaies étrangères favorisent au moins le secteur du tourisme, l’un des moteurs de l’économie de la Floride.

En ce moment, le huard gruge lentement mais sûrement l’avance que possédait sur lui le dollar US. Le 11 janvier, le dollar canadien touchait un sommet depuis le 15 octobre s’approchant à 2,46 cents du dollar américain. Depuis il oscille aux alentours des 96 et 97 cents.

Les experts sont unanimes à dire que le huard va dans les prochains mois, non seulement atteindre la parité avec le dollar américain mais qu’il le dépassera fort probablement.

En mars 2009, le dollar canadien était sous les 78 cents par rapport au dollar américain. Il a donc fait une remontée plus que spectaculaire de 15,8 pour cent.

La Floride ne perd donc pas vraiment au change dans la présente situation étant l’état qui accueille le plus de tourisme au cours de l’hiver. Ces étrangers, qui choisissent de profiter du climat d’ici, deviennent une clientèle extrêmement importante pour les commerces. Ils se sentent plus à l’aise de dépenser. Une partie de l’économie de la Floride se refait une santé grâce à la présence passagère des visiteurs. En ce moment, le marché de l’immobilier bouge d’avantage parce que plusieurs voient l’occasion d’avoir enfin un pied à terre ici. Les prix sont à leur plus bas depuis des décennies et les possibilités ne se comptent plus. Puis les magasins, les restaurants, les hôtels, les stations d’essence, les marchés d’alimentation et les terrains de golf voient ces Snowbirds comme une véritable manne. Sûrement que tous ces commerçants voudraient bien que le froid et la neige s’abattent sur le pays voisin jusqu’en juin.

Un vendeur de CD dans les marchés publics de la Floride reconnait que les Québécois forment une importante part de sa clientèle. Il estime faire 40% de son chiffre d’affaire avec eux.

Au marché aux puces sur le boulevard Sunrise, un vendeur de montres affirme pour sa part que cette saison ce sont les Québécois qui font vivre les propriétaires de kiosques à cet endroit.

« Dans cette partie du site on entend surtout parler français. Comme si le Québec avait envahi la place. Tous les jours c’est comme cela. Il est bien difficile d’évaluer exactement en chiffres la partie de notre clientèle que forment les Québécois mais bien des journées, je dirais qu’ils sont en majorité. »

Dans un restaurant sur la A1A entre Las Olas et Sunrise, Arthuro qui gère un restaurant se fait un plaisir de présenter des Québécois à d’autres Québécois qui sont sur sa terrasse. Et il répète régulièrement cette gentillesse parce qu’aux tables, la langue française est monnaie courante.

Les commerçants, qui font affaire dans le domaine du tourisme, ne sont pas pressés de voir avril arriver sachant très bien que les Canadiens et les Québécois vont déserter la Floride. Ils souhaitent sûrement que le dollar canadien soit très tenace et prenne le dessus sur le dollar américain d’ici novembre 2010.

Tout indique que ce sera le cas. L’invasion de la Floride la saison prochaine pourrait peut-être atteindre des sommets. En autant que la longue et inhabituelle période de froid de janvier cette année devienne un souvenir oublié.