LA CLASSE DES GRANDS JOUEURS DE HOCKEY
Publication date: 4 févr. 10 09:01:00
*Crosby fait partie des GRANDS comme Béliveau, Hull, Gretzky et cie
Sidney Crosby est considéré par plusieurs comme le meilleur joueur de la ligue Nationale en ce moment. D’autres lui préfèrent Alexander Ovechkin.
Par Michel Lemieux
Ce genre de débat existe depuis que tous les sports confrontent de grands athlètes. De tous les temps, les comparaisons ont soulevé les passions. Au hockey, il y a eu l’époque de Gordie Howe et Maurice Richard, celle de Wayne Gretzky et Mario Lemieux. On pourrait en rajouter.
On ne va pas trancher la question à savoir qui de Crosby ou Ovechkin est le meilleur. On ne fait jamais l’unanimité dans ce genre de débat.
Ce que je préfère de Sydney Crosby toutefois c’est son charisme, sa disponibilité, sa simplicité et la responsabilité qu’il se donne d’être un véritable ambassadeur de la Ligue Nationale. Lorsque je l’observe, il me rappelle particulièrement deux grands joueurs de l’époque où l’appartenance à une équipe signifiait vraiment quelque chose et où la relation avec la presse et les amateurs prenait un véritable sens.
Je pense à Bobby Hull et Gordie Howe. Probablement que si dans ma carrière de journaliste j’avais eu le privilège de couvrir le Canadien de Montréal, il me faudrait ajouter, sans la moindre hésitation, les noms de Jean Béliveau et Guy Lafleur.
J’ai eu le grand plaisir de rencontrer à quelques occasions Jean Béliveau, en dehors de sa carrière, et je ne pourrai jamais trouver les mots justes pour décrire la simplicité et l’amabilité de ce grand homme.
Quant à Guy Lafleur, il n’y a rien à rajouter. Il a fait vibrer tous les amateurs qui l’ont vu sur une paire de patins. Des Remparts de Québec jusqu’à son dernier match avec les Nordiques de Québec, il a été le Dieu du stade. Je n’ai rien manqué de tous ses exploits du junior à son dernier coup de patin à Québec.
Guy était de la classe de tous ces grands. Encore aujourd’hui il reste un homme attachant sans la moindre prétention. Je regretterai toujours le voyage de pêche raté que nous devions faire dans le Nord du Québec, qu’il a dû décliner à la dernière minute.
Ce que tous ces monuments du hockey avaient en commun, ils ne fuyaient jamais la presse et encore moins les amateurs qui les adulaient.
Sidney le gentleman
Lors de la dernière visite des Penguins, au BankAtlantic Center, Sidney Crosby, malgré un cuisant revers de 6-2 aux mains des Panthers, a encore une fois montré combien il est respectueux de la presse et des amateurs. Et comment il est un vrai leader et un vrai capitaine.
Son équipe connaissait un creux depuis quelques matches. Il aurait pu, comme plusieurs le font régulièrement, prendre la fuite, se réfugier à l’infirmerie ou dans une chambre interdite aux journalistes. Il est plutôt resté de très longues minutes à répondre aux nombreuses et interminables questions des journalistes. Et ses réponses ne sont jamais réduites à leur plus simple expression.
Il ne fait pas de détour et exprime vraiment ce qu’il pense.
Généralement, il est toujours l’un des derniers à quitter la douche et la chambre des joueurs. Il est disponible. Il n’hésite pas à signer les autographes que lui demandent ses supporteurs.
Et si parmi la meute de journaliste vous êtes de ceux qu’il connait personnellement, il viendra vous saluer avant de partir. Il prendra même le temps de vous dire quelques mots en français.
À cet égard, il ressemble beaucoup à Bobby Hull. Sauf que Bobby faisait parfois jurer ses coéquipiers en signant des autographes pendant une demi-heure alors que l’équipe l’attendait dans l’autobus.
Les choses ont changé. Malheureusement, puisqu’aujourd’hui les joueurs ne sont plus vraiment accessibles. Après un match, seuls quelques privilégiés peuvent franchir les portes menant près des vestiaires. Ici au BankAtlantic Center, les joueurs des Panthers ne sont jamais en contact avec les amateurs après un match. Lorsqu’ils quittent le vestiaire de l’équipe, ils se dirigent à leur voiture dans un garage souterrain et filent à l’indienne. Ni vu, ni connu. Drôle de façon de vendre le hockey.
Faut croire que les temps ont vraiment changé. Et ce n’est pas pour le mieux.