En pleine culbute : Les Panthers se font hara-kiri
Publication date: 18 févr. 10 09:00:00
Les joueurs des Panthers de la Floride devaient sûrement être heureux de voir arriver le long congé imposé par la tenue des Jeux Olympiques.
Par Michel Lemieux
Ils sont assurés de deux choses : ils ne subiront pas de défaite et ils ne reculeront pas au classement.
Le revers de 3 à 2 en tirs de barrage, samedi dernier, aux mains des Bruins de Boston, était leur sixième en sept parties.
L’offensive ne répond plus. C’est la désolation. Elle n’a fourni que neuf buts lors des sept dernières rencontres pendant que l’adversaire en marquait 23. Sans le brio et le courage du gardien Tomas Vokoum, les Panthers auraient subi des humiliations encore plus cruelles.
L’équipe de Peter DeBoer était au plus fort de la course pour une place dans les séries au début de février. Aujourd’hui, elle se retrouve 13ème avec 58 points à six points de la huitième place.
Comment expliquer cet effondrement?
D’abord la lutte pour une place dans les séries de fin de saison est de plus en plus féroce entre plusieurs équipes. On sent déjà l’enjeu dans chacun des matches. Tous les joueurs deviennent davantage conscients que chaque point perdu peut faire la différence à la fin de la saison. Il n’y a donc plus de place pour les demi-mesures.
Les Panthers manquent de marqueurs naturels au point que la perte de Nathan Horton devient une catastrophe.
Piètre attaque à cinq
Si l’offensive des Panthers est totalement déficiente, leur attaque à cinq est presqu’inexistante. Lorsque Steve Weiss a déjoué Tuukka Rask, avec le plus beau jeu individuel exécuté par un joueur des Panthers depuis quelques années, les Panthers obtenaient leur 4ème but seulement en 50 avantages numériques. Inutile d’ajouter que ce jeu de puissance est le pire de la Ligue Nationale.
Ils sont nombreux à d’interroger sur cette incroyable lacune. La réponse n’est aucunement compliquée.
Elle s’appelle Jay Bouwmeester. La perte de ce pilier au point d’appui a laissé un tel vide que tout est déréglé.
Bouwmeester préparait cette attaque à partir de son territoire, il prenait presque toujours la bonne décision quand il remettait la rondelle à un coéquipier, et il passait en moyenne une minute 45 sur la patinoire dans ces circonstances à cinq. Aussi il avait un flair peu commun pour s’amener dans l’enclave au bon moment.
Avec ce défenseur de premier plan, l’un des meilleurs patineurs de la ligue, les Panthers possédaient l’un des quarts-arrières les plus efficaces dans ces situations. Un dépisteur de la Ligue Nationale nous confiait « Il ne faut pas chercher longtemps pour comprendre ce qui ne va plus. On ne remplace pas un joueur de la qualité de Jay Bouwmeester par n’importe lequel de ces joueurs », disait-il.
Au cours de leurs sept dernières rencontres, une victoire et six défaites, les Panthers ont été blanchis deux fois, ils ont été limités à un seul but en deux occasions et trois fois ils ont réussi deux buts.
Dans aucun de ses sept matches ils ont été capables de marquer trois fois.
Pourtant Tomas Vokoum, le meilleur joueur de cette équipe cette année, a accordé 23 buts dans ces sept matches. Heureusement qu’il a multiplié les acrobaties sinon les résultats auraient été encore plus cinglants.
Le directeur gérant Randy Sexton a du boulot devant lui.
Les Panthers ont besoin d’un vrai marqueur. Il y a urgence. Malheureusement ce ne sera pas cette année qu’ils pourront remédier à cette situation. Le problème : de quelle façon l’obtenir?
Pour recevoir un bon joueur, il faut en sacrifier un aussi bon. L’autre question…il coûte combien?
C’est à Randy Sexton qu’on a confié cette mission.
« Je n’effectuerai pas de gros échanges d’ici la fin de la saison. Si je dois frapper un grand coup ce sera au cours de l’été. Je ferai toutefois quelques petites transactions lorsque nous en auront le droit du 1er au 3 mars. Je ne vais pas céder aucun choix de repêchage. Je veux plutôt en obtenir », précise le directeur gérant des Panthers.
Sexton entend garnir sa banque de choix pour le prochain encan des joueurs en juin. Il admet qu’il pourrait s’en servir par la suite pour mettre la main sur les éléments qu’il juge absolument nécessaires au redressement de cette équipe, qui ratera les séries de fin de saison pour une neuvième année d’affilée. Catastrophe.