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L’arbitre à l’origine de la suspension de Maurice Richard…il y a déjà 55 ans : EN FLORIDE, FRANK UDVARI N’A QUE DE BONS SOUVENIRS DE L’ÉPOQUE DU ROCKET

Publication date: 4 mars 10 09:01:00

« Nous étions contents de nous revoir » Il est plutôt rare que l’on parle avec un arbitre. Généralement on parle contre eux.

Par  Michel Lemieux

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Frank Udvari, l’arbitre qui a été à l’origine de l’émeute de Maurice Richard, vit très bien en Floride à l’âge de 86 ans.

Je rencontre régulièrement un ancien officiel de la ligue Nationale de hockey sur la passerelle de presse au Bank Atlantic Center. Il a été l’un de ceux qui ont atteint les plus hauts niveaux d’excellence chez tous ces hommes au gilet rayé ayant choisi comme carrière cette très ingrate et difficile tâche.

Effectivement Frank Udvari a été parmi les meilleurs. Et c’est lui qui, dans un certain sens, a été à l’origine de la pire émeute de l’histoire de la ligue Nationale de hockey.

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Le Rocket, Maurice Richard, plusieurs années après sa fameuse suspension, alors qu’il revenait d’Europe en compagnie de notre rédacteur en chef Robert Leblond alors avec l’équipe des Médias.

Cet historique événement déclenché en raison de l’inoubliable suspension de Maurice Richard est survenu au Forum de Montréal.

Tout a commencé le 13 mars 1955, à Boston, lors d’un affrontement entre les Bruins et le Canadien.

Frank Udvari se souvient, comme si cela s’était passé hier soir, de ce match où le Rocket avait rabattu son bâton sur la tête de Al Laycoe des Bruins de Boston. Cela fera quand même 55 ans de cet incident qui a marqué un peuple.

« Je n’ai jamais douté un seul instant de la pertinence de ma décision. Le Rocket ne m’en a jamais fait allusion », dit-il.

Frank Udvari raconte avec détail cet incident en parlant toujours du Rocket.

« Le Rocket a tenté de contourner Laycoe qui, en voulant soulever son bâton, l’a atteint au front. Même si le sang lui coulait dans la figure, il a poursuivi sa montée au filet et a touché le poteau du but de Sugar Henry. »

« Il n’a jamais arrêté de patiner. Il a fait le tour du but et en revenant, il a descendu son bâton sur la tête du défenseur des Bruins. Les joueurs ne portaient pas de casque dans ce temps. Ce n’était pas très beau à voir. Un coup injustifiable et inacceptable. Je n’avais aucunement le choix d’appliquer le règlement. Je l’ai chassé du match. »

« J’ai également expulsé Laycoe puisqu’il avait atteint le Rocket avec son bâton et qu’il y avait aussi du sang. »

L’émeute

On connait la suite. Le président Clarence Campbell a alors décidé, quatre jours plus tard, de suspendre Maurice Richard pour le reste de la saison, séries éliminatoires comprises.

La colère des Montréalais a atteint son paroxysme et la ville a été le théâtre d’un grabuge interminable et dévastateur. Maurice Richard était le Dieu du stade et l’idole du peuple francophone du Québec.

L’hystérie collective était alors devenue incontrôlable. D’autant plus que le Rocket pouvait remporter le championnat des compteurs, exploit qu’il ne réussira jamais de sa carrière.

On connait la suite qui aura marqué l’histoire du Québec.

« Je n’ai jamais commenté la décision du président à savoir si sa sentence était trop sévère ou non. J’ai fait mon travail et je lui ai laissé faire le sien. J’ai porté un jugement sur le geste. La suite ne relevait pas de mon sort », ajoute-t-il.

« J’ai revu Maurice Richard, lors d’un événement de la ligue Nationale. Nous étions contents de nous revoir. C’était quelque temps avant que les médecins détectent sa maladie », raconte Frank Udvari.

Le Rocket et Orr

L’ex-arbitre parle de Maurice Richard comme le meilleur joueur de l’histoire de la ligne bleue au filet.

« Il n’aura jamais son pareil. Il voulait tellement faire gagner son équipe qu’il était prêt à tout. Personne ne le faisait reculer. »

Alors qui a été le meilleur joueur que vous avez vu?

« C’est une réponse difficile à donner. Il y en a eu tellement. »

Modifions la question. Si vous aviez une équipe à former, quel joueur serait votre premier choix?

Sans hésiter il pointe du doigt un homme à l’allure encore bien jeune, toujours assis en retrait, complètement à l’extrémité de la galerie de la presse.

Je n’ai aucunement besoin de me retourner. Il occupe toujours la même place. C’est Bobby Orr.

L’unique Bobby Orr.

Frank Udvari a eu 86 ans le 2 janvier dernier. Il est né en Yougoslavie. Il est en excellente forme. Il demeure à environ 45 minutes du BankAtlantic Center. Il vient régulièrement aux matches des Panthers. L’été, il retourne vivre à Kitchener.

Il en aurait des dizaines et des dizaines d’histoires à raconter, bien sûr aussi savoureuses les unes que les autres. Nous lui demanderons sûrement d’épiloguer sur quelques uns de ses autres bons souvenirs.

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Frank Udvari assiste régulièrement aux matches des Panthers en compagnie de Terry Gregson, superviseur des arbitres de la LNH.