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La fin d’une époque : FINI LE TEMPS DES CAMPS D’ENTRAÎNEMENT DU BASEBALL DANS LE SUD DE LA FLORIDE

Publication date: 11 mars 10 09:00:00

La fameuse terrasse O’Keefe qui nous attendait à chaque printemps au camp d’entraînement des Expos de Montréal. Que de beaux souvenirs. 

Par Robert Leblond

Quand arrivait le mois de mars, c’était la ruée des journalistes, des amateurs, vers Vero Beach, West Palm Beach et d’autres superbes endroits dans le sud de la Floride pour se replonger dans le baseball. Les Expos, les Dodgers, Tommy Lasorda, Jean-Pierre Roy, Claude Raymond…Jean-Paul Sarault, André Rousseau, Serge Touchette, Jacques Doucet et combien d’autres.

Durant 5 ou 6 semaines, on trépignait à voir de près nos Expos évoluer dans la ligue des Pamplemousses…en sirotant une bonne O’Keefe bien entendu.

Non seulement les Expos sont partis, la terrasse O’Keefe aussi, mais pour la première fois depuis la fin des années 1950, il n’y a AUCUN camp d’entrainement du baseball majeur dans le sud de la Floride.

Les Rangers du Texas ont été les premiers à lever les pattes, les Yankees de New York ont suivi et, quand les Orioles de Baltimore ont dit adieu à leur site d’entraînement floridien, l’exode fut complété.

Pour la première fois en cinq décennies, il n’y aura aucun camp d’entraînement au baseball majeur dans les comtés de Broward et de Miami-Dade.

« C’est vraiment désolant », a commenté l’ancien Expo Warren Cromartie qui a commencé ses camps d’entraînement dans les années 1960 au stade Bobby Madura de Miami. « C’est décevant, tout me vie est changée maintenant », ajoute Hubert Bernheim qui s’entraînait à Fort Lauderdale depuis les 12 dernières années avec les Orioles.

Les équipes ont donc adopté d’autres régions de la Floride ainsi que l’Arizona pour se délier les muscles en vue de la prochaine saison.

Sur la côte est de la Floride, il n’y aura donc pas de camps à Jupiter où les Marlins et les Cards de St.Louis avaient l’habitude de s’entraîner en vue du match d’ouverture au début d’avril. Question de budget, explique-t-on. De nouveaux sites d’entraînement leur ont offert mer et monde.

La fin d’une époque

Je reviens à Cromartie. Selon lui, c’est tout simplement la fin d’une époque. « Quand ils ont démoli le stade de Miami, ce fut le début de la fin. J’aimais y aller les week-ends pour m’asseoir dans les gradins avec des Cubains et on gageait sur chacun des lancers de Mike Cuellar, Jim Palmer, Dave McNally. J’adorais suivre les camps d’entraînement quand j’étais encore étudiant au collège avant de me retrouver chez les pros », a-t-il raconté au Miami Herald.

Les Rangers du Texas, qui se sont entraînés à Pompano Beach de 1961 à 1986, sont maintenant en Arizona, Les Yankees, qui ont fait du stade de Fort Lauderdale leur domicile de 1962 à 1995, sont maintenant à Tampa et les Orioles, qui ont commencé leurs camps d’entraînement à Miami en 1959 pour ensuite déménager à Fort Lauderdale en 1996, seront à Sarasota ce printemps.

La tenue de camps d’entraînement dans le sud de la Floride était une très longue tradition. Les Braves de Boston s’y entraînaient en 1916. La légende raconte que le fameux Babe Ruth, lors d’un camp d’entraînement dans les années 1920, fut tellement intoxiqué par la boisson lors d’une soirée bien arrosée que le lendemain, en courant pour attraper une balle, il s’est fracassé le crâne contre un arbre, forçant ainsi le proprio des Yankees à changer de place pour les prochains camps d’entraînement de son équipe.

L’ancien lanceur Al Downing se souvient de son tout premier camp, avec les Yankees en 1962, à Fort Lauderdale. « Le ciel était d’un bleu éblouissant comme je n’en avais jamais vu avant. Le stade était complètement neuf et on venait de sortir le film Where the Boys are. C’était magique ».

Paul Blair se souvient de son premier camp avec les Orioles en 1963. Il arrivait de la Californie et découvrait Miami, ses hôtels, ses boîtes de nuit, pour la première fois. « Tout n’était que fantaisie. Nous étions à Miami, dans un autre monde ».

Maintenant, ce ne sont que des souvenirs. Les équipes sont parties et personne pour assurer une relève à Miami, à Fort Lauderdale.

L’impact économique annuel des camps d’entraînement tenus en Floride était de l’ordre de 750 millions $, principalement à cause des amateurs qui, voulant fuir le froid, venaient assister aux premiers étirements de leurs vedettes et se retremper dans l’atmosphère du baseball.

Surtout sur la terrasse O’Keefe !