L’ancien homme fort des Panthers : WORREL DÉFEND SA PROFESSION
Publication date: 8 avr. 10 09:00:00
Peter Worrell ressemble d’avantage à un garde de la ligne défensive des Dolphins de Miami qu’à un ancien joueur des Panthers de la Floride.
Par Michel Lemieux
L’ancien redresseur de torts des Panthers pourrait porter le surnom de Cathédrale tellement il est imposant. Heureusement il est beaucoup plus gentil lors d’une rencontre mondaine qu’il ne l’était avec les Bob Probert, Joe Kocur, Tie Domi et tous les autres.
Peter participait justement aux retrouvailles des Anciens de son équipe au BankAtlantic Center, le 20 mars dernier. Comme la plupart des bagarreurs de ce sport, il reste un gars sympathique et attachant en dehors de la patinoire bien entendu.
Peter ne croit pas que les joueurs sont plus salauds que dans son temps.
« Il y a peut être plus de blessures graves à la tête et de coups qui semblent vicieux, mais je crois que ce sont les changements des règlements qui provoquent ces situations ».
Selon lui, plusieurs facteurs peuvent expliquer les nombreuses commotions cérébrales ou fractures que subissent les joueurs.
« Les joueurs sont de plus en plus rapides et de plus en plus costauds. Puis on a totalement éliminé la moindre obstruction. Lorsqu’un gars comme Ovechkin patine à sa pleine vitesse pour être le premier sur la rondelle et que le joueur qui pourrait le ralentir doit libérer le chemin pour ne pas se retrouver au cachot, celui qui le devance se retrouve dans une position vulnérable. Je ne défends personne et personne n’a l’intention de causer une commotion cérébrale à un adversaire. Mais souvent ça se produit tellement vite qu’il y a des choses imparables dans le feu de l’action », estime-t-il.
Je vous l’ai dit. Peter est immense. Toute la journée, des écrans montraient les moments spectaculaires de l’équipe dans ces années-là.
Sur l’une d’elle, on voyait le gros Worrell, après quels coups de patins, frapper lourdement un adversaire sur la bande. Un véritable tank. Je ne lui ai pas glissé un mot sur sa délicatesse au jeu. Je craignais je suppose.
Trêve de plaisanterie, il y a du vrai dans ce qu’il analyse. « Le règlement est passé de noir à blanc. Aucune tolérance. Je comprends qu’il serait peut-être plus difficile pour les arbitres s’il y avait des nuances à faire. Mais les résultats sont parfois dramatiques. »
Les bagarres
Pour ce qui est des bagarres, bien sûr qu’il défend sa profession.
« Lorsqu’il n’y pas de policiers sur une équipe il y a toujours des joueurs qui se font « bardasser ». Généralement ce sont les meilleurs. S’il n’y avait pas de gars pour les protéger, il est évident qu’ils deviendraient des victimes et que lors des matches importants on tenterait n’importe quoi pour les éliminer. Le hockey serait davantage perdant. »
C’est probablement vrai. On voit très rarement un matamore jeter les gants contre un joueur vedette. Wayne Gretzky avait Dave Semenko pour le protéger. Mike Bossy comptait sur Clark Gillis et Bob Nystrom. O’Reily et Cashman, Jonathan prenaient soin de Orr et Esposito. Et la coutume s’est poursuivie. On pourrait en nommer combien qui ont joué les rôles de protecteur. Des dizaines.
« Je n’ai pas vu de joueurs souffrir d’une commotion cérébrale après un combat. S’il y en a eu, je les cherche. Puis, qu’on le veuille ou non, les amateurs ne détestent pas ça. Je ne parle pas de foires qui ne finissent plus et qui viennent à répétition. Plus souvent qu’autrement la présence de gars comme moi exigeait plus de calme qu’autre chose. Les « toughs » se battent contre les « toughs », les autres ne prennent pas de risque de démolir nos joueurs de finesse les plus petits. Éliminer les batailles et les joueurs trouveront d’autres moyens peut-être pires pour faire justice. »
« Les matches sont plus virils parfois mais aussi plus fébriles. Les soirées sont davantage appréciées. »
Il n’a pas tout à fait tort. Et présentement je connais plein de petits joueurs des Panthers qui apprécieraient l’avoir au bout du banc. Il aurait aimé faire un retour mais ses genoux rendus fragiles ne le lui permettent pas. Ici les joueurs et les amateurs l’adoraient.
À voir ses fans l’entourer lors de ces retrouvailles il n’y a pas de doute : ils ne l’ont pas oublié.