Météo:

JEAN-JACQUES AUDUBON, CÉLÈBRE DANS TOUS LES ÉTATS-UNIS, Y COMPRIS EN FLORIDE

Publication date: 29 avr. 10 09:00:00

Il est né en 1785, sur l'île de Saint-Domingue (maintenant Haïti dans la partie ouest de l'île), alors colonie française très prospère, au lieu dit Les Cayes. Ce Français a eu un destin très particulier et plutôt imprévisible pour l'époque et qui le rendit aussi célèbre aux États-Unis que le prestigieux Lafayette.

Gérard CHARPENTIER Ph. D.

Sociologue et auteur

www.gerardcharpentier.com

Un père capitaine de Marine et homme d'affaires

Ses ancêtres du côté paternel sont originaires de la région de la Loire Atlantique en France (Sables-d'Olonne et Nantes). Son père, le capitaine Jean Audubon, a lui aussi, eu un destin américain et joué un rôle au moment de la révolution. Étant lui-même fils d'un navigateur sous contrat avec la royauté et le gouvernement français, il commence très jeune à naviguer sur les mers et son expérience dans le domaine est sans conteste. À l'âge de 13 ans, il est blessé lors d'une attaque du bateau de son père et il est fait prisonnier. Il sera libéré alors qu'il avait 19 ans. Par la suite, il fait de nombreux voyages vers Terre-Neuve et Saint-Domingue. En 1779, il est fait prisonnier par les Anglais et enfermé quelques mois à New York.

view

Libéré, le capitaine Audubon s'implique dans la révolution américaine et participe, en 1781, avec la flotte du Marquis de Grasse, aux combats de Yorktown (dans l'actuelle Virginie). Bataille historique dont l'issue finale devait conduire à la naissance des États-Unis.

Devenu capitaine au long cours, il travaille pour les frères Coiroud qui commercent régulièrement entre la France et Saint-Domingue où il va vivre de 1783 à 1789.

Le Capitaine Jean Audubon s'enrichit rapidement, devient propriétaire de plusieurs bateaux et d'une plantation à Saint-Domingue où un de ses frères réside également. Plus tard, il fera l'acquisition, dans la région de Philadelphie, d'une propriété qui va jouer un rôle important dans le destin de son fils, Jean-Jacques.

Une enfance très particulière, mais heureuse

Bien que marié en France avec Anne Moynet, Jean Audubon eut plusieurs maîtresses dans l'île. Nous en connaissons principalement deux; Jeanne Rabine dont il a un garçon (Jean-Jacques) et une demoiselle Bouffard dont il a une fille (Rose ou Rosa dite Muguet).

Jean-Jacques Audubon, selon l'État civil français, était donc le fils illégitime de Jean Audubon et de Jeanne Rabine (parfois écrit sans « e »). Les historiens ne sont pas tous d'accord sur les origines de sa mère. Ce qui est certain, c'est qu'elle vivait aux Cayes et qu'elle y travaillait pour une famille de planteurs, originaire de France, Pour certains, elle aurait été bretonne née aux Touches (Loire Atlantique), mais d'autres pensent que c'était une esclave créole. Le fait qu'elle décède peu de temps après la naissance de son enfant a sans aucun doute rendu plus difficile la connaissance précise des ses origines.

À sa naissance, le jeune garçon porte le nom de Jean Rabine ou encore Jean Fougère. En appelant son garçon de ce nom, le capitaine Audubon voulait ainsi l'associer à la révolution française. De fait, «Fougère», dans le nouveau calendrier révolutionnaire, correspond au 26 avril, jour de naissance de son garçon (3e jour du mois de Floréal).

La vie et les affaires à Saint Domingue devenant de plus en plus difficiles, le capitaine Audubon, son père, revient en France et s'installe dans sa région de Nantes. Il y possède à Couëron, sur les bords de la Loire, un domaine du nom de La Gerbetière. La vie de Jean-Jacques est alors celle d'un enfant aimé de son père et de sa femme (de 10 ans plus âgée que lui) qui élève les enfants de son mari, n'en ayant pas elle-même comme s'ils étaient les siens. Par la suite, Jean-Jacques est officiellement adopté et porte le nom de Aubudon. Il en sera de même pour sa sœur Rose.

Bien que la vie de Jean-Jacques ne fut jamais linéaire, une constante apparaît cependant : c'est-à-dire son amour de la nature et l'observation des oiseaux. On note que cette passion commence dès la petite enfance. C'est dans le domaine de son père et sur les bords de la Loire que Jean-Jacques, en compagnie du médecin de famille, Charles Marie d'Orbigny, fait ses premières observations.

Une vie adulte difficile, mais le succès en fin de vie

En 1803, alors que Jean-Jacques a tout juste 18 ans, son père l'envoie aux États-Unis pour, soi-disant, gérer la ferme qu'il possède en Pennsylvanie, connue sous le nom de « Mill Grove » et qui existe encore aujourd'hui. De fait, on peut penser qu'il veut le soustraire à la conscription obligatoire imposée par Napoléon Bonaparte à qui il s'oppose politiquement.

Jean-Jacques y fait la connaissance d'une voisine, Lucie Bakewell. Ils vont se fiancer, puis Jean-Jacques retourne en France. Il y réalise alors ses premiers croquis d'oiseaux puis revient en 1806 en Pennsylvanie et s'y marie en 1808. Ils auront trois enfants, Victor, John et ensuite une petite fille, qui vivra moins d'un an.

En dehors de sa passion pour les oiseaux et leur étude, on peut dire que la vie socioprofessionnelle de Jean-Jacques n'est pas des plus brillantes. La gestion de la ferme de son père est un échec, ses tentatives dans le négoce d'allumettes et de lanternes l'est aussi, son association avec son beau-frère dans l'exploitation d'une scierie à vapeur est une catastrophe, si bien qu'il doit faire faillite et qu'il est même condamné à une peine de prison.

Pendant cette période de sa vie, il fait des va-et-viens entre la Pennsylvanie et Louisville, dans le Kentucky, où il s'y installe à deux reprises avec sa famille. Finalement, il revient en Pennsylvanie vers 1812. C'est également l'année où il devient Américain. C'est à cette époque que les services de l'immigration anglicisent son prénom qui devient John James.

Ne disposant pas de revenus réguliers, il utilise bien souvent ses talents de dessinateur et faits des portraits à la commande. Sa femme quant à elle travaille comme préceptrice dans les familles de riches planteurs.

Pendant toutes ces années difficiles, il n'a cependant pas cessé de voyager, pour observer et réaliser des croquis d'oiseaux. Il parcourt et découvre la nature sauvage du Kentucky, des vallées du Mississippi et de l'Ohio, de la Louisiane, de la Floride et du Texas. Il visite même certaines régions du Canada et tout particulièrement le Labrador en 1833. Non seulement, détient-il un talent indéniable, mais il est un précurseur parmi ce que l'on peut appeler les peintres naturalistes, car il est le premier à reproduire grandeur nature les oiseaux qu'il observe. Au total 489 croquis qu'il signe parfois du nom de La Forest.

II innove également dans ses méthodes de chasse en utilisant des petits plombs pour ne par déchiqueter l'oiseau mais également dans sa façon de naturaliser les animaux qu'il conserve en utilisant des supports métalliques ou du fil de fer afin de leur donner une apparence de mouvement et leur donner une position expressive dans leur habitat naturel.

Finalement, entre 1827 et 1838, la fortune lui sourit. Après de nombreuses rencontres, il finit par réaliser ses objectifs et trouve un éditeur pour éditer, dans un ouvrage unique, tous ses croquis regroupés dans 435 planches gravées et colorées. Ouvrage connu sous le nom de « Birds of America » II meurt en 1851, à New York, connu et reconnu pour son œuvre, il est considéré comme le premier ornithologue du Nouveau Monde.

La «National Audubon Society» en 2010

Prés de 50 ans après sa mort, la mémoire de ce peintre et observateur de la nature sera honoré par la création aux États-Unis de la « National Audubon Society » qui a pour vocation, la sauvegarde des oiseaux et de leur environnement naturel.

En fait, cette grande aventure commence en 1899 dans la région de Boston, avec la parution d'un magazine (qui quarante ans plus tard changera de nom pour s'appeler Audubon) lancé par F.M. Chapman, ornithologiste à l'American Museum of Natural History. Il faut noter qu'une tentative similaire avait déjà était tentée quelques années auparavant, par George Bird Grinnell, qui avait également créé la première «Audubon Society » et le « Audubon Magazine».

Dès leur début, les « Audubon Society » avaient comme objectif de s'opposer à la chasse aux oiseaux pour la vente de leurs plumes. Aussi, on comprend que le nom de John James Audubon, le premier peintre des oiseaux d'Amérique, fut symboliquement retenu pour la cause. Rapidement, chaque état eut sa propre société Audubon. Un fédération vit le jour et devint une force qui obligea le gouvernement à prendre des mesures.

En 2010, il existe aux États-Unis des centaines de « Audubon Society », répartis dans tout le pays et regroupant plus d'un demi million de membres.

En Floride, on compte 43 chapitres regroupés sous le vocable de «Audubon of Florida ». Le rôle de ce regroupement étant de veiller sur les écosystèmes si fragiles de la Floride.

En France, sa renommée connait actuellement un regain et on a même découvert il y a peu de temps des documents inédits qui ajoutent à la compréhension de son travail. De plus en plus de sites et de lieux naturels portent son nom tout particulièrement dans la région de Nantes, faisant de lui un enfant du pays.

Sources : Vous pouvez aussi consulter sur in­ternet les sites suivants qui ont permis de do­cumenter le sujet traité dans cet article :

- www.nantes.fr/détente/culture/art_5 36.asp

- www.answers.com/topic/john-j-audubon - www.audubonofflorida.org/main/cha pters.htm -

- http://fcit.usf.edu/florida/lessons/audubon/audubon.htm - http://fr.wikipedia.org/wiki/JohnJames_ Audubon -