Peu importe : à Montréal ou ailleurs : HALAK, UN EXCELLENT PLACEMENT POUR L’AVENIR
Publication date: 29 avr. 10 09:00:00
Au moment d’écrire ces lignes, le Canadien, contre toute attente, venait de prolonger sa participation aux séries de fin de saison, en remportant sa deuxième victoire à Washington.
Qui l’eut cru?
Par Michel Lemieux
En soit c’est un exploit. Parce que les Capitals sont une puissance de la ligue et le Canadien est membre des quinze moins bonnes formations. Les statistiques sont sans équivoque là-dessus.
Il y a toujours un danger lorsqu’une équipe arrache quelques victoires non prévues. C’est que souvent dans ces situations, la direction prend un virage moins sévère et peut devenir un peu plus tolérante. Ce n’est pas le remède idéal pour passer un vrai coup de balai.
Que le Canadien ait remporté la série, ce dont je doute toujours, qu’il se soit fait battre en six ou en sept (ce texte est écrit la veille du sixième affrontement) la direction de l’équipe sait au moins une chose.
Jaroslav Halak est un meilleur gardien de but que Carey Price. Depuis deux ans, je soutiens que Price ne sera jamais un grand gardien parce qu’il n’a pas l’attitude qui fait ce genre de guerrier. Et il ne l’aura jamais non plus. À Montréal, les experts commencent à mettre des bémols. Ceux qui ne juraient que par Price commencent à désenchanter.
Michel Bergeron a été l’un de ceux qui a misé le plus sur Price, tout comme Jacques Demers. Imaginez, plein de connaisseurs ont associé son nom à Patrick Roy. Sacrilège.
Bergie s’est contenté de me lancer « tu as droit à ton opinion lorsque je lui disais que cette fois il faisait fausse route sur l’évaluation du chouchou de Bob Gainey.
Halak décidera
Il sera donc intéressant de suivre le déroulement de cette interminable saga Halak-Price. Au cours des deux dernières saisons, Halak a amené seul cette équipe dans les séries éliminatoires. Rappelez-vous ses acrobaties en mars 2009 lorsque, durant cinq matches, il a été tout simplement prodigieux. Le Canadien n’allait nulle part à ce moment.
Il a tout autant récidivé cette saison avec 26 victoires, cinq défaites en prolongation, et cinq jeux blancs en 45 sorties. Une aubaine à 800 000 dollars par année.
Pas mal cette fiche pour un gars repêché en neuvième ronde, 271ème au total.
Toute une performance malgré tous les affronts que lui faisait, pour la moindre défaillance, son entraineur en revenant avec Price.
La direction de l’équipe continuait à jongler avec les deux portiers. Le gardien de Bratislava n’avait jamais la moindre marge de manœuvre. S’il ne volait pas un match, il devait céder sa place.
Si Price ne semble pas très fort entre les deux oreilles, Halak a fait la preuve par mille que rien ne l’empêcherait de progresser. En ce moment, il occupe le siège du conducteur. Et j’imagine qu’il doit saliver.
Si le Canadien entend le garder, il devra lui donner des garanties et du fric. Et la garantie sera probablement l’assurance d’une cinquantaine de départs, dès la prochaine saison. Si j’étais à la place de Pierre Gauthier, je serais inquiet. Je craindrais vraiment que Halak estime avoir été suffisamment humilié et « barouetté » pour demander d’aller voir si ce n’est pas un peu plus rose ailleurs. Même s’il est agent libre avec compensation.
A 800 000$ par saison, considéré par son équipe comme gardien numéro 2, on peut penser que d’autres formations lui feront des offres estimant que le prix à payer en retour sera plutôt raisonnable. Et des offres, il en recevra.
Puis, s’il tient vraiment à s’informer comment les choses se passent dans le jardin du voisin, il n’aura qu’à lâcher un petit coup de fil à Guillaume Latendresse, Francis Bouillon, Steve Bégin, Mike Ribeiro, Michael Rider et même Stéphane Robidas tant qu’à y être. Il va le savoir.
Plusieurs équipes connaissent de sérieux problèmes devant les buts. Si l’une d’entre elles ose l’approcher, il ne faudrait pas se surprendre de le voir ailleurs.
Dépenser quelques millions et perdre quelques joueurs de deuxième ordre pour Jaroslav Halak, ce serait un excellent placement.
C’est Halak lui-même qui l`a prouvé.