LE PHÉNOMÈNE FACEBOOK
Publication date: 27 mai 10 09:00:00
Même dans un monde où l’individualité semble être la norme, et le nombrilisme est en voie de devenir une religion, on a besoin d’être en contact presque constant avec le voisin, la vétérinaire et toute autre personne qui peuple notre vie de tous les jours. Je ne suis pas à l’abri de ça et je le confesse publiquement: « Oui, je suis sur Facebook! »
Par Richard Huet
En spectacle au Casino de Montréal en compagnie de:
Pierret Beauchamp, Jenny Rock, Sylvie Jasmin, le regretté Pierre Labelle,
Michel Stax, le regretté Norman Knight, Patricia Pétrie et Roger Sylvain.
On n’a pas tous
le même besoin de s’ouvrir aux autres ni les mêmes raisons. Des fois, je me
questionne sur mes propres motifs. Est-ce que j’ai un goût prononcé pour
l’écorniflage, une curiosité maladive avec une touche de voyeurisme dans la vie
des autres ou est-ce que je suis carrément exhibitionniste? Ces questions me
hantent.
Je suis un maniaque de la photographie. J’ai des tonnes de photos avec des ami(e)s, des artistes locaux et internationaux, des parents proches et éloignés, des palmiers, des voitures et des murs… Et, quelque part, j’ai besoin de partager tout ça avec Monsieur et Madame Tout Le Monde. Des fois, j’ai l’impression d’être en train d’écrire ma biographie avec des centaines d’images et de commentaires. C’est peut-être ça, oui, peut-être. Je fouille mes albums et mes boîtes et les choses que je découvre me fascinent.
Maintenant, j’en suis à créer des albums sur mon Facebook intitulés : Floride, Famille et autres. Comme si j’avais peur de souffrir d’Alzheimer un jour. J’écris tout ce qui concerne les photos. C’est comme un roman photographique que je suis en train de construire. Certaines images remontent à une période avant ma naissance : mes parents en voyage de noce, ma marraine que je n’ai pas vraiment connue, mes grands-parents, etc. Et tout ce beau monde a des liens avec d’autres membres de Facebook. Je reçois des nouvelles de cousins et cousines que je ne connaissais pas et je me refais une famille.
Je partage ma vie d’artiste et ma vie quotidienne. Je pense que c’est le thème important ici : je partage. Une seule personne m’a écrit pour me dire que c’était imbécile et inutile mais si vous aviez vu ce qu’il partageait comme photos et impressions, vous auriez vite compris que ça ne venait pas du Saint-Siège… La plupart des gens me remercient de partages mes souvenirs avec eux et de leur donner l’idée de faire la même chose. Je trouve ça positif et ça devient comme une sorte de mémoire collective.
Il m'arrive quelques fois de lâcher mon fou simplement pour le plaisir de surprendre le public. Aucun autre but que celui-là. Évidemment, vous comprendrez que j'ai collées deux photos... LOL (terme internautique qui veut dire: "Laughing Out Loud" (Rire tout haut).
Évidemment, il y a le placotage genre : « Ma chienne vient d’accoucher! », « Maudite laveuse, a vient encore de m’lâcher! », « Ta robe te va ben ma pitoune. Garde-la pour l’année prochaine, elle va revenir à la mode! », « C’est quoi ton tatouage écoeurant? ». J’ai l’impression que Facebook et Twitter sont devenus ce qu’était la corde à linge dans les années ’30, ’40 et ’50. Là où on se retrouvait pour raconter nos petits bobos et nos bons coups sans avoir à se déplacer. Dominique Michel et Denise Filiatrault ont immortalisé ces moments dans un sketch hilarant qu’elles avaient repris pour le Festival Juste pour Rire.
Je ne suis vraiment pas intéressé à twitter, je vous avoue mais mon Facebook me plaît bien et je me garde en contact avec les ami(es) et le public. Je ne peux pas passer mon temps à placotter, j’haïs ça grandement mais j’aime saluer les gens qui prennent le temps de m’écrire. Mais la qualité de Français prend rapidement le bord avec ces nouvelle technologies où les habitués tranchent les mots et les écrivent n’importe comment sans aucun égard pour l’orthographe. Ils y vont au son et ça dépend de comment ça sonne dans leur cerveau… Quand je pense que chez nous, un twit c’est un épais, ça dérange un peu!
Ma
famille, je suis celui qui fait la grimace au milieu. Pourtant, j'étais bien
sage habituellement. Je vous présente mon père, ma mère et mes deux
frères. Nous habitions Montebello, où je suis né.