HALAK…HALAK…ET HALAK QUE DIRE DE PLUS!
Publication date: 27 mai 10 09:00:00
Je pourrais écrire cette chronique en une seule ligne. Puis laisser en blanc l’espace que m’accorde mon rédacteur en chef Robert Leblond. Oui une seule ligne qui dirait :Halak : meilleur gardien de la LNH en série.
Par Michel Lemieux
Il n’y a aucune, mais aucune autre explication aux succès inattendus du Canadien de Montréal depuis le début des éliminatoires. C’est du moins mon propos quand j’écris ces lignes, soit quelques heures après l’élimination des Penguins de Pittsburgh.
Que le Canadien remporte ou non la Coupe Stanley, qu’il se fasse battre en demi-finale, si Jaroslav Halak n’est pas désigné comme le héros des séries, il se fera voler encore plus qu’il aura lui-même volé les Capitals et les Penguins.
Halak a commencé son travail de destruction bien avant avril.
Tout au long de la saison, il a dû faire la preuve cent fois qu’il était meilleur gardien que Price. Jacques Martin le savait probablement. Mais Bob Gainey voulait tellement se donner bonne conscience d’avoir fait de Price un cinquième choix de première ronde en 2006, qu’il insistait pour voir son protégé entre les poteaux. Cela aurait pu coûter cher au Canadien.
Je me réjouis de la performance de Halak parce que depuis deux ans que je me chicane avec mes chums pour les convaincre que Price ne sera jamais celui que tous attendaient et que Halak le met dans sa petite poche arrière sur le plan de la performance. Même Michel Bergeron et Jacques Demers et toutes les ouailles du Canadien qui les entourent se sont trompés. Aujourd’hui ils portent tous Halak aux nues.
Un bourreau
Le gardien tchèque a exécuté un travail de torture et de démolition à la perfection. Il a d’abord démoli tous ceux qui doutaient de lui dans sa propre cour.
Puis il s’est attaqué à l’adversaire. Il leur a imposé une vraie torture. Un vrai bourreau. Il prenait plaisir à les humilier. À les démoraliser.
En même temps, match après match sans ne rien dire, par ses prouesses il amenait ses coéquipiers à croire. À croire en lui, à croire en eux.
Il les a pris par la main juste assez pour les amener dans les séries.
Une fois là, ses patrons lui ont fait l’affront de le laisser sur le banc encore. Puis un bon matin, Jacques Martin a décidé que son homme serait Halak.
Cette décision a été la meilleure de l’entraineur.
Son gardien a joué sur le mental. Celui de ses coéquipiers et tellement sur celui de l’adversaire qu’il a forcé à douter toujours de plus en plus. Les Capitals en perdaient leurs moyens. Puis il a utilisé la même torture avec les Penguins.
Devant son inébranlable confiance, les joueurs du Canadien, eux, ont commencé à rêver. Puis à prendre ces rêves pour une aventure possible. De partie en partie. Ils savaient tous que malgré leur déficience, malgré des deuxièmes engagements de seulement trois tirs, le gardien allait les maintenir en vie.
Tout le bla-bla sur les « shows » de télévision du Canadien, toutes les banalités entendues, tout à coup, sur les déficiences des Ovechkin, Crosby, et qui d’autres, devenus soudainement des joueurs ordinaires, rendent encore moins crédibles ceux qui les sortent de leur bouche.
Ce sont ces mêmes commentateurs, qui durant toutes la saison ont porté des jugements lapidaires sur les Gomez, Gill, Moen, Spacek, Hamrlik. Ils les éclaboussaient sans retenue. En quelques semaines, ils sont passés de zéros à héros pour ces analystes qui soudainement décortiquaient les carences des meilleurs joueurs du circuit.
Soyez assurés que la saison prochaine, on entendra encore et encore les mêmes sornettes parce que ces mal-aimés du Tricolore ne seront pas devenus instantanément de grands hockeyeurs.
Sauf que s’ils acceptent tous de jouer le système de Jacques Martin, ils paraitront mieux.
Jacques Martin, c’est connu depuis des lunes, est un maniaque de la défensive. Et la défensive commence par un gardien exceptionnel. Halak est de cette cuvée. Il va coûter cher, très cher. Si on ne lui donne pas ce qu’il veut, il sera peut-être à Montréal l’an prochain pour préparer sa sortie et aller où on lui reconnaitra sa vraie valeur et on le paiera en conséquence.
Si jamais cela devait se produire, le Canadien redeviendra la bonne petite équipe qu’il aura été durant toute la dernière saison.
Ce n’est pas le Canadien qui est Cendrillon.
C’est Halak qui l’est.
Et moi je l’aime. On ne l’entend pas. Qui a dit que les actions parlent plus que les paroles.