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Les congédiements, je connais ça

Publication date: 8 déc. 11 09:00:00

Ce n'est pas souvent que l'on voit un tel remue-ménage chez les instructeurs de la Ligue Nationale.

Par Jacques Demers

Trois congédiements en quelques jours à peine, on se demandait si l'hémorragie allait se poursuivre.

Le congédiement je connais ça, je suis passé par là.

Se faire dire « C'est terminé, la direction passe à autre chose », c'est plutôt humiliant.

Malgré tous les honneurs que vous pourrez recevoir, en acceptant un tel poste vous savez qu'un jour tout cela ne comptera plus du tout et que l'on vous montrera la porte de sortie.

J'ai dirigé quatre équipes dans la Ligue Nationale.

La première fois, c'était les Blues de St-Louis. Je suis parti parce que les Red Wings de Détroit m'offraient un excellent contrat.

C'est l'endroit où j'ai, sans le moindre doute, été le mieux traité. La classe du propriétaire Mike Illich dépasse tout ce que j'ai connu dans ma carrière.

À ma deuxième année, monsieur Illich m'a donné une Mercedes pour me remercier du travail que j'avais accompli.

Mais vient le temps où les joueurs ne se défoncent plus pour toi. Au cours des années, nous devons prendre des décisions qui ne plaisent pas à tous les joueurs.

C'est là que commence le grenouillage. Puis cela devient comme un cancer. On sent que l'intensité n'y est plus.

Tu as beau vouloir gagner du temps, tu sais que tu seras limogé.

Quand j'ai quitté les Wings, il me restait trois années à mon contrat. Monsieur Illich tenait à me les payer. Lorsque j'ai été embauché par le Canadien, j'ai décidé d'appeler monsieur Illich pour lui dire que j'avais un emploi, que je désirais qu'il mette fin à notre entente et qu'il soit très à l'aise avec cela.

Il m'a répondu « Jacques si c'est ton désir nous ne t'enverrons plus tes chèques ».

J'avais une relation incroyable avec monsieur Illich et son épouse. Nous avons toujours gardé le contact. En 2007, je voulais amener mon fils au Super Bowl à Détroit. Je l'ai appelé et il m'a donné deux billets.

CH MOINS DRÔLE

Je ne peux pas dire que j'ai été aussi bien considéré à Montréal où j'avais gagné la Coupe Stanley. Serge Savard a été mis à la porte cavalièrement. Pour ma part, le coût a été aussi dur à encaisser puisque nous avons été congédiés en même temps.

Moi, je suis resté dans l'organisation. Je voulais continuer à voyager dans la ligue et me faire des contacts. Ce qui m'a amené chez les Lightning.

Le propriétaire, qui m'avait embauché, a vendu l'équipe moins de deux ans après mon arrivée, et le nouveau groupe a voulu tout changer.

Cela, je le comprenais et pour moi ce n'était pas comme si je m'étais fait mettre à la porte pour des insuccès.

Honnêtement, cette mise à pied à Montréal a été un coup de massue. Je me sentais humilié surtout quand on sait ce que représente le Canadien au Québec.

Malgré tous les désagréments de se faire montrer la porte, je dois dire que je suis vraiment fier de ce que j'ai accompli.

J'ai gagné 1 000 matches dans cette ligue, je suis le seul à avoir été choisi l'entraîneur de l'année deux saisons consécutives, j'ai remporté une coupe Stanley.

Je me considère chanceux parce que sur les centaines d'entraîneurs dans l'histoire de la LNH, seulement 52 ont remporté une coupe Stanley.

Reste que je trouve très souvent injuste qu'un instructeur doive payer la note pour des gars qui ont décidé de donner des demi-mesures.

Et c'est encore plus dégoûtant quand les congédiements se font sans la moindre classe, comme cela s'est produit dans le cas de Randy Carlyle.