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Marsan - L'économie américaine vue par un Québécois

Publication date: 26 janv. 12 09:00:00

Par Michel Lemieux

L'économie, la santé et l'environnement sont devenus les points chauds et les principales préoccupations des habitants de notre planète.

Ces facteurs prennent une importance capitale dans les pays industrialisés et ceux qui possèdent d'immenses richesses naturelles.
En Amérique du Nord les mots argent, finance, économie sont au centre des inquiétudes qui ne cessent de planer, depuis maintenant près de cinq ans, sur ce que seront les États-Unis de demain, et sur la résistance qu'a manifesté le Canada face à la récession vécue par nos voisins.
Depuis plus d'un an, les experts et les analystes y vont de leurs prévisions, tantôt sur le danger qui persiste ou sur le redressement possible de cette économie sans dessus-dessous aux États-Unis.
La fragile et indomptable crise européenne apparaît comme un échafaud branlant qui risque de s'écrouler à tout moment.
Les stratégies du duo Merkel-Sarkosy ne parviennent pas à sécuriser les marchés, pas plus que les représentants des pays écorchés de la zone euro.
Le drame c'est que plus personne ne semble en mesure de déterminer, avec la moindre justesse, les suites que pourrait provoquer le minuscule désaccord sur la marche à suivre dans ce fouillis total.
Pendant que l'on tergiverse en Europe, aux États-Unis la Réserve fédérale américaine garde bien les pieds sur terre et évite de provoquer le moindre emballement.
Dans son livre beige, publié toutes les six semaines, la FED montre une religieuse prudence en parlant d'un très faible progrès de l'activité économique au pays.
Voici son analyse : elle note une poursuite de l'amélioration de la situation au cours des derniers mois et une conjoncture plus favorable que celle ayant prévalu de la fin du printemps dernier à l'automne 2011.
Les dépenses de consommation ont progressé dans la plupart des états en décembre, ce qui est la preuve d'une forte hausse des achats de Noël par rapport à l'année précédente.
Les dépenses de consommation assurent plus des deux tiers du PIB du pays.
La FED indique que l'inflation n'est plus un sujet de préoccupation aux USA, la pression sur les prix liés aux matières premières ayant sensiblement baissé dans la plupart des régions.
Le document reconnaît que le marché immobilier reste le principal problème de l'économie américaine.
Il déplore aussi les hausses de salaires minimes, conséquences de la faiblesse du marché de l'emploi.

Vu du Québec

Pendant ce temps, au Canada les grandes banques et le monde de la finance craignent que la situation économique canadienne connaisse à son tour quelques ratées.
Pour le moment, il n'y a pas trop de morosité et les Canadiens ne vivent sûrement pas comme si leur pays était en pleine récession.
Les avertissements et les invitations à la parcimonie sont quotidiens.
Par ailleurs, il est intéressant de s'arrêter sur la vision que peut avoir un analyste financier du Québec sur ce qui se passe aux États-Unis.
André Marsan est le président-fondateur de la firme de gestion montréalaise Sigma Alpha Capital.
Les médias trouvent chez lui une référence particulièrement appréciée.
Son regard sur la situation américaine est plutôt positif. Dans un papier, signé par Léonie Laflamme-Savoie, il estime que cette économie est sur le point de connaître la reprise tant attendue en 2012.
« Actuellement, nous sommes à la frontière de la reprise et de l'expansion, mais tout dépend du pays où l'on se trouve. Les marchés anticipent toujours la conjoncture économique. Parfois, ils ont raison, d'autres fois ils se trompent. S'ils anticipent une récession mondiale profonde et que la réalité s'avère moins douloureuse, les marchés monteront. C'est probablement ce qui va se passer en 2012. Nous aurons de bons marchés même si l'économie ne sera pas nécessairement extraordinaire », prévoit André Marsan.
Si la récession semble de plus en plus inévitable en Europe, il faut toutefois considérer chaque pays au cas par cas. Et pour André Marsan il y a plusieurs raisons d'être optimiste pour l'économie américaine, comme il le précise dans Finance et Investissement.
Voici ce qui justifie sa vision des choses :
Depuis une dizaine d'années, la baisse du dollar américain et la hausse des coûts de production en Chine insufflent un vent de renouveau au secteur manufacturier américain, qui se porte de mieux en mieux et crée des emplois.
L'endettement des particuliers n'est pas chose réglée, mais son état s'améliore tout de même. Les américains paient leurs dettes qui sont moins élevées qu'avant.
Pour la première fois depuis 30 ans, la production du pétrole augmente aux États-Unis. De plus, beaucoup d'investissements sont faits dans les énergies renouvelables, ce qui réduira le déficit énergétique américain durant les cinq prochaines années.
L'immobilier a vraisemblablement atteint son creux. Les mises en chantier redémarrent et cette tendance va s'accélérer au courant des années qui viennent. Cela créera des emplois dans ce secteur. D'ailleurs, les bons chiffres sur l'emploi qu'on a récemment vus sont propulsés par le secteur immobilier.
Après être montée en 2009 et en 2010, l'inflation s'est stabilisée en 2011 et a recommencé à baisser. Elle devrait continuer à descendre au cours de l'année, ce qui donnera plus de pouvoir d'achat aux consommateurs américains.
Les entreprises refont leurs inventaires, ce qui crée de la demande dans le secteur manufacturier et par extension de l'emploi. Les entreprises investissent et le consommateur achète davantage.
André Marsan estime que la crise européenne ne devrait pas freiner la reprise américaine qui prévoit une hausse de 10 à 15 pour cent sur les marchés, au cours de la présente année.
« Présentement, je crois que le marché est en train de réaliser la croissance de l'économie américaine, laquelle ne sera pas affectée par la situation européenne puisque l'Europe ne constitue pas le principal client des exportations américaines », conclut-il.
Comme la Floride est l'un des états les plus affectés par le tourbillon de cauchemars économiques depuis la fin de 2007, il semble évident que la reprise deviendra plus apparente dans l'état du sud.
Sûrement que les centaines de milliers de Québécois, qui y séjourneront encore quelques mois, deviennent pour la Floride des acteurs de premier plan dans la mouvance vers le haut de la consommation de biens, donc dans le retour au travail de nombreux Floridiens.