Pine Isle Mobile Home Community  expulse ses  locataires

Pine Isle Mobile Home Community expulse ses locataires


Par Denise Dumont

Le lundi 4 mars dernier, les 286 locataires du parc Pine Isle Mobile Home Community d’Homestead ont appris qu’ils doivent plier bagage et dégager leur site avant le 31 juillet 2019. Le parc est vendu,
il ferme ses portes pour faire place à des tours de condominiums.

C’est du moins l’information que le président des loisirs, André Lafrance, a partagé aux membres de la communauté lors d’une réunion tenue au parc le 4 mars dernier. Le terrain de 43,7 acres a été vendu en novembre 2018 pour la somme de 13 millions de dollars à une compagnie de développement, MAC Thirteen LLC, gérée par Rolando Delagdo de Treo Group. La corporation vient de prendre possession de son nouveau terrain.
Le nouveau propriétaire n’a pas trouvé le courage ou la décence de s’adresser directement aux résidents pour annoncer la nouvelle et de répondre à leurs questions, mais il a verbalement partagé les informations au comité des loisirs afin qu’il les relaye aux locataires. Aucune lettre officielle n’a encore été adressée aux membres de la communauté pour confirmer les modalités d’évacuation.

L’effet bombe atomique
Ce parc, situé au 28600 SW 132nd Ave Homestead, au sud de Miami, a été développé en 1977 pour accueillir, entre autres, des retraités militaires de l’Homestead Air Reserve Base. Depuis la fin des années 80, la communauté du Pine Isle est habitée majoritairement par des retraités Québécois. Présentement, plus de 80 maisons mobiles, 175 maisons de parc et des VR sont ancrés sur le site. Les autres terrains sont occupés par des motorisés ou « fifthwheel », capables de se déplacer facilement.
Parmi les habitations ancrées, très peu peuvent être relocalisées. Il y a premièrement peu de disponibilité dans les parcs avoisinants et encore moins pour les maisons d’âge avancé. Sans compter que les coûts associés à l’opération risquent, au bout du compte, de se rapprocher de la valeur de la maison et d’excéder les moyens des propriétaires.
« C’est comme si on venait d’apprendre que nous avons le cancer et qu’il nous reste trois mois à vivre » raconte Éliane Delbast, résidente du parc depuis 18 ans. « Les gens pleurent leur communauté, leur petit coin de paradis et personne ne sait quoi faire, où aller. Certains n’ont pas les moyens d’aller vivre ailleurs et pour d’autres, c’est leur retraite au complet qui vient de disparaître ! »

Prochaine étape
Le glas a sonné. La prochaine étape pour les membres de cette communauté est de connaître leurs droits et de s’assurer de les faire valoir auprès du nouveau propriétaire, mais avant, ils doivent recevoir la lettre officielle d’éviction.
Le chapitre 723 de la loi de l’État de Floride sur les terrains de parc de maisons mobiles stipule en résumé que :

A – Le propriétaire de la maison mobile a six mois pour libérer et qu’il a le droit d’être compensé par la Florida Mobile Home Relocation Corporation (FMHRC) pour le montant des frais de déménagement réels liés au déménagement de la maison mobile dans un nouvel emplacement situé dans un rayon de 50 miles du parc libéré. Le montant versé varie entre 3 000 $ et 6 000 $ selon la dimension de la maison.

B – Un propriétaire peut choisir d’abandonner sa maison mobile. Dans ce cas, le propriétaire du terrain devra lui octroyer 1 375 $ pour une maison simple et 2 750 $ pour une maison double en échange du titre de la propriété.

Les jours sont comptés pour la communauté du Pine Isle Mobile Home et certains ont déjà dit adieu.

Il y a rumeur que le terrain a déjà été revendu à une autre corporation pour 40 millions de dollars.