Plus de construction dans les Florida Keys

Plus de construction dans les Florida Keys


Par Denise Dumont

Les Keys de Floride pourraient être confrontées à une échéance sans précédent : le quota pour tout type de nouvelles habitations risque d’être atteint d’ici quatre ans. Le nombre de permis de
construction est limité, le compte à rebours est commencé…

Cette suite de petites îles de basse élévation, située à l’extrémité sud de l’État de Floride, est irrésistible pour les visiteurs et précieuse pour ses résidents. Et selon les règles de l’État, le maximum d’occupation de l’archipel est presque complet.

La loi floridienne veut que l’évacuation de tous les habitants des Keys se fasse en un maximum de 24 heures, advenant la menace d’un ouragan. Puisqu’il n’y a qu’une voie de circulation pour atteindre les îles et qu’une pour en sortir, la capacité maximale de circulation est connue et la limite est presqu’atteinte.
Ce plafonnement au nombre de personnes autorisées à vivre dans les Keys est une question de survie, et pas seulement à cause des tempêtes.

Un atelier, récemment offert aux résidents et aux propriétaires de lots qui espèrent construire bientôt, a donné l’heure juste sur les diverses options que possède le comté face au peu de permis de construction disponibles. À la suite du dernier recensement en 2010, l’État avait mis au point un modèle informatisé pour déterminer le nombre de maisons pouvant encore être construites, tout en observant la règle d’évacuation totale en 24 heures. Le modèle avait alors montré que les Keys pouvaient gérer environ 3 500 nouvelles maisons sur une période menant jusqu’en 2023. « Nous sommes maintenant très près d’atteindre la limite des 24 heures d’évacuation » a déclaré Christine Hurley, adjointe administrative du comté, chargée de la gestion de la croissance.

Cela signifie que les personnes qui vivent dans les Keys – et particulièrement celles qui possèdent un terrain dans l’espoir de s’y construire un jour – tentent de trouver une solution pour exécuter leurs droits à l’intérieur des limites de la loi. Lors de la réunion, il a notamment été suggéré d’émettre les permis de construction plus lentement, ce qui permettrait de prolonger les activités de quelques années avant de sonner le glas.

Autres problèmes et restrictions
L’évacuation d’urgence est la raison la plus immédiate des limites de construction imposées, mais d’autres contraintes existent. Par exemple, la montée rapide des eaux et la protection de l’environnement. Une grande partie des résidents ont, dans leur cours arrière, l’Atlantique ou le golfe du Mexique. Ces gens ont élu domicile dans les Keys justement pour pouvoir pêcher, nager, faire du kayak ou de la plongée à volonté. Plus les années passent, plus l’eau se rapproche de leur demeure, et plus il y a des développements résidentiels, plus l’écoulement des eaux pluviales pollue le littoral.

L’eau potable est aussi une restriction. Dans les années 1980, l’État avait construit des ponts plus larges pour remplacer ceux érigés après l’ouragan de 1935 qui avait détruit la voie ferrée. En même temps, le pipeline qui amène de l’eau douce aux Keys a été réaménagé. C’est ensuite que le tourisme et les développements ont pris leur envol, mais la capacité du pipeline a aussi des bornes.

« Nous vivons sur une série d’îles où l’eau salée monte à un rythme impitoyable et nous n’avons autre choix que de faire face à des limites » raconte Joyce Newman, une résidente de Big Pine Key qui témoigne de sa réalité.

L’an prochain, il y aura un autre recensement et tous les résidents des Florida Keys sont conscients que le résultat constituera la base d’un autre modèle informatique pour l’évacuation en cas d’ouragans. Ils craignent que la donne soit changée.