Denyse Chartrand


Par Denise Dumont

Denyse Chartrand co-fondatrice du journal Le Soleil de la Floride et dE CanadaFest, décède à l’âge de 82 ans et laisse une marque incontestée

 

Nous avions appris, juste avant l’impression de l’édition de la semaine dernière, le décès de Madame Denyse Chartrand. Cette femme audacieuse et accomplie a déplacé mer et monde pour mener à bien ce qu’elle aimait tant. La Floride, ses enfants et son plus grand bonheur : le journal Le Soleil de la Floride.

 

Le volume 1 – no 1 – du journal est sorti en septembre 1983. Il se vendait 0,99 $ et Michel Louvain faisait la Une. Madame Chartrand co-signait la chronique « On en parle sur la plage » avec son mari, le journaliste Jean Laurac.

Très représentative des francophones en Floride, Denyse Chartrand était omniprésente au sein des communautés floridiennes, notamment dans la ville d’Hollywood. À ce point que la mairesse Mara Giulianti avait soumis un projet de baptiser « Denyse Chartrand Street » une section de la rue Johnson face au Banshell où se tenaient le CanadaFest et d’autres spectacles francophones organisés par Madame Chartrand.

Le projet n’a vu le jour, mais il reste tout de même que Madame Chartrand a reçu la Clé de la Ville d’Hollywood. La reconnaissance pour son apport aux Québécois hors Québec a été conférée lorsqu’en 1992, elle reçoit des médailles de l’Assemblée nationale du Québec, puis une du Canada, en plus du sceau de l’État de Floride à la suite de la 25ème conférence des gouverneurs sur le tourisme.

 

Le Soleil, sa vie…

Très branchée et toujours au centre de l’action avec son appareil photo, le Soleil de la Floride et le CanadaFest ont meublé sa vie, tout autant que ses enfants Ginette, Françoise et Jean-Yves et ses petits-enfants Zachary et Audrey.

« Maman était une femme malade, elle a eu sa première chirurgie à cœur ouvert à 30 ans. À 50 ans, le Dr. Lévis d’Hallandale lui disait qu’elle tenait les poignées de sa tombe entre ses mains et elle a tenu le coup jusqu’à 82 ans », raconte Ginette au Soleil de la Floride. « Je pense qu’elle aimait Le Soleil et sa Floride plus que nous. Elle nous disait tout le temps : en Floride il ne pleut jamais, il n’y a que du soleil liquide. »

En 1999, un an après le décès de son époux Jean Laurac, Denyse Chartrand vend le journal à Conrad Black. Monsieur Louis St-Laurent était son avocat. Citoyenne canadienne et américaine, la Floride était sa résidence jusqu’à ce qu’un ACV catastrophique, survenu au Québec, l’oblige à y rester.

Madame Chartrand serait heureuse d’apprendre que les archives du Soleil de la Floride sont depuis l’été dernier à l’University of Florida à Gainesville, pour être numérisées et immortalisées à la Bibliothèque nationale.

Le Soleil de la Floride est le seul et unique journal de langue étrangère répondant aux critères de cette notoriété. Les trois premières éditions sont disponibles depuis la semaine dernière et nous vous invitons à les parcourir.