Faut aller entendre les  « Beachcombers »

Faut aller entendre les « Beachcombers »


Par Le soleil de la Floride

Une richesse musicale est offerte gratuitement à chaque semaine et si vous décidez d’aller à la plage et de joindre des souvenirs à l’agréable, faites une visite au Charnow Park, sur le Broadwalk à Hollywood (300 Connecticut St.). Une quinzaine de musiciens snowbirds vous entraînent dans les décennies passées, trois jours par semaine, les mardis, mercredis et jeudis entre 11 heures 30 et 15 heures.

Vous ne serez pas seul puisque les touristes tapissent la plage pour assister à ces véritables concerts alors que d’autres fredonnent ou dansent sur tous les airs. Il y a des passants, mais surtout des assidus qui, chaque semaine, viennent s’alimenter des balades qui ont marqué leur époque.

Marie-Paule Paulette de la Mauricie est l’une de ces ferventes qui est tombée sous le charme de ce groupe dont le doyen est âgé de 97 ans. Irving Hackin, guitariste, gratte les cordes depuis neuf décennies. Il est l’un des élèves du célèbre Joe Pass. L’un de ses comparses, le new yorkais Marvin Schooners, 90 ans, emprunte glorieusement la voie de Louis Armstrong dans ses interprétations de « Hello Dolly » et « Wonderful World ». « Comme je suis libre comme l’air, mon mari et moi venons régulièrement ici où nous reconnaissons des gens qui, comme nous, sont abonnés à ce véritable concert », raconte madame Paulette. « Je suis tombée en amour avec le chanteur et chef d’orchestre John Ricci » dit-elle avec humour. L’une de ses amies, Yvette Demers de Québec, en était à sa première visite. « Je suis vraiment emballée par ce groupe de musiciens d’un certain âge, c’est le cas de le dire. Les mélodies de mon temps, telles « Volare, Besame Mucho, Pretty Woman et My Way », vont me ramener ici. Une telle prestation gratuite vaut le déplacement même si je suis de Deerfield. C’est nostalgique et enivrant en même temps ».

Les « Beachcombers » sont un groupe de musiciens francophones et américains qui existe depuis près de 40 ans. On ne compte plus le nombre de musiciens qui, au cours de ces années, ont porté le « tee-shirt » du groupe. Le batteur, Jean Guy Lévesque, en est à sa première année avec cette bande. « Je manie les baguettes depuis plus d’un demi-siècle et je dois dire que j’ai un plaisir fou depuis que je me suis joins à ces gars-là. Cela n’a rien d’une orchestre symphonique, mais nous sommes tous heureux de pouvoir pratiquer ce métier, d’autant que nous sentons vraiment le plaisir que nous procurons aux Snowbirds, dont plusieurs reviennent régulièrement ».
Mari Bell, la seule femme au sein du groupe, joue du piano depuis son enfance. Elle est une virtuose qui a créé, il y a 18 ans, un programme de base de jazz connu à la grandeur des États-Unis.Comme la majorité du groupe vient du Québec, le répertoire réserve plusieurs chansons connues chez nous qu’interprètent les musiciens et chanteurs. Robert Tremblay de St-Jean-sur-Richelieu, Jacques Gauthier de Cowansville, Freddy Germain de Sorel et Jean-Louis Pagé prêtent leurs cordes vocales aux anciens succès dont « Mille après mille » et « Quand on est en amour ».
Marvin Schooners est, à 90 ans, le Louis Armstrong des « Beachcombers ». Son interprétation de « Wonderful World » est émouvante. Il performe depuis 83 ans.
La prestation des « Beachcombers » en vaut vraiment le détour.