Fracturation : L’eau potable de la Floride menacée

Fracturation : L’eau potable de la Floride menacée


Par Le soleil de la Floride

La recherche du pétrole par fracturation, près des plans d’eau de la Floride, est au centre d’un débat entre les sociétés pétrolières d’une part et les écologistes d’autre part, qui, eux, craignent les conséquences de la fragmentation du sol.

La controverse vient du fait que le ministère l’agriculture et des ressources naturelles ont décidé de permettre le processus de fragmentation dans les profondeurs rocheuses.

À l’origine de cet assentiment, on retrouve les représentants républicains Ray Rodrigues et Cary Pigman. Depuis trois ans que monsieur Rodrigues tente de faire accepter cette méthode, par projet de loi.

La proposition tend à adopter de nouveaux règlements sur cette fracturation hydraulique de façon à passer outre à l’autorité des gouvernements locaux, qui ont juridiction dans ce domaine.

Pour le moment, on se rabat sur une étude d’un an, laquelle coûterait un million de dollars. Cette étude, qui devra être livrée début 2017, déterminerait l’impact que les produits chimiques utilisés, auraient sur l’environnement et la consommation de l’eau.

L’un des irritants des écologistes est le fait que les compagnies pétrolières refusent, en vertu de la loi sur les secrets commerciaux et industriels, de divulguer le type des produits chimiques qu’ils utilisent.

Les protecteurs de l’environnement soutiennent que ce type de forage permettra à des produits dangereux de s’infiltrer dans la matière rocheuse poreuse de la Floride et contaminera la nappe phréatique, qui désert la population.

En décembre 2013, la compagnie Dan A. Hugues a eu recours à cette façon de faire, c’est-à-dire par l’acidification. Mais après l’analyse de plus de 700 000 gallons d’eau et d’acide dans le sol, cette compagnie a été forcée d’abandonner sa production.

La bataille

Lonnie Draper, médecin d’urgence de Tallahassee, et président de Physicians for Social Responsability, estime que le coût du projet de loi sur la santé publique et l’environnement ne justifie pas le risque de s’aventurer dans cette direction.

Selon monsieur Draper, par sa conception, la fracturation de la pierre est à l’origine de fuite de fluides dans l’environnement.

« Vous faites la promotion d’une industrie qui sait que ses tuyaux fuient et que les eaux seront contaminés, ce qui coûtera une fortune pour ensuite la dépolluer » insiste le docteur Draper.

John Dickert, ingénieur mécanique à la retraite, affirme que ce projet de loi n’assure pas l’élimination sécuritaire des eaux usées radioactives utilisées, dans ce type de processus, et que l’on ne parviendra pas à protéger l’approvisionnement en eaux potable parce que l’on fera les tests de des eaux souterraines seulement après le forage.

Représentant 100 organismes et entreprises et des milliers de travailleurs, la Florida State Federation of Labor et la Florida Congress on Industriel Organisation montent aux barricades et s’opposent carrément à la fracturation.

Son président, Rich Templin, affirme que cette méthode devrait être bannie à jamais à la grandeur de la Floride.

« Quarante pour cent de nos membres sont des républicains et ils représentent des dizaines d’industries, des milliers d’enseignants, des chauffeurs d’autobus, des corps policiers, des travailleurs de la construction, et combien d’autres, et nous livrerons bataille pour que cette loi ne voit jamais le jour », insiste monsieur Templin.

Il précise que 20 comtés et 40 villes de la Floride ont adopté des résolutions interdisant la fracturation hydraulique.