La saison des ouragans, la guerre des devises et la hausse du prix du pétrole


Par Denise Dumont

Le premier juin marque le début officiel de la saison des ouragans sur l’Atlantique. Le Sud de la Floride flirt avec des systèmes orageux depuis quelques semaines déjà. Si les pluies diluviennes reçues donnent un avant-goût de la période redoutée, on risque d’en avoir pour notre argent!

Un record de pluie a été enregistré durant le week-end du 19 mai alors que Fort Lauderdale recevait 5,27 pouces d’eau, causant des inondations épiques au centre-ville. L’ancien record de 4,86 pouces datait de 2013.

Le bon côté de la chose ? Ces  récentes précipitations ont amélioré notre situation de sécheresse. Au lieu d’un déficit de pluie, nous avons maintenant un excédent. Le total des précipitations sur Fort Lauderdale depuis le 1er janvier a augmenté à 17,57 pouces alors que la moyenne est de 15,18. À Miami, les précipitations ont  atteint 13,81 pouces et la moyenne est de 12,81. Le rapport émis le 24 mai par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) confirme la prévision de dix à 16 tempêtes nommées dont une à quatre risquent d’être de catégorie majeure.

 

Pendant ce temps, le huard volait

Le dollar canadien faisait partie des devises les plus performantes au cours des dernières semaines, selon les informations publiées dans le magazine Pound Sterling Live. La décision du président Trump de renoncer à l’accord nucléaire iranien a fait monter les prix du pétrole au plus haut niveau depuis le début de 2015. Appuyé par les espoirs renouvelés d’une entente possible sur l’ALÉNA, le huard semble reprendre son souffle.

Cette hausse de l’or noir a permis au dollar canadien d’être partiellement protégé contre la résurgence du dollar américain, qui a progressé sans relâche au cours des dernières semaines en réaction à une remontée soudaine des rendements obligataires américains.

 

La Floride se réjouit

Si la tendance suit les dernières prévisions de JP Morgan Chase & Co., le dollar canadien devrait reprendre le terrain perdu face au dollar américain au cours des prochains mois. La firme croit que le rallye du dollar américain a atteint son apogée.

Un dollar canadien fort signifie une économie touristique florissante dans les états du Sud, notamment en Floride.

L’équipe JP Morgan maintient qu’une entente de principe entre le Canada, les États-Unis et le Mexique sur l’avenir de l’Accord du libre-échange, offrirait une source importante de soutien à la devise canadienne si cela devait se matérialiser.

En contrepartie, Mark McCormick, responsable de la branche nord-américaine de FX Strategy chez TD Securities, explique que la nature du dollar canadien a changé au cours des dernières années, que le redressement des prix du pétrole depuis janvier 2016 a faussé les perceptions sur le dollar canadien puisqu’il n’a pas simultanément réagi aux fluctuations. Toutefois, l’équipe JP Morgan prévoit que le dollar canadien se redressera contre son rival nord-américain avant la fin de l’année. Les visiteurs canadiens en Floride en auraient plus pour leur huard.

 

La saga à la pompe

Il y a trois semaines, les exportations de pétrole brut ont fracassé un record avec 2,57 millions de barils par jour. Du jamais vu !

La hausse des exportations est attribuée en partie à la croissance de la production nationale de pétrole brut.  La demande mondiale augmente alors que la production de l’OPEP (Organization of the Petroleum Exporting Countries) et de ses partenaires diminue. Des menaces de sanctions contre l’Iran ajoutent à l’incertitude puis, le temps des vacances approche.

 

Le résultat ? 

Un prix à la pompe qui continue d’augmenter.

Durant le long congé de Memorial Day les 26-27 et 28 mai, la moyenne nationale enregistre 2,93 $ du gallon de régulier. En 2014, elle était à 3,65 $.

Si la tendance se maintient, les conducteurs floridiens devront débourser au-delà de trois dollars pour un gallon d’essence durant la saison estivale.