Le Golden Strand n’est plus

Le Golden Strand n’est plus


Par Le soleil de la Floride

Le Golden Strand de Sunny Isle s’est tu le 2 décembre. Il n’y a plus d’âme qui vit au 17901 de la célèbre Collins Avenue. Hôtel pour célébrités et millionnaires, construit en 1946, puis devenu plusieurs décennies plus tard un complexe de 152 villas et condominiums à temps partagé, ce véritable monument du « jet set » à l’époque, s’écroulera sous le pic des démolisseurs en mars prochain. Une longue bataille, entre les propriétaires à la semaine et l’éventuel acheteur, s’est éternisée depuis près de trois ans. Ce centre de villégiature était fréquenté par une clientèle à 46% de Québécois et Canadien depuis près de 60 ans. Le Golden Strand avait été érigé sur une plage déserte sans le moindre voisin à un mille autant au nord qu’au sud. Des tractations bien orchestrées ont commencées lorsque l’un des propriétaires de centaines de semaines de villas et condos a augmenté ses droits d’occupation sur un nombre très importants d’appartements.

Joseph Feldman, riche propriétaires de stationnements publics à Chicago, a convaincu d’autres occupants à se joindre à lui dans l’éventualité de vendre à fort prix leurs droits de résidence à un richissime promoteur immobilier voisin du nom de Jules Trump, sans lien avec le Président Américain. Un groupe de Québécois a bien tenté de s’opposer à cette transaction mais avec le groupe Feldman, détenant plus de 90 % des espaces à temps partagés, il devenait impossible au groupe opposant de poursuivre la lutte.

Depuis le mois d’octobre, les Québécois qui y venaient pour la dernière fois, après des dizaines d’années d’occupation, n’avaient pas tellement le goût à la fête. Michel Roy, résident de Bellechasse, était annuellement propriétaire de plusieurs semaines depuis 27 ans. « Le Golden Strand était notre deuxième résidence comme ceux qui y venaient depuis 35 et 40 ans. Le dernier séjour était vraiment triste et la nostalgie a frappé tous les anciens, » raconte-il. « Sur les 7904 unités, résultats de 152 appartements loués 52 semaines, 1200 appartenaient à des Québécois », ajoute monsieur Roy.

Une seule tour

Jules Trump aurait payé 71 millions de dollars pour ce site de 5,6 acres, dont 500 pieds de largeur sur la plage.  Trump est déjà propriétaire de deux gratte-ciel Acqualina voisins du Golden Strand. Au départ, il envisageait construire deux tours, l’une de 51 étages abritant 154 unités et l’autre de 49 étages comptant 91 unités. Toutefois, selon certaines informations, les choses ne se déroulent pas tout à fait comme le prévoyait monsieur Trump. Les futurs propriétaires ne se bousculeraient pas à la porte, ce qui fait que la construction du deuxième édifice pourrait être repoussée de quelques années. Des difficultés seraient aussi apparues en raison de la prévente d’appartements dans chacune des tours. Comme la clientèle se fait attendre, on a demandé aux acheteurs de condo de la deuxième tour d’accepter de loger plutôt dans le premier édifice. Certains acheteurs refusent ce compromis. Le prix des condos de la première tour se vendront entre 3,9 et 40 millions de dollars.

Pour riches et célèbres

Le Golden Strand est devenu, dès sa construction en 1946, un lieu mythique fréquenté par les grands noms du cinéma, du spectacle, de la musique et du sport professionnel.

Au nord de ce nouvel hôtel se trouvaient de luxueuses propriétés de multimillionnaires et d’autres hôtels de prestige dont le Green Heron où le célèbre Frank Sinatra épousa, la non moins célèbre, Ava Gardner en 1951.

Le Golden Strand n’était pas en reste puisque les richissimes hommes d’affaires, politiques et les grands du sport et de la musique s’y installaient tout au cours de l’année. Les familles Kennedy, les Carnegie, les Vanderbilt, des athlètes célèbres, dont Babe Ruth, y séjournaient. Dans bien des cas, le cuisinier et le valet suivaient la famille ou la célébrité. Les acteurs Burt Lancaster, Gary Cooper, Joseph Cotton et Grace Kelly en avaient fait leur refuge pour leurs vacances.

Les grands musiciens Guy Lombardo, Benny Goodman et Gene Krupa, qui se sont produits durant une saison y débarquaient régulièrement.

À cette époque, le Golden Strand comptait deux ailes de chambres et 16 villas privées sur une superficie de 13 acres s’ouvrant sur le sable de la plage. Bals costumés et soirées mondaines étaient régulièrement à l’ordre du jour tandis que les allées et le stationnement débordait de Cadillac et de voitures de luxe.

Dans les années 50 et 60, n’entrait pas qui voulait dans ce lieu! Le Golden Strand était le sanctuaire des célébrités et des gens riches.