Le tourisme médical : protection du consommateur


Par Denise Dumont

La Floride fait partie des destinations vacances offrant des forfaits alléchants pour la chirurgie esthétique. Malheureusement, les opportunistes ont senti l’odeur des billets verts, donnant naissance à une « manufactures de chirurgies plastiques ». En 2018, trop d’offres délicieuses se sont traduites en tragédies pernicieuses et mortelles. L’État de Floride a donc décidé de mettre fin à cette horreur.

La semaine dernière, une proposition visant à assurer la qualité des procédures chirurgicales a été applaudie et elle arrive à temps. Une récente enquête a confirmé que dans l’une de ces « cliniques-manufactures » à Miami, huit décès liés à des opérations ratées ont été enregistrés au cours des six dernières années. L’entreprise avait changé de nom plusieurs fois et elle est toujours dirigée par le même médecin qui n’est ni certifié, ni membre de l’Association des chirurgiens. Toujours selon l’enquête, il existe au moins une quinzaine de ces établissements odieux dans la région.

Des organisations, telles que la Medical Tourism Association (MTA), se consacrent à la recherche et à la surveillance du secteur. Les statistiques récentes ont estimé une croissance annuelle de 25 % du tourisme médical jusqu’en 2025. L’une des opérations les plus populaires dans le Sud de la Floride est le « butt lift » brésilien, ou la chirurgie des fesses. Cette procédure complexe fait en moyenne un décès sur 3 000.

La Proposition
Afin de protéger le consommateur, la sénateur Anitere Flores (R-Miami) a présenté un projet de loi qui, selon elle, sauvera des vies.

Les changements proposés donneraient, au Département de la Santé de l’État, le pouvoir d’imposer des normes et de réglementer les installations dans les cliniques et d’assurer que l’établissement et les médecins soient en mesure de payer les réclamations, si faute il y a. De plus, il pourrait suspendre l’enregistrement d’une clinique qui ne respecte pas les normes.

Le Département aurait aussi le pouvoir discrétionnaire d’imposer une interdiction de cinq ans à un établissement ou à un médecin dont le permis a été révoqué, en s’assurant qu’il ne puisse pas ouvrir une nouvelle clinique sous un autre nom.
La sénateur Flores admet que ce projet de loi ne règlera pas tout, mais elle espère que le Département de la santé et l’Association des médecins pourront créer des règles précisant les conditions de formation et de pratique. Elle est consciente que les mauvais praticiens et ceux motivés par l’argent, plutôt que par la sécurité du patient, ne seront jamais complètement éliminés. « Mais nous pouvons donner au Département de la santé les outils nécessaires pour emprisonner ces bouchers, parce que c’est vraiment ce qu’ils sont », a déclaré madame Flores.

Le projet de loi a été adopté à l’unanimité et attend d’être entendu à la Chambre.

Il existe une multitude de cliniques de chirurgie esthétique hautement qualifiées dans la région. Les consommateurs doivent faire des recherches et confirmer le professionnalisme des médecins et ne pas opter pour le prix seulement.