Les quotidiens se redressent-ils?


Par Le soleil de la Floride

Une enquête faite par le département du Travail,  à la grandeur du pays, est stupéfiante. En 15 ans, les effectifs des journaux ont décliné de 58 %.Depuis une quinzaine d’années les journaux à grand tirage, dans les villes importantes des États-Unis, connaissent une dégradation autant dans leur contenu que chez leur personnel, particulièrement dans les salles de rédaction.

 

Puis 57,8 % des journaux papier ont fermé leurs portes entre janvier 2001 et septembre 2016. Ces fermetures ont contribué, dans une large part, à la mise à pied de 230 000 employés. Au cours de la même période, le nombre de Sociétés propriétaires de journaux a décliné de 18 % c’est-à-dire de 9310 à 7023. La télévision a aussi connu des années de misère entre 2001 et 2009, forçant le congédiement de 14,5 % du personnel. Depuis, elle s’est très bien redressée puisque depuis novembre 2009, les effectifs ont augmenté de 13,5%.

Les magazines ont aussi été très largement affectés par ces fortes mutations dans les médias avec un recul de 42,4 % d’effectifs en 15 ans. Les créneaux de la radio avaient mieux résisté à  cette tendance.

En septembre 2016 les mises à pied avaient été limitées à 23,5 %, chiffre accablant mais plus acceptable dans ces circonstances de périodes de noirceur. Dans le secteur de l’édition du livre la baisse de personnel atteignait les 29,1 % entre janvier 2001 et septembre 2016. Globalement les journaux papier, la presse magazine, le secteur de l’édition de livres ont donc, en 15 ans, diminué le nombre d’employés de 50,2 %, soit rien de moins que 333 781 personnes.

 

Le creux

C’est en 2009, que la crise a été la plus dévastatrice pour les journaux régionaux. On ne parle pas ici du USA Today et du Wall Street Journal mais des quotidiens qui desservent quand même de grandes villes et leur région. Le 27 février 2009, le plus vieux quotidiens américains, le Rocky Mountain News de Denver, fondé en 1859, stoppait ses presses pour la dernière fois, privant 200 000 personnes de leur lecture quotidienne, le même nombre que son compétiteur le Denver Post, toujours vivant. Dans la même semaine, les deux quotidiens de Philadelphie, dont le Philadelphia Inquirer, déclaraient faillite. Puis deux monuments de la presse, le Los Angeles Times avec 900 milles lecteurs, et le Chicago Tribune, avec ses 650 milles lecteurs, appartenant à une même société, se plaçaient sous la protection des lois d’entreprises en faillite. Ils ont survécu. Le New York Times non plus  n’était pas sorti  du merdier puisqu’il a dû hypothéquer l’un de ses édifices pour la somme de 225 mille dollars, afin de reprendre son souffle.

Il existe plus de 1 500 quotidiens à la grandeur des États-Unis, lesquels impriment, jour après jour, 56 millions d’exemplaires. Cent quatorze d’entre eux ont un tirage de plus de 100 000 copies. Une dizaine d’autres sortent des presses plus de 500 000 journaux quotidiennement.

Le plus grand quotidien américain est le USA Today. Il imprime 2 281 000 exemplaires chaque jour. Le Wall Street Journal livre un peu moins de deux millions quotidiennement. Le USA Today et le Wall Street Journal sont les deux seuls quotidiens distribués à la grandeur du pays. Le New York Times et le Washington Post sont des quotidiens considérés régionaux avec des tirages de 1 120 000 et 700 000 copies. Mais d’autres journaux régionaux ont continué leur publication, dont le Sun Sentinel et le Miami Herald, distribués dans l’État de la Floride. Ils ont dû aussi faire des acrobaties, comme des mises à pieds de hauts salariés, pour survivre.

 

Pour pallier à la baisse vertigineuse des revenus de publicité, qui ont fait un virage, les grands journaux ont créé des sociétés, des affiliations et se sont portés acquéreurs de services de câblodistribution, de stations de radio et de télévision où les revenus progressent et assurent une certaine rentabilité à l’ensemble de leurs médias ou de leur identité sociétaire.