« Tous veulent jouer pour notre entraineur »

« Tous veulent jouer pour notre entraineur »


Par Le soleil de la Floride

Jonathan Huberdeau

Jaromir Jagr connait sa meilleure saison depuis qu’il a marqué 30 buts avec les Rangers de New York en 2006-2007. Avant le match d’hier, à Toronto, il en avait réussi 26.

Aleksander Barkov ne cesse d’impressionner par son habileté. Samedi soir, avec deux buts, il avait atteint le cap des 26. Il n’a que 20 ans.

Vincent Trocheck, un choix de troisième ronde, était le meilleur joueur des Panthers avant de se blesser, ce qui le forcera à rater, tout au moins, la première semaine des séries éliminatoires. Il avait 25 buts. Il n’a que 22 ans.

Reilly Smith, obtenu des Bruins en échange de Jimmy Hayes, connait sa meilleure saison dans la Ligue nationale. Après la victoire arrachée dans les dernières secondes au Canadien samedi, il montrait une fiche de 24 buts. Il a 25 ans.

Jonathan Huberdeau est le meneur de jeu de son équipe. Ses feintes et ses passes confondent constamment l’adversaire. Il ne lui manquait qu’un but, hier, pour franchir la barre des 20. Il n’a que 22 ans.

Roberto Luongo a été tout de même le pilier de son équipe durant les quatre premiers mois de la saison.

On pourrait rajouter d’autres noms à cette liste de joueurs, dont Jussi Jokinen, deuxième marqueur des siens avec un dossier de 17 buts et 41 passes, un sommet chez les Panthers.

Si tout ce beau monde connait beaucoup de succès, il faudrait commencer à donner à l’entraineur Gerard Gallant, le crédit qui lui revient.

Si Dale Tallon a su jusqu’ici, trouver les joueurs qui ont transformé cette équipe trop souvent moribonde, il a peut-être réussi son meilleur coup lorsqu’il a arraché Gallant au Canadien de Montréal.

On l’aime

On n’en parle pas souvent, mais Gallant est l’un des meilleurs entraineurs de la Ligue et il devrait être en nomination pour le trophée Jack Adams, remis au meilleur de sa profession dans la LNH.

Jonathan Huberdeau a joué sous ses ordres dans les rangs juniors et avec lui, il a remporté la Coupe Memorial comme meilleure équipe junior au Canada.

« Tous les joueurs aiment jouer pour cet entraineur. Il ne crie pas et il n’est pas le genre à bousculer ses joueurs. Il peut bien lever le ton de temps en temps. Il le fait lorsque c’est nécessaire », raconte le numéro 11.

« Il n’est pas celui qui se lance dans de grands systèmes de jeu. Il fait confiance à ses adjoints qui ont ces tâches. Il prend ensuite la décision finale. Sa grande qualité, c’est qu’il fait confiance aux jeunes et il ne va pas clouer au banc un joueur parce qu’il est nouveau et qu’il a fait une erreur. Puis il utilise tout le monde. Les quatre lignes voient de l’action. Il choisi cette façon de faire parce qu’il sait que dans les dernières minutes d’un match, ses premiers trios auront encore de l’énergie si l’équipe est dans une impasse ».

Huberdeau prend son cas comme exemple.

Lorsque Gallant était l’assistant de Michel Therrien à Montréal, il lui arrivait de jaser avec son ancien protégé.

« Il me disait que mon entraineur devrait me faire jouer davantage. Que je devrais passer plus de minutes sur la glace ». C’est vrai que le joueur québécois n’était pas le préféré de Peter Horachek. Il lui préférait un de ses anciens protégé sans grand talent comme Scottie Upshall. Misère.

« Lorsqu’il est arrivé ici, il savait que j’avais connu une deuxième année difficile et que je ne jouais pas le hockey dont j’étais capable. Il n’a pas hésité à me faire confiance comme il le faisait avec moi dans les rangs juniors, avec les Sea Dogs de St-John. Il m’utilisait à profusion. Il m’a redonné confiance. Il le fait avec les autres joueurs de notre équipe ».

Jonathan Huberdeau connait sa meilleure saison depuis qu’il a rejoint les Panthers. Lui et son compagnon de ligne Barkov, sont les joueurs qui manient outrageusement la rondelle. Ensemble avec Jagr, ils forment l’un des meilleurs trios du circuit.

Gerard Gallant rencontre les médias presqu’à tous les jours. Jamais il n’a accusé l’un de ses joueurs de quoi que ce soit. Il règle ces situations dans son bureau.

Il a été le principal acteur du changement d’atmosphère dans son vestiaire où, depuis trop longtemps, régnait une attitude de perdant.

Oui, il a eu l’opportunité de compter sur de nouveaux talents. Pour lui, c’était un peu une continuité du travail qu’il a accompli dans les rangs juniors. Et on peut dire que son attitude envers eux les fait progresser à un rythme plutôt excitant.

Gerard Gallant est un peu mère poule avec tous ses jeunots. Il les protège.

On comprend pourquoi tous les joueurs de son équipe ne voudraient pas avoir un autre patron que lui et qu’ils forment la meilleure équipe de l’histoire des Panthers.