Marc Bisaillon  au Festival du Film de Miami

Marc Bisaillon au Festival du Film de Miami


Par Denise Dumont

Le Festival International du Film de Miami (MIFF), tenu du 1er au 10 mars dernier, a connu un grand succès pour une 36e année consécutive. Neuf films canadiens étaient à l’affiche, dont la première internationale du film québécois « L’amour ». Ce drame psychologique, mettant en vedette Fanny Malette, Paul Doucet et Pierre-Luc Lafontaine, a fait ses débuts le samedi 2 mars et avant le visionnement, Le Soleil de la Floride a rencontré le sympathique scénariste et réalisateur du film, Marc Bisaillon.

Le long métrage a été nominé aux prix Écrans canadiens 2019 le mois dernier. Il est en concurrence dans les catégories du meilleur son d’ensemble (Stéphane Barsalou, Bernard Gariépy-Strobl), du meilleur scénario original (Marc Bisaillon) et de l’interprétation masculine dans un rôle de soutien (Paul Doucet).
Heureux de l’attention que son film a suscitée à date et honoré d’être invité au festival de renom de Miami, c’est un Marc Bisaillon émotif, fier et à la fois anxieux avec qui nous avons discuté. Il nous raconte le parcours du dernier volet de la trilogie dans laquelle il évoque la sensibilité, le réalisme et l’importance d’être à l’écoute. « Je suis encore fébrile face à ce film, j’ai de la difficulté à m’en détacher » raconte le cinéaste. « J’ai mis presque sept ans à l’écrire. C’est à partir de la tragédie de Stephen Marshall survenue en Nouvelle-Écosse en 2006 que j’ai découvert le troisième sujet de ma trilogie sur les conséquences traumatiques du silence et de la culpabilité. J’ai rencontré à plusieurs reprises la mère de Stephen. Elle était d’ailleurs venue à la première du film au Québec en novembre dernier. »
Les deux films précédents « La lâcheté » et « La vérité », sont aussi inspirés d’histoires vraies qui exposent le silence du coupable et le silence de la victime.

L’amour : Synopsis
Alex est un garçon dans la jeune vingtaine qui semble timide et bon. Sa mère et son beau-père sont aimants, il adore sa soeur et possède un avenir rempli de possibilités. Mais derrière cette normalité, Alex cache une personnalité troublante. Un jour, en secret, il quitte le Québec pour se rendre chez son père, dans le Maine. Envahi par une colère refoulée, il repère des pédophiles dans le registre public et y trouve justice. Un film profondément affectif et psychologique qui force à poser des questions difficiles.
« J’aime laisser le spectateur libre de penser ce qu’il veut. Pour le film L’amour, nous avons fait le tournage en 20 jours, étalés entre avril et juin 2017. C’était assez intense car on a utilisé 46 lieux de tournage. Puis nous avons procédé au montage du film dans les studios à Montréal » explique le réalisateur, résident de Saint-Hyacinthe.

Sous-titré en anglais, la première de « L’amour » à Miami n’a laissé aucun spectateur indifférent. La qualité et la simplicité des images, les dialogues, les silences, les émotions, bref, tous comprennent pourquoi Marc Bisaillon prêche l’importance d’être à l’écoute. L’amour, un film à voir.

Jaie Laplante remercié
Cette année, 202 films ont été présentés dans divers théâtres de Miami. Divisés en 20 catégories et provenant d’une vingtaine de pays, la reconnaissance récoltée au Festival International du Film de Miami aura une fois de plus servi de tremplin pour plusieurs.
Depuis neuf ans déjà, Jaie Laplante, Canadien originaire de St. Albert en Alberta, dirige d’une main de maître ce prestigieux événement. Lors d’une réception offerte par le Consulat général du Canada à Miami, madame Susan Harper, Consule générale, lui a remis une plaque en guise de reconnaissance pour son apport au MIFF, son professionnalisme et son talent de critique extraordinaire. Monsieur Laplante continue de connecter les artistes avec l’audience. Pour lui, offrir une expérience cinématographique unique, c’est le plus beau défi au monde.