Ces Capitales D’États Américains Qui Portent Un Nom Français


Par Le soleil de la Floride

La France fut très présente sur le continent nord-américain à l’époque de la Nouvelle-France de 1500 à 1763 lors de la signature du traité de Paris, mettant fin à sa présence politique et militaire dans cette partie du monde. Elle a cependant laissé une présence humaine et culturelle dont on trouve encore de nos jours, les traces répertoriées dans ce qu’il est habituel d’appeler le « fait français » en Amérique d’hier à aujourd’hui. Voici par ordre alphabétique, ces capitales d’États américains qui en 2015, portent toujours un nom français.

 

BATON ROUGE – LOUISIANE

La ville de Baton Rouge (230 000 habitants) est la capitale de l’État de la Louisiane depuis 1849. C’est la deuxième ville la plus peuplée de l’État au sein d’une agglomération de plus de 800 000 habitants.

En 1699, les explorateurs français découvrent la région et en prennent possession au nom du Roi de France et lui donne le nom de Louisiane. Les écrits de d’Iberville identifient le secteur particulier qui nous concerne par le nom de « Istrouma » qui signifie tout simplement « bâton rouge » en effet on y trouve de nombreux grands poteaux rouges érigés par les Amérindiens au sommet desquels, sont posées des têtes de poissons et d’ours offertes en sacrifice.

En 1718, les Français construisent un fort près de l’actuelle Baton Rouge afin de protéger les voyageurs. En 1763, la ville et toute la région à l’ouest du Mississippi, deviennent possession britannique par le traité de Paris. On peut également noter que cette ville est le lieu de naissance de Jean-Baptiste Annibal Aubert du Bayet (1757-1797). Certains disent que c’est à La Mobile en Alabama, qu’il sera général, député et diplomate lors de la révolution française.

BOISE – IDAHO

La ville de Boise (210 000 habitants) est la capitale de l’État de l’Idaho. Elle est le centre d’une agglomération d’environ 550 000 habitants.

L’origine de ce nom prend sa source dans deux hypothèses. La plus souvent retenue est que dès le début des années 1800, et ce bien avant la construction de Fort Boise qui date de 1863, il est établi que des trappeurs canadiens français, seuls Blancs parcourant cette région quasi désertique, mettaient en place des pièges le long de la rivière bordée d’arbres, correspondant à l’actuel emplacement de la ville, lui donnant naturellement le nom de rivière Boisée. Par la suite, on a pu noter que les guides, et les trappeurs canadiens français parlaient de Boissie River ou Boisier River.

L’autre hypothèse est reliée au capitaine Benjamin Louis Eulalie de Bonneville de l’US Army, d’origine française, qui explorait la région en 1833. Alors qu’il observait depuis une hauteur aujourd’hui Bonneville Point, sur la piste de l’Oregon on pouvait voir la vallée boisée et verdoyante de la rivière et il se serait alors écrié « Les bois, les bois ! Voyez, les bois ! »… Personnellement, j’opte plus pour la première hypothèse.

DES MOINES – IOWA

La ville de Des Moines (205 000 habitants) autrefois appelée Fort-des-Moines, est la capitale de l’État de l’Iowa, elle est située au confluent des rivières Des Moines et Racoon. Elle fait partie d’une agglomération d’environ 530 000 personnes dont 55 000 résidents dans la ville voisine de West Des Moines.

On doit très certainement son nom à la présence d’une confrérie trappiste installée à l’embouchure de la rivière et tout particulièrement en raison du Tumulus des Moines, situé près de la ville de Saint-Louis, à l’époque de la Louisiane française et sur lequel des missionnaires français édifièrent une chapelle en 1735. C’est en 1843, qu’est construit à cet endroit un fort militaire initialement baptisé Fort Raccoon, mais rapidement renommé Fort Des Moines sur les instances du ministère américain de la Guerre.

JUNEAU – ALASKA

La ville de Juneau (32 000 habitants) est la capitale de l’État de l’Alaska depuis 1906. Située sur la bande continentale du Sud-est de l’Alaska, au bord du détroit de Gastineau qui la sépare de l’ile Douglas, c’est la seule capitale d’un État américain à ne pas être reliée par le réseau routier : le seul moyen pour s’y rendre est l’avion ou le bateau. En termes de population, c’est la troisième ville d’Alaska, loin derrière Anchorage (280 000 habitants).

On doit son nom au chercheur d’or Joseph Juneau, dit Joe Juneau, (1836-1899) un Canadien français originaire de Saint-Paul-l’Ermite (Repentigny), près de Montréal. Plusieurs noms étant utilisés à l’époque la ville ne prit ce nom qu’après une réunion et le vote des mineurs le 14 décembre 1881. Sur les 72 votes, le nom de Juneau en obtint 47, Harrisburg 21 et Rockwell 4.

Dans les faits la ville est véritablement créée en 1881 après que de l’or y soit découvert, un camp de prospecteurs s’y installe, et par la suite de grandes mines souterraines y sont creusées au début du XXe siècle. On peut encore en découvrir les vestiges à l’île Douglas.

MONTPELIER – VERMONT

Montpelier (8 000 habitants) est la capitale de l’État du Vermont. C’est la plus petite capitale, pour sa population, des États des États-Unis. La ville a officiellement été reconnue par l’assemblée générale du Vermont le 14 août 1781, alors que le Vermont était une république indépendante (1777-1791). La première colonie permanente date de mai 1787 lorsque le colonel Jacob Davis et une centaine de pionniers, venant du Massachusetts, se sont établis. C’est d’ailleurs le colonel Jacob Davis (Patriote ayant servi dans l’armée continentale commandée par George Washington) qui choisit de nommer la ville « Montpelier », du nom de la ville de Montpellier en France (Hérault) en reconnaissance de l’aide apportée par la France lors de la révolution américaine (1775-1783) et surtout la participation du Marquis de Lafayette qui visita la ville en 1825 lors d’une tournée triomphale en Amérique, 50 ans après la guerre d’indépendance.

PIERRE- DAKOTA DU SUD

La ville de Pierre (14 000 habitants) fondée en 1880 est la capitale de l’État du Dakota du Sud depuis sa création le 2 novembre 1889. Elle est la deuxième plus petite capitale des États des États-Unis pour sa population après Montpelier, capitale du Vermont. La ville est le centre d’une agglomération dont la population est estimée à environ 20 000 personnes.

Son nom vient du Fort Pierre, situé à proximité fondé par Pierre Cadet Chouteau, né à Saint Louis (1789-1865), aussi appelé en anglais Pierre Chouteau Jr. Ce commerçant en fourrures et minerais, était membre de la famille Chouteau, une famille de marchands de fourrures de Saint-Louis originaire de la Nouvelle-Orléans (Louisiane) et associé à Pierre Laclède, un des fondateurs de la ville.

SAINT PAUL – MINNESOTA

La ville de Saint Paul (300 000 habitants) est la capitale actuelle de l’État du Minnesota depuis 1858. Elle forme avec Minneapolis, un ensemble urbain de 3,4 millions d’habitants.

Cette région est connue depuis la Nouvelle France dans les années 1666, mais Saint Paul commença à être véritablement habitée par des trappeurs, des aventuriers et des missionnaires, au début du XIXe siècle, après la construction du fort Snelling. On doit le nom de Saint Paul au père Lucien Galtier qui établit en 1841 la « Cathedral of St Paul ».

Le premier habitant connu fut Pierre Parrant dit « œil de cochon » car il était borgne. Ce Canadien français nait à Sault-Sainte-Marie (Ontario) en 1777, et ouvrit à 60 ans, après une vie d’aventurier bien remplie, le premier bâtiment à la fois habitation, commerce et débit de boisson, près du Fort Snelling dans un lieu qui allait devenir le centre de Saint Paul.

C’est également à Saint Paul qu’Irma Levasseur, originaire du Québec, première femme médecin, fut formée avant d’aller pratiquer en France et en Serbie et revenir au Québec son pays natal pour devenir une des cofondatrices du CHU Sainte Justine à Montréal.

Sources : Vous pouvez également consulter les sites suivants sur internet. Ils ont permis de documenter cet article  ainsi que tous les sites officiels des villes citées dans ce texte.