Les commentateurs, journalistes, analystes, ont décortiqué dans tous les sens les résultats et les événements survenus depuis la première journée des séries éliminatoires de la Ligue nationale.

De nombreux facteurs restent au centre des discussions, comme bien des surprises que l’on n’attendait aucunement, sont peut-être passées du côté de l’oubli.

Comme le balayage des Blacks Hawks de Chicago en quatre matchs devant les Prédateurs tout autant que la capitulation des incompréhensibles Capitals de Washington face à des Penguins décimés par les blessures.

Deux constantes toutefois retiennent l’attention depuis l’ouverture de cette guerre printanière. La tenue d’Erik Karlsson et de Sidney Crosby, et les pitoyables bavures des arbitres, à chacun des matchs, soulèvent les plus chaudes discussions.

Le défenseur des Sénateurs a fait la preuve qu’il est devenu probablement l’arrière le plus électrisant, depuis les beaux jours de l’incomparable Bobby Orr. Sa domination d’un bout à l’autre, son efficacité à tous les niveaux, son utilisation surhumaine, sa vision exceptionnelle, son habileté supérieure, son coup de patin désarmant et surtout, le niveau très élevé de son quotient hockey permettent aux amateurs d’admirer ce défenseur devenu, avec Sidney Crosby, les deux meilleurs joueurs de la Ligue nationale.

Il n’est pas nécessaire de fouiller toutes les statistiques qui déterminent ses succès pour saisir à quel point Karlsson coiffe tous les autres. Au moment d’écrire ces lignes il est, avec Pekka Rinne, le plus sérieux candidat au trophée le plus utile à son équipe durant les éliminatoires.

Aucun autre joueur n’a eu un tel impact sur les succès de son équipe jusqu’ici, malgré une sérieuse blessure à un pied.

Karlsson et les Sénateurs représentent l’une des grandes surprises, que leur performance se termine devant les Penguins ou non. Guy Boucher a réussi à convaincre ses ouailles à appliquer sa théorie. On le sait, les méthodes de Boucher tiennent un bout de temps, mais pas une éternité, parce que ses joueurs deviennent saturés de laisser trop souvent leur imagination et leur créativité en attente. Mais le temps que tous suivent le plan rapporte des dividendes.

Bobby Orr est désigné généralement comme le meilleur joueur de hockey de l’histoire de ce sport. On ne va pas coller la même étiquette à Erik Karlsson. Mais personne ne contestera que ce défenseur, hors-norme, soit largement au sommet de la pyramide en ce moment. Il joue près de 30 minutes par match et depuis le début des séries il a été sur la glace pour les 10 buts vainqueurs des siens.

Désastre

Si le spectacle ininterrompu d’Erik Karlsson enivre tous les amateurs, celui offert par les arbitres est affreusement misérable. Leur jugement est à ce point altéré que leurs décisions ont probablement provoqué l’élimination des Oilers d’Edmonton, l’une des équipes chouchoutées par les amateurs de hockey.

Il est inconcevable que ces officiels atteignent un tel niveau d’incompétence dans les moments les plus sacrés d’une saison de la Ligue nationale.

Non, ces arbitres ne deviennent pas aussi nuls en si peu de temps. De toute évidence, des directives sont imposées par les bonzes de la LNH pour laisser jouer les athlètes comme le veut l’expression galvaudée depuis des saisons.

Or, les arbitres ferment les yeux sur des infractions flagrantes, on ne pénalise plus les coups vicieux et on bafouille allègrement lorsque vient le temps de confirmer ou refuser un but contesté. On ne peut donc pas se surprendre que les joueurs franchisent les règles et utilisent tous les moyens pour ralentir l’adversaire.

Le hockey reste le sport professionnel le plus mal arbitré à part le WWF. Méchant nivellement par le bas, une spécialité de la LNH.

Autre incongruité. La formule des séries n’a aucun sens. Elle permet l’élimination des puissances de la Ligue et ouvre la porte à des équipes qui doivent emprunter un jeu défensif à outrance, ce qui terni largement le spectacle.

Le Canadien

En observant les performances de plusieurs équipes, on en arrive au constat irréfutable que le Canadien de Montréal est davantage près du bas que du haut de la LNH.

Il n’a pas fait long feu au bal printanier. On pourra chercher dans tous les recoins, les raisons de cette élimination expéditive devant les Rangers, une meilleure équipe, dont la robustesse est venue à bout d’eux. Les inconditionnels de la Ste-Flanelle vont devoir se résigner à un avenir plus que douteux.

Les renforts apportés par Marc Bergevin en fin de saison ont été d’une nullité totale.

Puis, la pépinière de cette équipe est inexistante. L’état-major pourra se casser le coco tous les jours pour trouver des solutions à une offensive sans panache, à une défensive suspecte et à un gardien incapable de sortir les marrons du feu en éliminatoires. Il y a bien peu d’avenues qui s’ouvrent devant Marc Bergevin. Geoff Molson sait que son équipe est coincée avec une bande de petits joueurs et peu d’offensive.

À la veille du repêchage, on peut s’interroger par quels moyens Marc Bergevin pourra renforcer son équipe. En plus d’une réserve démunie, ses meilleurs joueurs n’ont pas une très grande valeur sur le marché des échanges.

Les Panthers

Depuis la réintégration de Dale Tallon au poste de directeur-gérant, on n’a pas beaucoup entendu d’histoire sur les Panthers de la Floride.

Dès le dernier match de la saison, Vincent Viola a reconnu avoir commis l’une des pires gaffes qu’un propriétaire ne pouvait faire, puisqu’il ramenait aussitôt Tallon comme grand patron de son équipe. L’incompétent Tom Rowe, qui était devenu l’homme de confiance de Viola, a alors été placé sur une voie d’évitement. Non sans avoir eu le temps de saborder une équipe, qui avait le vent dans les voiles.

Les langues se sont déliées dès le retour de Tallon, alors que plusieurs joueurs manifestaient leur bonheur de voir le bâtisseur de cette équipe reprendre la barre. L’espoir renait. On a senti alors comment cette dernière saison avait été pénible sous la direction de Rowe comme entraineur et directeur-gérant.

Il faut donc repartir. Le 2 juin à Chicago, les Panthers auront le 10ème choix du repêchage. Dale Tallon a dit qu’il voudrait obtenir un patineur capable de faire le saut dans la LNH, dès l’an prochain.

Tentera-t-il de gagner quelques rangs de sélection en concluant une entente avec un collègue?