Est-ce vrai de mentir ?


Par Liane Sangollo

Vous dites la vérité et rien que la vérité ? Pas si facile de ne pas mentir. Essayez voir pour deux jours.

Selon le psychiatre et psychanalyste Juan-David Nasio, il semble qu’il est impossible de parler complètement vrai.

Quelle est la nature de la vérité ?
Lorsque nous utilisons la parole, nous sommes condamnés à ne pas tout dire, car les mots ne reflètent jamais toute la vérité ; il y a toujours une partie de celle-ci qui reste cachée, inaccessible à la parole. Selon Nasio, dire la vérité, toute la vérité, signifierait être dans un rapport direct avec la réalité. Mais nous sommes toujours dans l’interprétation.

Son exemple : votre meilleure amie vous demande ce que vous pensez de sa nouvelle coiffure. Ayant promis de ne jamais lui mentir, vous lui avouez : « Elle est ratée. » Mais une tierce personne pourrait lui dire l’inverse avec autant d’honnêteté. D’ailleurs, vous-même, un autre jour, soumis à d’autres humeurs, vous pourriez tout à fait trouver que sa nouvelle coiffure lui va comme un charme.

Un réflexe
Nous sommes incapables de ne pas mentir. Au quotidien, la majorité de nos mensonges sont des actes réflexes, instinctifs pour se protéger. De quoi ? « D’une atteinte physique, morale, matérielle ou psychique (honte, perte d’estime de soi) », écrit Nasio. En un mot : pour protéger la relation établie avec autrui.

Toujours selon l’auteur, on ment par peur d’être privé de l’amour, au sens large, de l’autre. Le mensonge est d’abord « un acte défensif ». Ceux qui ont tendance à dire tout ce qu’ils pensent sont avant tout très sûrs d’eux, ils ont une telle confiance en eux qu’ils ne sont pas retenus par la crainte de perdre l’amour de l’autre.

Et vous, qui dit vrai ?