C’EST UNE QUESTION D’ÉQUILIBRE !


Par Louise Theriault

Le mois dernier, je vous ai parlé de « respect de soi ». Lors de mon passage à Deerfield Beach, j’avais reçu plusieurs témoignages sur la difficulté que nous avons souvent à dire non à nos enfants.

 

Que ce soit pour garder leurs enfants, les soutenir financièrement, les recevoir ici en Floride.  Pas toujours facile de s’affirmer et de discerner si j’accepte de donner par plaisir ou par obligation.  Ceux qui n’ont pas d’enfants savent certainement que ce n’est pas qu’avec nos enfants qu’il est difficile de se choisir lorsqu’on atteint une limite.

 

Comment se sortir de l’envahissement que nous nous causons nous-mêmes, lorsque nous ne posons pas nos limites ?

 

Comme dirait Colette Portelance, docteure en éducation et fondatrice du Centre de Relation d’Aide de Montréal, nous devons d’abord écouter les peurs qui se cachent derrière notre fonctionnement de sauveur (tendance à prendre en charge dans nos relations). De quoi ai-je peur si je dis non ?

Peur d’être jugée ? Peur de perdre l’amour ? Peur d’être rejetée ? Peur d’être blamée ? Peur de me sentir coupable ? Peur que l’autre se venge ? Qu’il me boude ? La liste pourrait s’étendre encore, tant les peurs sont présentes lorsque vient le temps de dire le simple mot : « non ».

 

Lorsque je suis consciente de mes peurs, je peux m’en occuper autrement que par la prise en charge.  Durant le congé scolaire, j’ai reçu mes 2 petites-filles, des jumelles de 9 ans.  Difficile de ne pas succomber à mon grand besoin d’être aimée et d’être reconnue par elles. Quelle joie de les voir rire et s’amuser, de les entendre raconter à maman combien Mamilou est géniale : elle nous amène à la plage, à la piscine, elle nous achète pleins de choses, presque tout ce que nous voulons !

 

Bien sûr, la plupart du temps, j’avais envie et j’avais choisi de répondre à leurs besoins, pour ne pas dire à leurs moindres désirs. Mais je sais aussi que parfois, je me pousse à dire oui, à cause de toutes les peurs que j’ai nommées précédemment.

 

Lorsque j’en prends conscience, je peux alors m’arrêter et me questionner. Vais-je vraiment perdre l’amour et la reconnaissance si j’ai une limite ? Ma valeur se résume-t-elle à mon seul dévouement ? Me questionner, c’est y répondre.

Questionner ceux que je prends en charge est une autre façon de m’occuper de mon besoin d’être rassurée sur ma valeur. Aussi, j’ai fait l’exercice avec mes petites. Je leur ai dit pourquoi je les aimais, même si je dis non parfois. Et je leur ai demandé pourquoi elles m’aimaient. La réponse n’avait rien à voir avec les cadeaux et les sorties. Essayez cela pour voir !

 

Et n’oubliez pas qu’il y a une grande différence entre le plaisir de donner tout simplement et le « devoir » que nous nous imposons lorsque nous sommes esclaves de nos peurs dissimulées. Posez-vous la question suivante : « Ai-je envie » de faire ceci ou « il faut » que je fasse cela ? L’élan n’est pas le même, je suis certaine que vous voyez la différence.

 

Louise Thériault, TRA

Conférencière et auteure

ltherio@aol.com