Véritable cauchemar pour les plages


Par Le soleil de la Floride

Le décharnement des plages de la Floride est un mal récurent.

Les phénomènes naturels propres au climat de l’État charcutent, bon an mal an, les rives de la mer sur des miles et des miles le long des côtes.

Jusqu’ici, on n’a pas réussi à contrer les dommages gigantesques que les ouragans, les tempêtes tropicales et les marées sévères causent sans la moindre retenue.

Au cours des dernières années, l’État de la Floride a dépensé plus 1,3 milliards de dollars pour combler les espaces érodés. Depuis une décennie les dépenses progressent allègrement en raison d’un développement plus important du front de mer et de tempêtes puissantes, lesquelles semblent plus fréquentes.

Au cours de 2016 et 2017, 30 millions de dollars ont été consacrés à des projets de remplissage des grèves amputées. Cette année, après six mois seulement, ce sont 50 millions de dollars qui ont été dépensés pour renflouer les immenses creux des plages.

Un ouragan ou deux suffisent pour anéantir tout le travail et les dollars consacrés à redonner sa vocation aux lieux de rassemblement des dizaines de milliers de touristes.

Après le passage d’Irma, qui a laissé de véritables cratères sur les rives, une liste de propositions a été soumise pour faire face à des tempêtes plus dévastatrices et à l’élévation du niveau de la mer. L’une des idées retenues vise à identifier les zones à haut risque où l’on créerait des tampons naturels.

À Dania Beach, un projet mis sur table verrait à restreindre la grandeur de la plage et à y construire des digues qui retiendraient le sable sur place.

Le transport du sable devient de plus en plus coûteux. Les responsables des différents gouvernements croient que cette méthode aura une fin, en raison de ses coûts exorbitants.

D’autre part, les autorités sont bien conscientes que les plages de la Floride représentent le pain et le beurre de la plus importante industrie de l’État. Pour le moment on prévoit toujours financer le remplissage des plages d’Hollywood, de Dania Beach et d’Hallandale Beach au coût de 50 millions de dollars au cours des trois prochaines années.

Les commissaires de Dania crient aux abois estimant que l’on ne peut plus attendre, au risque de voir disparaître la plage d’ici quelques années. Le conseiller Marco Salvino affirme qu’une grosse tempête fera disparaître les dunes. « Si nous n’avons plus de plage, dit-il, comment pourrons-nous appeler notre ville Dania Beach ? ».

Tout comme Dania Beach, les autorités d’Hollywood soutiennent qu’elles aussi ne peuvent attendre 2021. Elles ont donc décidé de dépenser quatre millions de dollars pour transporter 92 500 tonnes de sable d’une mine de Moore Haven.

À Dania Beach, la tempête tropicale Alberto a siphonné une immense quantité de sable et a renversé 150 palmiers. À cet endroit on projette d’ériger un mur pour protéger le sable contre les marées montantes en plus d’un stationnement surélevé qui ne sera plus endommagé par les vagues.

Il y a deux ans, les plages de Fort Lauderdale et Pompano Beach ont dû acheter du sable pour 55,6 millions de dollars, de la ville de LaBelle pour combler un tronçon de près de cinq miles de plage.

L’érosion, qui se fait sur toute la Côte est de la Floride, n’en est pas à sa fin. Et ce n’est pas demain que des dizaines de millions de dollars seront épargnés parce que les phénomènes naturels demeurent des éléments incontrôlables qui surviennent sans trop avertir.